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Le diacre de la mort trahi par ses cauchemars de meurtres

Publié par MaRichesse.Com sur 19 Septembre 2016, 02:11am

Catégories : #JUSTICE, #BELGIQUE

Le diacre de la mort trahi par ses cauchemars de meurtres

À titre exceptionnel, la Justice souhaite renvoyer directement aux assises Ivo Poppe, alias le "diacre de la mort". Le sexagénaire est accusé d'avoir donné la mort à une dizaine de malades. L'accusé, lui, affirme n'avoir fait "qu'aider" ses victimes.

Après un peu plus de deux ans d'enquête sur Ivo Poppe, un diacre de Wevelgem, la tenue de son procès se profile enfin avec pour particularité une dérogation à la nouvelle règle née de la réforme de la Justice. Avec cette dernière en effet, les auteurs présumés de meurtres comparaissent normalement devant le tribunal correctionnel. Mais à titre exceptionnel, le tribunal souhaite le renvoi immédiat du religieux devant les assises.

Dix morts officiellement, mais peut-être 48 voire plus
Selon plusieurs sources judiciaires, qui ont confirmé ce renvoi aux assises à Het Laatste Nieuws, l'impact des actes de l'auteur sur la société est trop étendu pour que son affaire soit cantonnée au cadre d'un procès en correctionnelle. Pour comprendre, il suffit de jeter un oeil aux grandes lignes du dossier à charge: le parquet tient l'homme pour responsable de la mort de pas moins de 48 personnes et à un stade de l'enquête, Ivo Poppe lui-même a reconnu avoir causé la mort de toutes ces victimes et ce par injection létale - avant de se rétracter et de réduire ses aveux. "Il a en tous cas fait au moins dix morts", affirme Serge Malefason, procureur à Courtrai, dans son acte d'accusation. Parmi les cinq victimes citées nommément par le parquet, trois font partie de la famille d'Ivo Poppe: son oncle, son beau-père et sa mère. 

Plusieurs décennies
Mais les personnes décédées par la volonté du diacre, qui vient de fêter ses soixante ans la semaine dernière dans sa cellule de la prison d'Ypres, sont sans doute bien plus nombreuses. Cet homme marié et père de trois enfants est incarcéré depuis mai 2014 après avoir été formellement accusé d'être directement lié à la mort de dizaines d'hommes et de femmes en phase terminale. Selon l'accusé, les malades lui lançaient des appels à l'aide afin d'en finir. Le diacre est donc suspecté d'avoir ôté la vie à un total de 10 à 48 personnes au cours d'une folie meurtrière qui aura duré plusieurs décennies. 

Rêves insupportables
C'est finalement en consultant un psychiatre pour des cauchemars récurrents, début 2014, qu'il a scellé son sort. Poppe avait confié lors d'un rendez-vous se sentir coupable car il avait lui-même décidé d'abréger les souffrances de grands malades. Il affirmait avoir du mal à continuer à vivre avec le poids de cette culpabilité, d'où sans doute les cauchemars de meurtres qui le hantaient chaque nuit. Son psychiatre l'avait alors redirigé vers un psychiatre judiciaire courtraisien, lequel avait mis la justice au courant de son cas car il craignait que l'homme ne fasse de nouvelles victimes. 

Cent noms et autant de croix rouges
Et ses craintes ont semblé justifiées aux enquêteurs lorsque ceux-ci ont découvert que le diacre avait un agenda de ministre et était particulièrement apprécié dans la région pour les "services" qu'il rendait volontiers aux malades. Autre élément déterminant dans l'enquête: dans son calepin, Ivo Poppe avait dressé une longue liste de plus de cent noms à côté desquels figurait toujours une croix rouge. Les policiers ont immédiatement fait le lien avec les décès de ces malades, qui devenaient soudain à leur sens les victimes du diacre. Confronté à ces indices écrits, Poppe a cependant nié les faits, affirmant avoir uniquement "aidé" des malades. Dans quelle mesure, c'est le suspect lui-même qui guidera ensuite les enquêteurs à le découvrir, quoique pas toujours avec exactitude. Poppe reconnaîtra notamment avoir euthanasié des dizaines de personnes - noms à l'appui - et ce, sans cadre juridique. Pour reprendre ses propres termes, le diacre "débarrassait les malades de leurs souffrances inutiles grâce à une piqûre". 

Responsable de ses actes
Le parquet de Courtrai évaluait dans un premier temps son bilan funeste à 48 morts. Mais la suite de l'enquête compliquera le dossier, les preuves contredisant les aveux du religieux. Certains meurtres, qu'il avait reconnus, ne peuvent lui être imputés car les feuilles de service des hôpitaux attestent qu'il n'était absolument pas aux côtés des certaines personnes nommées lors de leur décès. Nul ne sait actuellement pourquoi tant d'aveux injustifiés. Examiné par trois experts-psychiatres, Poppe a néanmoins été déclaré responsable de ses actes au moment des faits, et est toujours considéré comme tel aujourd'hui.

Dix meurtres "établis" et non prescrits
Quant à une éventuelle exhumation des corps pour vérifier que leur mort fut intentionnelle ou naturelle, les légistes s'y refusent: inutile, car les preuves ne seront majoritairement plus détectables, balaient-ils. En effet, le premier "meurtre" du diacre remonterait à 1978, le dernier à 2011. Difficile dans ces circonstances de démêler accusations valables et sans fondement. Le parquet a finalement tranché en estimant que le "diacre de la mort" de Wevelgem pouvait en tous les cas être tenu responsable d'au moins dix meurtres qui ne sont pas prescrits. Deux d'entre eux auraient eu lieu à l'hôpital de Menin. 

La machine des assises à la rescousse
Assez aux yeux de la Justice pour considérer le dossier du meurtrier comme relevant d'un procès aux assises, certes beaucoup plus coûteux mais aussi plus fouillé et donc plus à même de faire toute la vérité sur un acte d'accusation aussi grave. Me Filip De Reuse, avocat d'Ivo Poppe, ne souhaite pas dire si son client a l'intention de reconnaître devant la cour les dix meurtres qui lui sont reprochés. Il comparaîtra demain en chambre du conseil à Courtrai où le procureur général demandera son renvoi aux assises, une demande rarissime depuis la réforme de la Justice. Dans l'attente du procès, la femme et les enfants du diacre le soutiennent toujours pleinement et lui rendent très régulièrement visite en prison. 

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