Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Marichesse.com

Marichesse.com

Conseils, science, sante et bien-être


Le vote FN ne monte pas dans les villes qui accueillent des migrants

Publié par MaRichesse.Com sur 30 Septembre 2016, 09:20am

Catégories : #POLITIQUE, #FRANCE

Le vote FN ne monte pas dans les villes qui accueillent des migrants

Expert des études d’opinion, le politologue Jérôme Fourquet s’intéresse, dans un livre à paraître le 6 octobre (1), au mouvement émotionnel qu’a provoqué la question de l’accueil des réfugiés en France et en Europe. Compassion en septembre 2015, lorsque les photos d’Aylan, le petit garçon découvert mort sur une plage turque, ont fait le tour du monde. Peur et rejet, après la série d’attentats en France et les agressions sexuelles à Cologne, en Allemagne.

712 communes volontaires

L’ouvrage prend un intérêt tout particulier dans la perspective d’une campagne présidentielle qui portera notamment sur le thème très sensible de l’immigration. Et dans le contexte où le gouvernement s’apprête à répartir 10 000 migrants de Calais sur le territoire, provoquant ici et là des levées de bouclier, comme à Forges-les-Bains.

Jérôme Fourquet a recensé 712 communes qui s’étaient portées volontaires pour l’accueil des exilés, l’automne dernier, puis il a analysé les résultats électoraux dans ces villes. Certains constats sont édifiants.

 

Il n’existe pas de population type dans ces territoires solidaires. Les électeurs y ont voté François Hollande à 55,1 % en 2012, contre 51,6 % ou niveau national. L’écart n’est pas très significatif. Plus étonnant encore, « la carte de France des villes d’accueil n’est pas le négatif du vote frontiste », affirme l’auteur. En effet, les propositions d’accueil ont été faites en nombre y compris dans certains bastions du FN, comme dans le Pas-de-Calais, l’Aisne, le Vaucluse, le Gard ou les Bouches-du-Rhône.

Pas de percée FN dans les villes d’accueil

L’accueil des migrants a eu peu d’incidence localement, sur les résultats électoraux des régionales. Dans la capitale, comme dans les petites communes où des habitants ont manifesté contre l’implantation d’une structure d’accueil, « cela n’a pas débouché sur une progression supplémentaire du FN », souligne Jérôme Fourquet.

Le politologue a comparé les résultats aux Européennes du printemps 2014 et ceux des régionales de décembre 2015 dans des petites villes comme Loudun, Pouilly-en-Auxois ou Vienne. Dans ces cités où l’accueil de migrants a pu susciter des réactions négatives, la progression du vote FN est « assez similaire à celle observée à l’échelle du département ».

Une exception, toutefois : la région de Calais, où les habitants sont excédés par la situation. À Fréthun, où les migrants tentaient de s’introduire à bord des trains (jusqu’à la sécurisation de la gare), les habitants ont voté à 51,1 % pour le FN aux régionales, contre 22,8 % lors de la présidentielle de 2012.

 

L’effet des attentats sur le rejet des migrants

Au niveau national, les comparaisons montrent que les Français sont globalement moins sensibles à la cause des migrants que leurs voisins. Au moment du pic de solidarité de septembre 2015, seuls 54 % des Français estimaient qu’il était de leur devoir d’accueillir des réfugiés, contre 79 % des Allemands, 68 % des Italiens, 67 % des Espagnols…

 

Les attentats de Paris de novembre 2015 ont nettement accru la réticence des Français qui ne sont plus que 38 % à soutenir l’accueil des réfugiés. 83 % estiment que des terroristes se cachent parmi les migrants et 77 % que l’accueil provoque un « appel d’air » faisant venir toujours plus de migrants.

Certaines idées historiquement attribuées au FN sont maintenant portées par d’autres partis. Le rétablissement des frontières à l’intérieur de l’UE, par exemple, est une idée qui séduit à présent bien au-delà de l’extrême droite. Y compris dans les partis traditionnellement europhiles : 68 % des sympathisants de l’UDI, et 73 % des électeurs du MoDem sont pour la suppression des accords de Schengen (60 % parmi les socialistes).

Jean-Baptiste François   Source

Commenter cet article

Archives