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Conseils, science, sante et bien-être


Le port du casque à vélo réduit bien les risques

Publié par MaRichesse.Com sur 24 Septembre 2016, 10:07am

Catégories : #SANTE-BIEN-ETRE

Le port du casque à vélo réduit bien les risques
Une étude conclut qu'il diminue de 70 % le risque de blessures graves à la tête, et l'imposer ne décourage pas la pratique.

 

Sous leurs casques à la légère protection de mousse plastique, les cyclistes sont-ils vraiment protégés, où bercés d'un sentiment de sécurité illusoire qui les pousse à adopter un comportement plus risqué? La polémique n'est pas nouvelle. En moyenne, la moitié des accidents mortels à vélo sont liés à des chutes sur la tête. Mais les ennemis de ces accessoires peu élégantsressortent à chaque fois de nombreux arguments pour dissuader les autorités de rendre le port du casque à vélo obligatoire, comme il l'est déjà dans certains pays.

Pour le Dr Jake Olivier et Prudence Creighton, deux épidémiologistes de l'université de Nouvelle-Galles du Sud en Australie, l'efficacité du casque ne fait plus de doute. C'est en tout cas le résultat sans ambiguïté d'une méta-analyse publiée le 6 septembre dans l'International Journal of Epidemiology. Leur travail, d'une ampleur sans précédent, est une synthèse de 43 études scientifiques réalisées sur le sujet dans le monde ces dernières années et porte sur un total de 64.000 cyclistes. Ils montrent que le port du casque à vélo réduit les risques de blessure grave à la tête de presque 70 %, et que ceux qui portent ce type de protection ont 65 % de risques en moins d'avoir un traumatisme crânien dont l'issue serait fatale. «Ce sont des résultats très convaincants, qui ne sont pas en soit surprenants, puisqu'on peut imaginer qu'un casque offre une meilleure protection que rien du tout quand on se cogne la tête, précise Jean-Louis Martin, chercheur épidémiologiste à l'Ifsttar, à Bron, près de Lyon, et auteur d'une des études analysées par l'équipe australienne. Mais cette méta-analyse présente l'intérêt d'avoir été réalisée avec une méthodologie moderne qui permet d'évacuer tous les biais qu'il peut y avoir dans ce genre d'étude.»

L'un des biais possibles est de penser que ceux qui portent des casques sont les sportifs, qui roulent le plus vite et prennent le plus de risques, et ont donc plus de risques d'avoir un accident grave. Mais on peut aussi imaginer que seuls les gens les plus prudents portent un casque en ville, qu'ils auront donc de toute façon un comportement très sage, ce qui réduit grandement leurs risques d'impacts graves.

«Par la construction du protocole d'une étude épidémiologique, et par un traitement statistique intelligent des données, on peut se prémunir de ce genre de biais et s'assurer qu'on ne mesure que le rôle du casque sur la gravité des blessures subies par les cyclistes, et c'est ce qu'ont bien fait les chercheurs australiens », assure le chercheur français.

Autre aspect remarquable de l'étude, les épidémiologistes australiens ont réussi à établir que le port du casque n'augmentait pas de manière significative le risque de blessure au cou, un danger mis en avant par certains travaux antérieurs.

Les auteurs ne se prononcent pas en faveur d'une législation stricte obligeant le port d'une protection à la tête, mais ils remarquent que leurs «résultats vont à l'encontre des arguments apportés contre l'obligation du port du casque du point de vue de la prévention des blessures». Oubliée, donc, l'idée que les cyclistes portant un casque se mettraient plus en danger que les autres !

Dans une autre étude, le Dr Jake Olivier évacue aussi l'idée souvent avancée que depuis que le port du casque est obligatoire en Australie, le nombre de cyclistes aurait fortement chuté. «Les chiffres sur la pratique du vélo n'ont pas bougé avant et après l'obligation fin 1992», assure-t-il. Le point est important : une baisse de la pratique du vélo aurait des conséquences négatives du point de vue de la santé publique de l'ensemble de la population, puisque c'est une activité qui apporte de réels bénéfices cardiovasculaires, même dans un milieu pollué, comme en ville.

Dans les années 1980, l'obligation du casque à mobylette avait fait pousser des hauts cris, il n'est désormais plus contesté. Le port du casque à vélo deviendra-t-il aussi naturel ? 

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