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Conseils, science, sante et bien-être


L’orthographe, un trésor à cultiver en soi

Publié par MaRichesse.Com sur 13 Septembre 2016, 19:56pm

Catégories : #DEVELOPPEMENT, #IMPORTANT

L’orthographe, un trésor à cultiver en soi

 

Certains ont la passion des mots, d’autres ont redoublé d’efforts pour surmonter leurs difficultés. Mais la fatalité n’existe pas.

« J’aime trouver le mot juste »

Amina Brisset, 59 ans, assistante chargée de la relecture des parapheurs au sein d’un conseil départemental d’Île-de-France, cinq fils

« Née au Maroc de parents marocains, je suis arrivée en France à l’âge de 27 ans. J’ai la double culture, pleine et entière. Mon père avait eu l’intelligence de nous inscrire à l’école française à Casablanca, fréquentée par l’élite. J’ai étudié jusqu’au baccalauréat. Quand je pense à l’importance de l’orthographe dans la famille, j’en ai encore la chair de poule.

Ma mère était analphabète. Mon père, autodidacte, était fonctionnaire à la préfecture de Casablanca. Il m’a appris à rédiger les tournures et formules administratives. Aucun de mes sept frères et sœurs n’a hérité de son amour de la langue française. C’est moi seule qui porte le flambeau. Lors d’un voyage en France, j’ai rencontré celui qui allait devenir mon mari et le père de mes fils. L’orthographe n’était pas son truc, il détestait jouer au scrabble !

Enfant, lorsque je sollicitais mon père pour réciter mes leçons, il me faisait faire d’abord une autodictée. Par exemple, écrire cinq vers d’une récitation. À mon tour, j’ai fait écrire des autodictées à mes fils. Ce qu’ils ne faisaient pas à l’école. De manière générale, j’ai été déçue par la qualité de l’enseignement en France. À l’école primaire, les fautes d’orthographe n’étaient pas corrigées.

Mes fils n’ont pas tous le même intérêt que moi pour l’orthographe. Mais nous prenons plaisir à jouer et échanger sur l’étymologie des mots, la grammaire, les citations, à partir de la revue Les Timbrés de l’orthographe, un dictionnaire toujours à portée de main. Quand ils étaient plus jeunes, nous faisions des soirées de lecture à haute voix. Le livre passait de main en main.

L’orthographe est ma richesse. J’ai été embauchée comme secrétaire dans un cabinet d’avocats à Casablanca, puis en France, comme agent administratif. J’ai l’amour de l’orthographe. J’aime trouver le mot juste. Je suis investie dans un dispositif de formation interne d’accompagnement à l’écriture et j’œuvre pour devenir formatrice indépendante. »

« Il n’y a pas de fatalité »

Fabrice, 47 ans, chef de projet en Alsace, deux filles

« À la fin de la cinquième, je suis parti en apprentissage. Comme je mettais plus de temps que les autres à comprendre, j’avais l’impression d’être bête et de ne pas être fait pour l’école. J’utilisais des stratagèmes pour masquer mes difficultés en orthographe : changer le mot, écrire en abréviation, dessiner… Avant de démarrer une formation professionnelle, j’ai souhaité combler mes lacunes en orthographe, à l’aide d’un coach (1).

Après le premier jour du stage, en juin dernier, je n’ai pas dormi de la nuit. Toutes mes frustrations sont remontées à la surface. Quand je lisais dans les yeux du maître que pour moi tout était perdu d’avance… Cette méthode d’apprentissage a été pour moi une libération. Elle m’a aussi permis de relativiser l’appréhension éducative que je ressentais avec ma fille de 7 ans qui développe les mêmes symptômes que moi. Je revivais avec elle les angoisses par lesquelles j’étais passé. Je l’ai fait bénéficier de la même méthode, adaptée à son âge. Elle a retrouvé confiance. J’ai réussi à lui prouver qu’il n’y a pas de fatalité. »

Recueilli par France Lebreton

 

(1) www.defi9.fr 

 Source

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