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Conseils, science, sante et bien-être


La Fondation Abbé Pierre soutient l’habitat participatif

Publié par MaRichesse.Com sur 19 Septembre 2016, 06:56am

Catégories : #RELIGION, #FAITSDIVERS

La Fondation Abbé Pierre soutient l’habitat participatif

Sur la coursive du premier étage, Julien a pris ses habitudes. Le jeune homme de 29 ans s’est confortablement installé sur d’anciens fauteuils de cinéma rivetés au sol pour fumer une cigarette.

De là, il a une vue sur la place encore en chantier, dans le bien nommé quartier Maisons-Neuves, à Villeurbanne. Il a emménagé parmi les premiers dans l’immeuble à ossature bois sorti de terre en juin 2013. Plus qu’un immeuble, un « village vertical », selon le nom que s’est donné cette coopérative d’habitants. 

 

Une buanderie et un potager collectif

Les quatorze foyers de la cage d’escalier se connaissent tous. Ils partagent une buanderie, sarclent ensemble le potager au pied de l’immeuble, ou organisent des repas dans la salle collective.

Comme les autres, Julien participe au nettoyage des parties communes. Toutefois, s’il se sent « un vrai villageois », Julien n’est pas « coopérateur » et ne participe pas aux décisions d’ordre financier ou administratif de la petite collectivité. Le jeune homme n’a en effet pas de parts sociales de la société coopérative Village vertical, qui loue les logements.

En tout, quatre des quatorze logements sont ainsi occupés par de jeunes ménages traversant des difficultés. Pour Julien, aujourd’hui horticulteur, ce fut un passage par la rue et des problèmes d’addiction. 

 

Aider des jeunes en situation de précarité à se loger

« Nous avons toujours souhaité apporter cette dimension sociale au projet, explique Antoine Limouzin, l’un des initiateurs du Village vertical. Accéder à un logement de qualité était déjà difficile pour nous qui travaillions, poursuit cet employé municipal. Nous avons touché du doigt à quel point c’était inaccessible pour des personnes en situation de précarité. »

Ce parti pris altruiste était aussi une façon de sélectionner les volontaires pour ce programme immobilier très écolo. « La première chose sur laquelle nous insistions, c’est que nous ne fermions pas la porte à la différence », précise-t-il.

Pour occuper ces quatre logements classés PLAI (prêt locatif aidé d’intégration), la coopérative a noué un partenariat avec l’Association d’aide au logement des jeunes (AILOJ), qui sous-loue des appartements à des jeunes en précarité.

 

« Nous sommes des voisins bienveillants »

« Le projet ne peut pas s’adresser à tout le monde, prévient sa directrice, Claire Debard. Beaucoup de jeunes passés par des centres d’hébergement ou des foyers n’ont pas nécessairement envie d’être dans une démarche collective. Nous n’envoyons que des personnes qui adhèrent au projet. »

C’est le cas de Julien. « J’ai vécu en squat, j’ai toujours aimé la vie en collectivité. » Pour autant, ce ne fut pas toujours simple. « Nous n’avons pas à nous substituer aux travailleurs sociaux qui accompagnent les jeunes, explique Stéphane Letz, l’un des villageois. Ce n’est pas évident de nous positionner dans les moments difficiles. »

Leur rôle alors ? « Nous sommes des voisins bienveillants »,résume-t-il. Julien, dont on comprend qu’il a traversé des épreuves au cours des trois dernières années, sait toujours « à quelle porte venir frapper ». « Sans cet entourage, il n’aurait pas forcément surmonté certaines périodes de sa vie », confie Claire Debard. 

 

« Un bon outil pour se réhabituer à vivre en société »

Voilà trois ans que Julien vit au Village vertical. Un couple arrivé en même temps que lui est parti cet été avec ses deux jeunes enfants. Ils étaient en retrait de la vie collective du Village, avec lequel ils n’ont pas gardé de contact.

Pourtant, même s’ils ne l’ont pas dit aux gens de l’immeuble, « ils nous ont confié qu’ils ont pris conscience de leur capacité à s’ouvrir à d’autres personnes que des travailleurs sociaux », rapporte Claire Debard. « Ici, on se fond dans un collectif, confirme Julien. C’est un bon outil pour se réhabituer à vivre en société. »

Pour les coopérateurs, la cause est entendue. L’expérience est une réussite. Même les résidents venus avant tout pour des considérations écologiques jouent le jeu.

« Les dix ménages s’investissent dans les relations avec les jeunes. Cela ne repose pas que sur l’un ou l’autre d’entre nous. Si tout le monde faisait ainsi, cela réglerait la question du mal-logement »,s’enthousiasme Antoine Limouzin. Pour l’heure, toutefois, on en est loin. Il existe seulement 200 à 300 projets d’habitat participatif en France, dont une cinquantaine de coopératives d’habitants. Mais de plus en plus de bailleurs s’associent à ces projets, en intégrant une dimension sociale.

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La Fondation Abbé-Pierre dans la campagne présidentielle

La fondation lance lundi 19 septembre sa campagne de mobilisation #OnAttendQuoi pour faire de la lutte contre le mal-logement un des thèmes forts de la présidentielle.

En 2012, l’organisation avait déjà fait signer aux principaux candidats un « contrat social » qui les engageait à divers objectifs comme l’encadrement des loyers (mis en place à Paris et bientôt à Lille) ou la production d’au moins 500 000 logements par an (on en construit moins de 400 000).

 

Cette année, l’opération de plaidoyer aura pour point d’orgue la remise du rapport annuel de la fondation sur « L’État du mal-logement » à la Défense, le 31 janvier 2017, en présence des candidats en lice. Ces derniers seront invités à présenter des « choix clairs » sur le plan fiscal et budgétaire pour endiguer le fléau. 

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