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La difficile mesure de l’usure du pouvoir

Publié par MaRichesse.Com sur 24 Septembre 2016, 08:03am

Catégories : #POLITIQUE, #SUISSE

La difficile mesure de l’usure du pouvoir

Une fin de parcours abrupte et douloureuse. Contrairement à son souhait initial, Anne-Catherine Lyon, la ministre de l’éducation vaudoise depuis 2002, ne briguera pas de quatrième mandat au Conseil d’Etat. La fronde d’une partie du corps enseignant, manifestée à coup de lettre ouverte et de pétition, couplée au désaveu infligé par le comité directeur du parti socialiste vaudois (PSV) qui n’a pas soutenu sa demande de dérogation à la règle des trois mandats, ont eu raison d’elle. Dans une lettre au comité directeur rendue publique vendredi matin, Anne-Catherine Lyon a tiré sa révérence. Tel un fauve blessé, elle se tait depuis lors.

 

Dopés par l’adrénaline politique, le goût du pouvoir et/ou la passion pour leur job, les élus peinent souvent à céder d’eux-mêmes leur place à du sang neuf. Anne-Catherine Lyon n’est ni la première ni la dernière à s’être jugée irremplaçable; de ce point de vue, son collègue Pierre-Yves Maillard, élu au gouvernement vaudois en 2004, se trouve peu ou prou dans la même situation. Le tort de la conseillère d’Etat, c’est de ne pas avoir pris la mesure de son impopularité, du mécontentement et de la défiance dans les rangs des enseignants comme au sein de sa propre famille politique. En lui refusant la dérogation qu’elle sollicitait, le comité directeur lui a certes forcé la main, mais il lui a aussi évité une humiliation bien plus terrible devant le congrès. 

 

Le style d’Anne-Catherine Lyon lui a sans conteste porté préjudice. Austérité et froideur, absence de charisme et réticence à communiquer: ces traits font d’elle une politicienne d’un autre temps, la gestionnaire d’un département et de l’école, plus qu’une stratège capable de transmettre une vision d’avenir. Or pour affronter la campagne électorale, le PSV a jugé qu’il lui fallait des figures plus modernes, entraînantes, dynamiques. C’est d’ailleurs l’objectif de la limite des trois mandats que de pousser les formations politiques à préparer la relève et le renouveau.

Le PSV et Pierre-Yves Maillard – qui a reçu un préavis favorable du comité directeur à sa demande de dérogation – font face maintenant à un nouveau défi. Si le ministre de la santé est réélu en 2017, il s’agira pour lui d’éviter le syndrome de la législature de trop, mal qui avait touché, dans un autre parti et un autre genre, l’ex-syndic de Lausanne Daniel Brélaz. Au Conseil d’État, la difficulté concerne aussi le ministre des finances PLR Pascal Broulis, lui qui a été élu, comme Anne-Catherine Lyon, en 2002. Un rapide calcul: en 2022, l’actuel duo gagnant Maillard-Broulis aura régné pendant 18 ans sur le canton de Vaud. 

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