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Les États-Unis, terre d'accueil douce-amère pour les réfugiés syriens

Publié par MaRichesse.Com sur 4 Septembre 2016, 03:41am

Catégories : #ETATS-UNIS, #MONDE

Les États-Unis, terre d'accueil douce-amère pour les réfugiés syriens

Lorsqu'il a posé le pied en Californie, à plus d'un demi-globe de sa Syrie en guerre, Ammar Kawkab s'est senti "aussi américain qu'Obama". Comme lui, quelques milliers de Syriens ont gagné les États-Unis, y trouvant la sécurité, mais aussi, parfois, le rejet.

Nul comité, ni caméras pour l'accueillir en juin avec sa famille à l'aéroport de San Diego, leur nouvelle ville où ont été réinstallés 372 réfugiés de leur pays. Mais pour Ammar, originaire de Qamishli, dans le nord-est de la Syrie, une ville à majorité kurde qui fut la cible du groupe jihadiste État islamique, tout cela a bien peu d'importance.

"Dès que j'ai vu le drapeau, je me suis senti en sécurité", a raconté à l'AFP ce technicien en télécommunications de 52 ans, retenant des larmes, en montrant la bannière étoilée sur les murs de son modeste deux pièces. Après un périple de deux ans, Ammar, sa femme et leurs quatre enfants font désormais partie des 10.000 réfugiés syriens auxquels les États-Unis ont offert l'asile.

Si certaines communautés leur ont apporté leur soutien, ils ont aussi fait l'objet d'une vague d'opposition, avec notamment 31 gouverneurs qui ont demandé d'interdire aux réfugiés d'entrer sur le territoire américain, dans la foulée des attentats de Paris en novembre.

Le candidat républicain à la présidentielle Donald Trump en a fait l'un de ses principaux thèmes de campagnes, promettant d'interdire l'accès aux États-Unis aux réfugiés syriens, en affirmant que leurs antécédents ne pouvaient être suffisamment vérifiés et qu'ils représentaient une menace sécuritaire.

 

'Nous commençons à avoir peur'
Cette rhétorique laisse sans voix Sowsan Al-Zait. Agée de 45 ans, elle est arrivée à San Diego il y a un an, fuyant les sanglants affrontements dans sa ville natale, Homs.

"Après tout ce que nous avons traversé, entendre quelqu'un parler comme ça de nous est incompréhensible", soupire-elle, entre deux cours d'anglais. "Au début je me sentais en sécurité ici, mais ces derniers mois, j'ai commencé à avoir peur", poursuit-elle.

Les agressions islamophobes ont bondi aux États-Unis après les attentats en Europe et à San Bernardino en Californie, obligeant les autorités de onze États américains à lancer des campagnes de sensibilisation contre les discriminations.

David Murphy, directeur de l'antenne de San Diego de l'ONG International Rescue Committee (IRC), trouve les diatribes anti-réfugiés "horribles", "honteuses". "Ces gens fuient les horreurs de la guerre, l'État islamique. Ce ne sont pas des terroristes", insiste-t-il, déplorant "l'environnement hostile" qui les entoure aux États-Unis.

D'après le Haut commissariat des nations unies pour les réfugiés (HCR) et d'autres ONG, près de cinq millions de Syriens ont fui leur pays depuis le début du conflit en 2011, et 8 millions ont été déplacés à l'intérieur de la Syrie, soit au total plus de la moitié de la population d'avant-guerre. Ils ont trouvé refuge par millions dans les pays limitrophes comme la Turquie, le Liban, et la Jordanie, et la pression monte sur les autres pays, en Europe et aux États-Unis notamment, pour en accueillir davantage.

"Le monde attend des États-Unis qu'ils montrent l'exemple sur les réfugiés, et nous ne le faisons pas", se désole Mark Hetfield, directeur de l'association HIAS, qui aide à leur réinstallation aux États-Unis.
"Le message que nous devrions faire passer c'est que ce pays a été bâti grâce aux réfugiés (...) et qu'à chaque fois que nous mettons des limites au nombre que nous accueillons, nous en avons honte a posteriori".

Selon les ONG, si le passage cette semaine du seuil des 10.000 asiles octroyés est positive, les États-Unis devraient en accorder dix fois plus. "On voit des gens à travers le monde qui les accueillent à bras ouverts, et ici des parlementaires et des candidats à la présidentielle font tout pour fermer la porte" aux exilés syriens, constate Jennifer Quigley, de l'association Human Rights First.

Ammar Kawkab espère qu'avec le temps, les Américains vont comprendre que chacun d'eux a une histoire unique: "Nous ne sommes ni terroristes, ni criminels", "et nous voulons rendre à ce pays" ce qu'il nous a donné. 

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