Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Marichesse.com

Marichesse.com

Conseils, science, sante et bien-être


«Le coaching pour enfant risque d'accroître les inégalités»

Publié par MaRichesse.Com sur 11 Septembre 2016, 06:11am

Catégories : #FAMILLE, #VIE, #ENFANT

«Le coaching pour enfant risque d'accroître les inégalités»
INTERVIEW - Pour François Taddei, directeur du Centre de recherches interdisciplinaires à Paris, c'est dans le cadre de l'école que doivent être être développé de nouvelles pratiques favorisant la réussite des enfants.

 

François Taddei.
François Taddei.

François Taddei est biologiste et directeur du Centre de recherches interdisciplinaires à Paris. Il milite activement pour l'innovation dans l'éducation et vient de préfacer le livre d'Agnès Baumier-Klarsfeld «Réveiller le désir d'apprendre» (Éd. Albin Michel). 

 

LE FIGARO. - Quel regard portez-vous sur cette émergence de coachs pour enfants, et parents?

François TADDEI. - Assez mitigé, en vérité, et ceci pour deux raisons: d'une part, la valeur ajoutée de ces prestations n'a pas été démontrée. Et si elle l'était un jour, je pense que cela provoquerait une augmentation des inégalités. Ne pas pouvoir les offrir à tous et ne pas les trouver à l'école en constituent de vraies limites. Dans son livre Réveiller le désir d'apprendre, la journaliste Agnès Baumier-Klarsfeld décrit l'expérience des «professeurs de réussite» au Canada qui vise à réduire le décrochage scolaire par un suivi personnalisé et un soutien multiforme entraînant la diminution de moitié des sorties du système scolaire. C'est ce genre d'initiatives qui doivent être promues. La question essentielle reste: «Comment faire pour que l'école progresse?» 

 

Justement, quelles évolutions vous semblent en ce sens les plus encourageantes aujourd'hui?

De la part de l'Éducation nationale, j'observe de réelles appétences pour de nouvelles pratiques telles que les «Bâtisseurs du possible» ou «les Savanturiers» qui permettent d'apprendre à travers l'engagement, le questionnement et la recherche, toutes compétences s'avérant désormais incontournables face à la complexité du monde. De plus en plus de journalistes, d'enseignants s'impliquent dans ces initiatives… La question budgétaire reste de savoir dans quels domaines l'Éducation nationale va allouer ses fonds. Alors que n'importe quelle entreprise se doit d'investir dans la «formation continue» et la «recherche et développement», ces deux départements sont les parents pauvres de l'Éducation nationale! 

 

Comment les enseignants pourraient-ils participer à ces mutations dans leur métier?

Eux aussi, comme les enfants, et s'ils s'y intéressent, devraient être formés à la grammaire émotionnelle, et être accompagnés pour pouvoir s'attaquer aux nouveaux défis que sont la révolution numérique, la montée des incivilités et l'émergence du harcèlement entre élèves. Mais il y a un fait plus déterminant: tant que l'Éducation nationale sera fondamentalement hiérarchique et basée sur un système de contrôle, avec des «inspecteurs» qui «inspectent» leurs collègues, comment les élèves, les enseignants et même les parents pourraient-ils être incités à davantage de confiance et de coopération? 

 

Du côté des parents, que faire?

Leur rôle est en effet à redécouvrir. Les ateliers «parenting» sont nécessaires aujourd'hui, car les parents doivent dédramatiser et être capables d'introspection, de prendre du recul. Ils doivent comprendre que 50 % des métiers qui existent aujourd'hui auront disparu dans les années à venir et que chacun devra sans cesse se former. Donc en parent, l'on doit se demander: «Est-ce que je lance mon enfant dans une compétition terrible pour des carrières en voie de disparition ou est-ce que je lui apprends plutôt à se débrouiller dans le monde notamment grâce à un esprit critique constructif?» 

 

Mais les parents ont, face à eux, le pouvoir si attractif auprès des enfants des écrans…

Justement! Nous devons nous féliciter qu'il y ait tant de contenus, de savoir à disposition sur Internet. Mais il s'agit d'éduquer nos enfants à pouvoir penser ces contenus, à savoir exprimer aussi leur point de vue… L'important reste de faire ressentir à nos enfants que progresser, dans la vie, c'est bien. 

 Source

Commenter cet article

Archives