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Le Gabon s'enfonce dans une impasse politique

Publié par MaRichesse.Com sur 3 Septembre 2016, 06:02am

Catégories : #AFRIQUE, #POLITIQUE

Le Gabon s'enfonce dans une impasse politique

Alors que les violences semblent s'atténuer, le gouvernement refuse toujours de négocier une sortie de crise.

Le Gabon attend encore. Il ne s'agit plus des résultats de l'élection, tombés mercredi, mais simplement de connaître son avenir. Depuis le scrutin, qui a offert une réélection étriquée à Ali Bongo, immédiatement contestée par l'opposant Jean Ping, le pays est en pleine dérive.

Vendredi, la situation s'est, certes un rien apaisée après les scènes de violences et de pillages qui avaient émaillé la nuit de mercredi. Un puissant déploiement de forces de l'ordre a permis de ramener un peu de calme dans le centre de Libreville, devant les murs du Parlement, partiellement incendié par les manifestants.

Mais dans les quartiers périphériques, où se concentrent les plus démunis et bastions de l'opposition, la tension demeurait vive. Les jeunes tiennent toujours les rues entre des boutiques éventrées, bien décidés à obtenir gain de cause, et le départ d'«Ali». En province, notamment le long de la frontière camerounaise, des rixes ont été signalées tout comme à Port-Gentil, la capitale économique.

«Nous allons rétablir l'ordre coûte que coûte», promet, martial, un proche du président. Les violences ne sont peut-être pas finies, alors que le bilan est déjà élevé. Selon le ministère de l'Intérieur, jeudi, on comptait deux victimes. Il y aurait au moins cinq morts à Libreville, selon un décompte de l'AFP. L'opposition, pour sa part, évoque «au moins vingt morts», tout en reconnaissant son incapacité à l'affirmer.

Pour tenter de reprendre la main et mater l'insurrection, le gouvernement a également lancé une vague d'arrestations massives. Entre 800 et 1 100 personnes ont été interpellées, selon le ministère de l'Intérieur. Dans le QG de l'opposition, pris d'assaut dans la nuit de jeudi par les militaires, dix dignitaires de l'opposition ont été retenus par les gendarmes avant d'être libérés vendredi soir, après plus de 36 heures et une intervention de la France. À l'intérieur de l'immeuble, l'AFP a pu constater des impacts de balles et des traces de sang.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, le Conseil de sécurité de l'ONU avait «appelé tous les candidats, leurs partisans, les partis politiques et les autres acteurs à rester calmes». «Je veux bien appeler au calme mais on tue nos gens», détaillait alors Jean Ping. Une fois les prisonniers libérés, Jean Bing a remercié «solennellement nos amis de toujours à l'extérieur comme à l'intérieur du Gabon pour leur appui au renforcement de la démocratie dans notre pays».

Pour autant, la crise semble loin d'être terminée. Alain-Claude Bilie By Nze, le porte-parole d'Ali Bongo, continue de rejeter, comme depuis trois jours, la publication des résultats bureau de vote par bureau de vote, une exigence de l'opposition, soutenue par l'Union européenne, la France et les États-Unis. Anonymement, plusieurs observateurs évoquent de «très gros doutes» quant «à la sincérité du scrutin». Des pressions qualifiées «d'ingérences» par le gouvernement gabonais, qui accuse «certains observateurs» de l'Union européenne de «partialité». En guise d'ouverture, les proches d'Ali Bongo répétaient vendredi être prêts à «prendre en compte» le «bon score de Jean Ping».

«La tricherie est évidente et le gouvernement s'énerve. Ils ont été pris de court par les résultats défavorables d'où ce passage en force. Mais si Ali Bongo arrive à contenir la rue, cela pourrait passer», estime un bon spécialiste de l'Afrique, qui juge «pour l'instant les pressions diplomatiques minimales».

Jean Ping, ancien ministre des Affaires étrangères et ex-président de commission de l'Union africaine, ne l'ignore pas. Mais vendredi soir, après la libération de ses soutiens, il a réaffirmé sa détermination déclarant : «Le monde entier connaît qui est le président de la République : c'est moi, Jean Ping. En tant que président élu, je suis naturellement très préoccupé par la situation de notre pays qui évolue vers un chaos généralisé.» 

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