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«Les banques américaines pourraient bien rafler le marché iranien»

Publié par MaRichesse.Com sur 19 Septembre 2016, 15:32pm

Catégories : #IRAN, #ETATS-UNIS

Un an après la signature d’un accord international avec Téhéran, le commerce entre la Suisse et l’Iran peine à décoller. En cause notamment: la frilosité des banques. Nader Erfani, consultant chez Switzerland Global Entreprise, prédit toutefois un bond des échanges

«Les banques américaines pourraient bien rafler le marché iranien»

Consultant chez Switzerland Global Entreprise (SGE), Nader Erfani conseille les sociétés suisses qui s’intéressent au Moyen-Orient et à l’Iran en particulier. Une année après la signature d’un accord historique entre Téhéran et les grandes puissances, il fait le point sur les grandes attentes qu’avait suscité l’ouverture du marché iranien auprès des hommes d’affaires étrangers.

Le Temps : L’été dernier, plus de 400 personnes s’étaient pressées à Zurich pour une conférence dédiée à l’Iran et à son marché de 80 millions d’habitants. L’intérêt des entrepreneurs suisses est-il toujours intact?

Nader Erfani : Oui, il est toujours aussi soutenu même si ce n’est plus la folie des premiers temps, quand nous recevions une dizaine de demandes par semaine. L’intérêt est désormais plus institutionnel et les demandes plus précises.

- En quoi consistent-elles?

- Ceux qui viennent nous voir pour l’Iran sont en règle générale bien informés. Ils veulent savoir ce qu’ils ont le droit de faire ou comment ils doivent s’y prendre. Nous les aidons normalement à trouver des partenaires même si parfois ils disposent déjà de contacts sur place. Nous tenons également des stands sur des foires à Téhéran auxquels ils peuvent se joindre. La prochaine à laquelle nous participerons aura lieu en mai 2017 et sera consacrée à la santé.

- Quels types d’entreprises s’intéressent au marché iranien?

- Ce sont surtout des PME actives sur des marchés de niche, comme les secteurs de la santé et des machines.



- Faire des affaires avec l’Iran pouvait parfois s’apparenter à un véritable parcours des combattants. Les choses ont-elles changé concrètement?

- Les entrepreneurs ont certainement moins peur ne serait-ce que de se renseigner sur l’Iran. Maintenant, même si la Suisse a levé la grande majorité des sanctions à l’encontre de la République islamique, des secteurs restent concernés. C’est notamment le cas des biens à double usage, civil et militaire. Par ailleurs, des Iraniens sont toujours sur liste noire. Nous conseillons ainsi toujours aux entreprises de se renseigner auprès du Secrétariat d’État à l’économie (Seco) pour s’assurer de ce qu’elles ont le droit de faire ou non.

- Au temps des sanctions, le principal problème pour les entreprises étrangères était de pouvoir se faire payer par leurs partenaires iraniens qui étaient privés d’accès au système financier international. Qu’en est-il aujourd’hui?

- Les Iraniens trouvent toujours un moyen légal de vous payer, sanctions ou non. Concernant les banques, les choses avancent progressivement d’après ce que j’entends. Pour les petites affaires, il y a des petits établissements, notamment en Suisse, qui acceptent de faire des transferts d’argent avec l’Iran. Là où ça se complique, c’est pour les plus grosses affaires, surtout quand il est question de crédits documentaires. Les grandes banques, qui ont des liens avec les Etats-Unis, préfèrent ne prendre aucun risque pour le moment même si le Secrétaire d’État américain John Kerry a assuré à plusieurs reprises qu’elles pouvaient traiter avec l’Iran.

- Quels sont les risques maintenant que les sanctions ont été levées?

- C’est là le problème: personne ne le sait vraiment. Et personne ne veut prendre de risque étant donné qu’il suffit qu’un collaborateur ayant le statut de «US Person» – un double national par exemple – soit lié à une transaction avec l’Iran pour que cela puisse hypothétiquement poser un problème. Du coup, les banques américaines, qui se préparent, elles aussi, à pouvoir travailler avec l’Iran, pourraient bien rafler ce marché une fois qu’elles en auront l’autorisation.

- Sur les sept premiers mois de l’année, la Suisse a exporté pour l’équivalent de 236 millions de francs environ vers l’Iran. Sur la même période un an plus tôt, elle avait exporté pour 187 millions. Est-ce dû à la seule levée des sanctions?

- Oui. Mais il faut aussi rappeler que l’année dernière certains entrepreneurs iraniens ont préféré attendre la levée des sanctions et repousser leurs affaires à plus tard pour pouvoir bénéficier de meilleures conditions. Cela étant dit, l’Iran ne représente que 3% des échanges de la Suisse avec le Moyen-Orient, soit l’équivalent de 640 millions de francs en 2014. Certains disent que ce chiffre pourrait être multiplié par trois ou par quatre. De mon côté je suis encore plus optimiste et je pense que les volumes avec l’Iran peuvent être semblables à ceux que la Suisse a aujourd’hui avec l’Arabie Saoudite, qui représente le quart de son volume d’affaire au Moyen-Orient. 

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