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Le Conseil des droits de l’homme est-il trop bavard?

Publié par MaRichesse.Com sur 30 Septembre 2016, 11:52am

Catégories : #MONDE, #SUISSE

Le Conseil des droits de l’homme est-il trop bavard?

Les nuages noirs s’amoncellent au-dessus du Conseil des droits de l’homme (CDH), qui termine aujourd’hui sa session d’automne. Non seulement les doutes sur cette instance interétatique, de plus en plus divisée qui a été incapable jeudi de lancer une enquête internationale sur la guerre au Yémen, augmentent. Les ressources commencent aussi à manquer alors que les débats deviennent interminables.

«Nous serons forcés de plafonner les services que nous vous fournissons», a prévenu le directeur de l’ONU à Genève Michael Møller, le 31 août dernier, lors d’une réunion préparatoire. Une mise en garde passée inaperçue mais qui résonne encore dans les couloirs du Palais des Nations.

Le nombre des réunions du CDH, selon Michael Møller, a augmenté de 20% ces quatre dernières années. Les diplomates et les activistes de la société civile croisent désormais le fer pendant les pauses de midi, et parfois jusque dans la soirée. Or ils ne sont pas les seuls à jouer les prolongations. L’ONU fournit la logistique, l’interprétation ainsi que les agents de sécurité. Toujours selon le directeur de l’ONU, les réunions sensibles sont presque deux fois plus nombreuses qu’il y a quatre ans. 

 

De nouveaux moyens pour s’écouter parler?

L’inflation des débats ne peut donc pas continuer ainsi. A moins que les Etats, les véritables patrons des Nations unies, décident de dégager de nouveaux moyens pour s’écouter parler. C’est peu probable. Car, au siège de l’ONU à New York qui vote les budgets, l’heure est à l’austérité. Le budget pour le service des conférences et l’administration a diminué de 10% depuis 2012 et des coupes supplémentaires pourraient être décidées pour 2018-2019.

A partir de 2018, Michael Moeller menace donc de ne soutenir que 130 réunions du CDH par année. C’est encore beaucoup mais cela représente deux de moins par semaine de session. D’ici là, les Etats sont donc invités à trouver des solutions. La rationalisation des travaux du CDH est un serpent de mer. Dans la salle du Conseil, la menace du directeur de l’ONU à Genève est prise au sérieux. Quant à savoir comment resserrer l’agenda, c’est une autre affaire.

Chaque pays a son idée, ou presque. Il y a ceux qui trouvent qu’il y a des réunions bien moins utiles qu’au CDH. La conférence du désarmement, par exemple, est bloquée depuis 20 ans. Pourtant, les 65 Etats qui en font partie continuent de se réunir chaque semaine. 

 

«La confrontation n’avance à rien»

Bien des pays, comme la Chine, la Russie, l’Egypte ou l’Arabie saoudite, pas les plus exemplaires en matière de respect des droits de l’homme, rêveraient d’abandonner les débats les moins consensuels au CDH. «La confrontation n’avance pas la cause des droits de l’homme. C’est en coopérant avec les gouvernements qu’on peut arriver à quelque chose», souligne un diplomate, sous le couvert de l’anonymat. Une approche lénifiante qui hérisse les ONG de défense des droits de l’homme.

Le CDH nomme à tour de bras de nouveaux enquêteurs ou experts, des rapporteurs spéciaux, dans le jargon onusien. Ils sont chargés de suivre la situation dans certains pays ou sur des thèmes particuliers. Ils présentent ensuite chaque année leurs conclusions devant les Etats. S’ensuit un débat, un de plus. «L’inflation de ces nouvelles procédures affaiblit les mécanismes existants. C’est une tactique concertée de certains Etats», analyse Adrien-Claude Zoller, président de Genève pour les droits de l’homme, une ONG qui fait de la formation aux mécanismes de l’ONU.

Jeudi, le CDH a ainsi nommé un nouveau rapporteur spécial pour le droit au développement. Il y en a aussi un autre pour la solidarité internationale, un ordre économique plus juste ou pour examiner les effets des sanctions internationales. «Je ne dis pas que ces thèmes ne sont pas importants, poursuit Adrien-Claude Zoller. Mais faut-il vraiment nommer des experts et dégager un budget? Car, dans le même temps, il n’y a plus assez d’argent pour que le rapporteur spécial contre la torture visite certains pays». 

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