Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Marichesse.com

Marichesse.com

Conseils, science, sante et bien-être


La hiérarchie en entreprise, un «mal» nécessaire

Publié par MaRichesse.Com sur 19 Septembre 2016, 21:36pm

Catégories : #ENTREPRISE, #RELATIONS

La hiérarchie en entreprise, un «mal» nécessaire
Le lien pyramidal dans l'entreprise génère soubresauts…  et opportunités de relancer efficacement les projets communs.

 

Les coachs en entreprise appellent ça un «court-circuitage»: au lieu de se référer à son n + 1 pour être guidé dans sa mission, un employé va directement chercher réponse chez son n + 2. Conséquence, son chef direct, se retrouvant pris en tenaille entre les instances directes avec lesquelles il doit travailler au quotidien, est d'une certaine manière nié.

Un leader, lui, peut être pris dans une pathologie de la tyrannie. «Celle-ci peut prendre la forme de comportements agressifs », décrit la consultante Madeleine Laugeri, qui vient de publierLes Clés du dialogue hiérarchique(Éd. InterÉditions). «Mais elle peut aussi se manifester subtilement par des bouderies hostiles, des oublis, la rétention d'informations, l'absence…» Toute une panoplie de nuisances qui peuvent évidemment être aussi utilisées par un n-1 rebelle: à force de dire du mal de son chef, il canalise sur ce dernier toute la frustration des équipes, subtile façon d'échapper lui-même à une remise en question de ses pairs… 

 

Ambiguë dans son essence même

On le voit, les manières de détériorer une relation professionnelle hiérarchique sont multiples et variées. Cela tient-il à l'existence du système pyramidal lui-même, aujourd'hui particulièrement mis à mal par - en vrac - le désir général d'émancipation, le déboulonnage des pouvoirs élitistes, l'horizontalité relationnelle sur les réseaux sociaux…?

«Il est vrai que la hiérarchie est souvent contestée aujourd'hui », observe Marc Traverson, psychanalyste et coach, codirigeant du cabinet Acteüs. «Cependant, celle-ci reste incontournable. À un moment donné, par quelque bout que l'on prenne celui-ci, il y a toujours une personne responsable qui doit piloter, porter le projet collectif et arbitrer… Mais la question hiérarchique est tellement complexe qu'elle reflète toutes les difficultés que l'on rencontre dans les entreprises en crise et concerne la majorité de nos interventions.»

Attention à elle, insistent donc tous les coachs! Car lorsque la relation hiérarchique fonctionne bien, lorsqu'elle est fluide, elle est la condition sine qua none d'un quotidien heureux à son travail. «Cet accordage est tellement précieux que l'on voit la plupart des managers emmener avec eux le n - 1 avec qui la collaboration s'est révélée fructueuse», rappelle le consultant.

Cette relation n'est-elle pas ambiguë dans son essence même? Si, bien sûr, et notamment pour la majorité des psychologues qui y voient un ersatz souvent inconscient de notre rapport le plus ancien à l'autorité. «Face à un chef, les employés projettent le plus souvent les stratégies de survie, souvent manipulatoires, qu'ils ont apprises dans leur famille», analyse Madeleine Laugeri. «D'ailleurs, l'une des grandes obligations des managers - ils devraient être formés en ce sens - est de faire la part entre ce qui, ramené d'un lointain passé, est projeté sur eux, et la relation réelle qui se vit avec leurs équipes.» Pour Marc Traverson, «sans aller dans le complexe œdipien cher à la psychanalyse, nous sommes tous marqués par des modèles d'autorité - professeurs, ou premiers managers… - qui nourrissent, quelle que soit notre position, notre manière de vivre la relation hiérarchique». 

 

Formaliser les espaces de dialogue

Faudrait-il nécessairement en passer par une psychanalyse personnelle pour clarifier notre manière de vivre un tel lien et, ainsi, le débarrasser de ce qui, malgré nous, l'encombre? «Cette relation professionnelle est en tout cas une opportunité assez rare d'identifier et de résoudre certains problèmes hérités de l'enfance, car dans ce cadre “on répète” ou “on répare”», estime Madeleine Laugeri. L'issue de secours préconisée dans la plupart des difficultés rencontrées entre managers et équipes de terrain, c'est le recours au collectif. Non, pas nécessairement la force syndicale, mais l'appui des pairs qui, dans le cas du manager comme celui de ses subordonnés, constitue une vraie force tierce équilibrante.

«Alors que les rapports aux parents allaient de soi , rappelle Madeleine Laugeri, il est à la fois simple, et essentiel dans l'entreprise, de formaliser les espaces de dialogue entre le leader et l'équipe, d'une part, ainsi que celui des membres de l'équipe entre eux, d'autre part… Et d'instaurer des rencontres rituelles entre tous ces acteurs, à l'occasion desquelles chaque partie peut livrer à l'autre son feedback sur la mise en œuvre du dernier “contrat”, sur les progrès accomplis et les points de communication entre eux qui restent à améliorer.»

Pour Marc Traverson, même remède: c'est en remettant du «collectif» entre les uns et les autres que la régulation peut se faire. «Rien à voir avec le manager copain », précise le coach. «Mais celui qui sait s'adresser à l'entité “équipe” et ne divise donc pas pour mieux régner permet à la pression d'être relâchée et à la motivation générale de remonter.» 

 Source

Commenter cet article

Archives