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Conseils, science, sante et bien-être


«Le haïku, un allié de la psychologie positive»

Publié par MaRichesse.Com sur 22 Septembre 2016, 05:05am

Catégories : #SANTE-BIEN-ETRE, #HEUREUX

«Le haïku, un allié de la psychologie positive»
Journaliste spécialisée en psychologie, Pascale Senk publie dans lequel elle analyse les bénéfices psychiques de ces courts poèmes de tradition japonaise.

 

Collaboratrice régulière du Figaro, Pascale Senk a découvert il y a 10 ans les haïkus, ces petits poèmes de quelques syllabes seulement, nés au Japon pour célébrer l'instant et la nature. Dans L'effet haïku (éditions Leduc.S), qui paraît jeudi en librairie, elle explique comment cette forme littéraire peut «agrandir» notre vie, qu'on le lise ou qu'on l'écrive. 

 

LE FIGARO.- Dans votre livre, vous dites qu'écrire des haïkus «intensifie le sentiment d'exister». Qu'entendez-vous par là?

Pascale SENK.- Le haïku célèbre l'instant présent, les petites choses du quotidien qui nous marquent. Quand on aime écrire des haïkus, on est appelé à être plus présent à ce qu'on voit. C'est une forme de méditation active qui exige d'être attentif, chaque jour, à la fois à notre environnement et à ce qu'il suscite en nous. 

 

Vous allez même plus loin et abordez dans un chapitre les vertus curatives du haïku…

Le psychothérapeute américain Robert Epstein, qui est aussi auteur de haïkus, les a intégrés à sa pratique clinique. Pour le citer: «La pratique du haïku nous reliant à l'intuition, que je considère comme une forme de connaissance préréflexive, peut «éclairer» l'émotion et permettre ainsi de se libérer de l'emprise négative de la colère, peur, tristesse ou du manque…» En écrivant un haïku sur un événement qui nous a touchés, en réfléchissant à sa formulation, on prend une forme de recul bénéfique. Je l'ai moi-même constaté à l'occasion de disputes ou d'un deuil.

 

Vous le reliez également à la psychologie positive.

En effet. La psychologie positive est centrée autour de la notion de gratitude, dont on a montré qu'elle est source de bien-être psychologique. Elle encourage à célébrer le meilleur de la journée, par exemple en écrivant le soir ses trois «kifs» quotidiens. Avec les haïkus, c'est un peu pareil: j'écris chaque jour sur les micro-événements qui m'ont marquée positivement.

 

À qui le mini-poème peut-il profiter?

À tout le monde, potentiellement! C'est un exercice qui est parfois proposé en team building en entreprise, ou en ateliers aux personnes âgées. Chez celles-ci, le haïku sur un souvenir heureux permet, lorsqu'il est lu en groupe, d'ouvrir le dialogue sur un événement marquant de sa vie. Chez les enfants, c'est un outil formidable: eux qui baignent dans un univers envahi d'écrans, ils sont invités à regarder autour d'eux, à chercher des petites choses marquantes sur le chemin de l'école, dans la cour…

 

Quels sont les grands principes à suivre?

Rédiger des haïkus ne demande pas de talent littéraire mais une qualité d'observation et de recul à la fois, un peu comme un photographe. Un bon haïku part de la situation, pas des mots. On évite d'ailleurs tout ce qui plombe: les métaphores, les comparaisons, les adverbes. C'est l'éloge de la sobriété. Je pense par exemple à ce haïku classique de Yosa Buson:

faisan abattu

sur le chemin du retour

le soleil est haut

 

N'y a-t-il pas un effet de mode?

Cette pratique littéraire existe depuis le XVIIe siècle! Elle a été inventée par des poètes et moines zen. Elle trouve peut-être une résonance particulière à notre époque: alors que nous sommes submergés d'informations, nous apprécions les «pauses» qu'elle offre. Et d'un autre côté, elle reste praticable par tous, car elle est brève. Ce n'est pas le même travail que de s'attaquer à un quatrain en alexandrins! 

 

Que conseilleriez-vous à ceux qui n'y connaissent rien?

D'abord, de lire des classiques. L'anthologie de Roger Munier (éditions Seuil) est très bien par exemple. Il existe aussi de nombreux blogs sur le sujet. On peut ensuite se lancer dans la rédaction «à la manière de». Et pour les plus passionnés, il existe de nombreux ateliers ou groupes d'échange en France. 

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