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Le Japon en Afrique: Une force tranquille qui avance sans faire trop de vagues

Publié par MaRichesse.Com sur 3 Septembre 2016, 17:48pm

Catégories : #JAPON, #AFRIQUE, #ECONOMIE

Le Japon en Afrique: Une force tranquille qui avance sans faire trop de vagues

Voilà une autre grande puissance qui creuse son sillon discrètement dans une région du monde qualifiée d'"espoir de l’économie mondiale", l’Afrique, et semble, de là, prête à aller au bout de son projet.

Il s'agit du Japon qui compte investir pas moins de 30 milliards de dollars en Afrique sur les trois prochaines années, dont 10 milliards dans le développement des infrastructures, a promis samedi dernier le Premier ministre japonais Shinzo Abe, à l'ouverture de la sixième Conférence internationale de Tokyo pour le développement de l'Afrique (Ticad), samedi à Nairobi (Kenya).

Procédant à la manière de sa grande rivale la Chine, le pays du Soleil-Levant veut, lui aussi, mieux se positionner sur le continent noir. D'ailleurs, lors dudit sommet organisé les 27 et 28 août au Kenya, 73 accords commerciaux ont été conclus entre le Japon et différents pays africains, concernant des domaines aussi variés que l'énergie, le secteur de la santé et même la sécurité publique.

Approché par Anadolu, José Berre, consultant international de la coopération française sur l’Afrique estime que "le Japon veut s'inscrire davantage sur la scène africaine". Pour cet analyste, les chiffres sont très clairs: "En 2015, les échanges commerciaux avec l’Afrique s’élevaient à 24 milliards de dollars pour le Japon, contre 179 milliards de dollars pour la Chine".

Cet écart prononcé a poussé Tokyo, capitale d'une grande puissance industrielle avec des besoins en matières premières, à œuvrer pour rattraper son retard, afin de se garantir une meilleure place sur le continent dans les années à venir.

La politique africaine du Japon adopte, néanmoins, une dimension supplémentaire. "Si Pékin opère, d'abord, sur le court et le moyen termes, compte tenu d’une explosion démographique nécessitant de grandes ressources naturelles et des matières premières pour alimenter le marché de la consommation intérieure, le Japon avec ses 128 millions d'habitants, environ, et un rapport de 1/11 par rapport à la Chine, souffre du vieillissement de sa population et cherche une main d’œuvre qu’il pourrait trouver en Afrique", explique Berre.

Ce grand objectif ne dispense pas le Japon de tirer profit d’un marché qui regorge d’importantes richesses naturelles, affirme ce consultant. "Le cobalt, le cuivre, l’or sont d’une grande utilité pour l’industrie japonaise. Si les relations nippo-africaines datent des années 60, époque où les pays africains ont commencé à réaliser leur indépendance, il n’en demeure pas moins que cette quarantaine d'années d'histoire entre les deux parties paraît courte par rapport aux relations entre l'Europe et l'Afrique", détaille l'analyste.

A la question de savoir comment l’Afrique peut-elle tirer profit de cet intérêt prononcé du Japon, le consultant international répond que la "paraplégie" d'une bonne partie de la population japonaise, préparera le terrain à l’Afrique pour envoyer un important nombre d’étudiants dans les grandes universités de ce géant asiatique aux prouesses techniques et technologiques mondialement reconnues. S'ensuivra, corrélativement, le transfert d’un savoir très précieux au profit d’un continent qui accuse du retard dans ce domaine.

"Certainement il y aura des étudiants africains qui décrocheront des emplois au Japon, vu les besoins en main d’œuvre, mais il y aura, néanmoins, d’autres qui regagneront leurs pays après avoir acquis un précieux savoir, fort utile pour le développement de leurs contrées natales", estime Berre.

Confirmant la diversité des approches chinoise et japonaise pour le développement en Afrique, le cabinet Linklaters, un des cabinets les plus prestigieux au monde notamment en matière de financement, concurrence ou encore restructuration, note dans un récent rapport que "si Pékin est le champion incontesté des investissements économiques et des infrastructures, Tokyo est le leader de l’aide publique au développement".

"Sur les 4,2 milliards de dollars que les pays asiatiques ont investi durant 2014 dans la réhabilitation des routes, l’adduction d’eau, le déploiement de réseaux d’assainissement et la construction d’oléoducs et de gazoducs, les investisseurs japonais ont apporté 3,5 milliards de dollars", précise le même rapport.

Entre 2003 et 2007, le taux d’exportation du Japon en Afrique a doublé pour atteindre 11,6 milliards USD et le taux d’importation a atteint un taux historique de 14,8 milliards USD, note un récent rapport d'Africadiligence, agence d’informations stratégiques, spécialisée dans les marchés africains, la géopolitique des matières premières et l’intelligence économique en Afrique. Les échanges commerciaux, concernant essentiellement les matières premières.

Volets investissements directs du Japon à l’étranger (IDE), ceux-ci s’élèvent à 1,466 milliards USD en Afrique en 2014, contre 119,727 milliards USD avec le reste du monde. Près de 85% des IDE lancés sur le continent sont destinés à l’Afrique du Sud et à l’Égypte, particulièrement dans le secteur minier et l’automobile, précise le même rapport de l'agence d'informations stratégiques.

Mitsui & Co, une entreprise industrielle spécialisée dans les métaux, la machinerie et l’infrastructure, la chimie, l’énergie et l’innovation, a lancé sa première représentation en Afrique du Sud en 1929.

Plus récemment, la même entreprise a acquis, au Mozambique, 20% des parts d’un permis de recherche couvrant un bloc pétrolier offshore, dont les récentes opérations révèlent une présence conséquente de gaz permettant le développement de LNG (Liquefied Natural Gas) d’ici 2018, d'après la même source. L’entreprise dispose également de trois succursales africaines, à Alger (Algérie), Maputo (Mozambique) et Nairobi (Kenya).

Le conglomérat industriel Sumitomo exerçant dans l'alimentaire, les métaux, les mines, l'électricité et les transports, est quant à lui, présent en Afrique du Sud, en Libye, à Madagascar et au Kenya, pays dans lesquels il a, en outre, réalisé des projets d’énergies renouvelables.

Cotée à la Bourse de Tokyo, Marubeni, entreprise spécialisée dans le commerce des métaux, possède des filiales ou bureaux de représentation commerciale en Afrique du Sud, en Éthiopie, en Algérie, au Nigeria, en Libye, au Ghana, en Angola, au Maroc et au Kenya.

En République démocratique du Congo, l'agence japonaise de Coopération internationale (JICA) a, entre autres, réalisé la route des Poids-Lourds dite Boulevard Congo-Japon à Kinshasa, le Pont Matadi (ex-Pont Maréchal), du bâtiment de l’Institut National de Préparation Professionnelle (INPP), bâtiment de l’Institut National Pilote d’Enseignement des Sciences et l’Usine de traitement d’eau de la commune de Ngaliema à Kinshasa. 

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