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La saga Assura va enfin trouver son épilogue

Publié par MaRichesse.Com sur 21 Septembre 2016, 05:30am

Catégories : #FAITSDIVERS, #SUISSE

La saga Assura va enfin trouver son épilogue

Le régime d’exception sous lequel Assura vit depuis quatre ans devrait enfin prendre fin. C’est à tout le moins ce que promet l’Autorité de surveillance des fondations à Berne: «La restructuration a pris plus de temps que prévu, explique Markus Binder, porte-parole du Département fédéral de l’intérieur. L’objectif c’est que d’ici la fin de l’année, un nouveau conseil de fondation soit mis en place.» Il devrait succéder aux deux avocats commissaires genevois, Vincent Jeanneret et Martin Anderson, qui président aux destinées des fondations du groupe. Il était temps.

On s’en souvient, le groupe vaudois d’assurance maladie était décapité en 2012 par la FINMA, agissant en qualité d’autorité de surveillance des assurances privées. Elle lui reprochait de «graves manquements dans la gouvernance, la gestion des risques, la compliance et les contrôles au sein du groupe». En parallèle, Supra était mise en faillite, pour cause de surendettement. La FINMA nommait alors un mandataire plénipotentiaire, Wolfgang Wandhoven. Exit Jean-Paul Diserens, fondateur de la célèbre assurance low cost. Puis venait le tour des assurances de base: les membres des conseils de fondation étaient suspendus par l’Autorité de surveillance des fondations du Département fédéral de l’intérieur. Exit bis Jean-Paul Diserens, bienvenue aux deux avocats commissaires genevois. 

 

Une situation qui n’a que trop duré

Ceci, promettait-on, devait être provisoire. Jusqu’à ce que ce putsch fédéral débouche sur la preuve de crimes graves, imaginait-on alors. Des soupçons levés depuis, puisque la seule entorse majeure reconnue fut un manque de provisions des assurances complémentaires Supra. L’ancienne direction, elle, ne sait toujours pas pourquoi elle a été débarquée. Même si cette étrange situation se normalise à la fin de l’année, elle n’aura que trop duré, et pour le pire. C’est en tout cas le point de vue du conseiller d’Etat vaudois Pierre-Yves Maillard: «L’Autorité de surveillance des fondations a suspendu Jean-Paul Diserens et ses collègues sur requête de la Finma. Voilà maintenant quatre ans qu’ils sont suspendus et que deux commissaires, des avocats genevois, règnent à sa place sur l’empire des fondations. Dans un Etat de droit, voir deux avocats avoir si longtemps le pouvoir sur une telle entreprise au titre de suspension provisoire est pour le moins contestable.»

Les griefs du ministre se portent aussi vers les petits arrangements entre amis que Berne a laissés passer: «Lorsque la FINMA est intervenue contre l’ancienne direction d’Assura, elle a nommé un administrateur plénipotentiaire qui a eu tous les pouvoirs jusqu’en mars 2013. Or, en mai de la même année, il entrait chez Sanitas, un concurrent d’Assura, comme directeur financier. Il paraîtrait étonnant que les opérations en vue de ce recrutement n’aient pas eu lieu en cours de mandat.» Ce qui est sûr, c’est qu’un futur concurrent a eu accès à tous les chiffres de l’entreprise vaudoise avant de prendre ses nouvelles fonctions sans que cela n’inquiète d’autres autorités que le ministre socialiste. 

 

Une faillite avec 50 millions de bénéfice

Enfin, Pierre-Yves Maillard tique sur la mise en faillite de Supra: «Comment peut-on prononcer une faillite alors que la société, un an plus tard, boucle sur près de 50 millions de bénéfice?» Une question à laquelle la FINMA se soustraira probablement: où l’on comprend que le gendarme financier n’a de comptes à rendre à personne sur sa responsabilité dans cette affaire. Mais le ministre socialiste a, lui, sa petite idée sur le sujet: «On ne peut qu’être troublé par la manière dont cela s’est passé. A tel point que l’impression a pu exister qu’en fait cet assureur romand en progression et bourré de réserves suscitait des convoitises de la part de concurrents alémaniques». 

 

On ne connaît pas encore le nom des successeurs

Dans le doute, il faudra attendre encore un peu pour connaître les détails de l’épilogue de cette saga. Car Berne ne donne pas à ce stade de détails sur les successeurs des deux avocats commissaires, lesquels désigneront les nouveaux membres des conseils de fondation. Assura non plus, qui renvoie aux commissaires eux-mêmes. Interrogé, Vincent Jeanneret invoque le secret de fonction. Motus aussi de part et d’autre sur le sort réservé aux anciens membres des conseils de fondation. Mais personne ne parie sur leur réintégration.

S’il valait la peine de décapiter cette entreprise, encore faudrait-il prouver qu’il n’était pas dispensable. Mais plus le temps coule, plus il est permis d’en douter. 

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