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Les boîtes de nuit broient du noir

Publié par MaRichesse.Com sur 19 Septembre 2016, 08:31am

Catégories : #ENTREPRISE, #ECONOMIE, #FRANCE

Les boîtes de nuit broient du noir

Crise économique, réglementations drastiques, nouveaux modes de rencontres et de consommation de la musique. En trente ans, en France, le nombre de discothèques a été divisé par deux surtout dans les villes moyennes et le monde rural. Crise économique, réglementations drastiques, nouveaux modes de rencontres : en trente ans, en France, le nombre de discothèques et d’emplois dans le secteur a été divisé par deux, surtout dans les villes moyennes et le monde rural. Enquête sur un monde qui se réinvente.

Elles s’appelaient la Féria, l’Atmosphère, le Postillon. La nuit ne leur appartient plus à Issoire, sous-préfecture du Puy-de-Dôme de 14 000 habitants. En quelques mois, après des fermetures administratives temporaires, ces trois discothèques ont mis définitivement la clef sous la porte et disparu du paysage nocturne. Rideau. « La nuit, c’est trop de soucis et de trop lourdes responsabilités », avançait alors comme explication en septembre 2015, Jérôme Roche, figure de la nuit locale. Impossible, regrettait alors un de ses confrères, de répondre à « l’inflation des réglementations sans sortir un sacré billet ». 

 

Deux fois moins en trente ans

Ce n’est pas un cas isolé. Il éclaire une tendance forte depuis le début des années 2000 : la discothèque « à papa » ne séduit plus, la boule à facettes tourne de plus en plus dans le vide. Le nombre de boîtes de nuit en France a été divisé par deux en trente ans, pour descendre sous la barre des 2 000 établissements aujourd’hui. Plus d’une discothèque disparaît chaque semaine en France. Leur chiffre d’affaires (en 2014), 900 millions d’euros annuels, diminue chaque année. Et on licencie DJ, barmen, vigiles. « Il y a un grand malaise économique de la filière », confirme Rémi Calmon, directeur du Sneg and co (syndicat national des entreprises gaies) qui a rejoint il y a deux ans l’UMIH (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie). Selon ce professionnel, « ce secteur n’a pas disparu, mais il souffre énormément », notamment en milieu rural. Il parle d’« épuration » de discothèques, fondée sur « une forte stigmatisation de cette activité ». 

 

« Plombé économiquement »

Une conjonction de facteurs explique cette désaffection des clients. La crise économique de la fin des années 2000 a réduit drastiquement les budgets « samedi soir » des jeunes. Beaucoup d’établissements sont restés sur des modèles anciens. Les aspects réglementaires ont découragé patrons et clients (interdiction de fumer, mise aux normes de sécurité et insonorisation, contrôles routiers, nuisances dénoncées par le voisinage). Tout un arsenal que le syndicat professionnel juge « légitime » en termes de santé publique, mais qui a « plombé économiquement le secteur ». La sortie en boîte, le « must » des années 1975-1995, ne fait plus le plein « Jusqu’au bout de la nuit », pour reprendre le titre de Début de Soirée, duo star d’une époque strass-paillettes-Malibu révolue.

« C’était un lieu de rencontres, d’échanges », retrace Rémi Calmon, pionnier du monde de la nuit. Un terrain de drague aussi. Mais les applications de rencontres sur smartphone, l’uberisation de l’amour, ont renvoyé aux vestiaires la magie des premiers baisers sur le dance-floor.

Même phénomène pour la musique : que découvrir comme tubes en boîte alors que Deezer ou Spotify permettent d’ambiancer son salon ou son garage avec un juke-box mondialisé ?

Certaines villes, presque à contre-courant, ont néanmoins compris qu’elles pouvaient jouer sur cette image festive de vie nocturne trépidante. Parallèlement, le milieu s’est professionnalisé. « Pour les autorités, avant, le patron de boîte, c’était un marginal, un mafieux, quelqu’un de douteux », décrit Rémi Calmon. « Aujourd’hui, c’est un businessman, qui est entouré de directeurs artistiques ! »

Autre époque, autres profils. Et nouveaux espoirs : « L’offre va se réguler, de nouveaux établissements ont compris comment se redynamiser ». La nuit rêve encore d’avoir de beaux jours devant elle. 

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