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L'Etat peut-il vraiment sauver l'usine Alstom de Belfort ?

Publié par MaRichesse.Com sur 13 Septembre 2016, 06:16am

Catégories : #ENTREPRISE, #FRANCE, #POLITIQUE, #ECONOMIE

L'Etat peut-il vraiment sauver l'usine Alstom de Belfort ?

Alain Vidalies, le secrétaire d'Etat aux Transports, l'a promis, lundi 12 septembre : l'usine de Belfort restera un site de production "dans les mêmes proportions qui existent aujourd'hui". Cinq jours après l'annonce par Alstom de la fermeture de son site à partir de 2018, l'heure est au branle-bas de combat pour tenter de sauver près de 400 emplois. Mais l'Etat a-t-il les moyens d'y parvenir ?

L'Etat ne peut pas s'opposer à la décision

L'Etat possède 20% du capital d'Alstom et siège à ce titre au conseil d'administration du groupe de transport. Une présence toutefois insuffisante pour remettre en cause la décision prise par le PDG d'Alstom, Henri Poupart-Lafarge.

Depuis cinq jours, le gouvernement tente toutefois de faire entendre sa voix. Sa présence au capital de l'entreprise lui a donné la légitimité pour convoquer le patron du groupe dans la foulée de l'annonce, lui imposant de négocier avec les syndicats avant toute décision définitive.

Dans cette affaire, le gouvernement dispose moins d'un réel pouvoir en interne que d'un levier médiatique qui lui permet de créer un rapport de force et de faire pression sur la direction, afin que celle-ci change d'avis.

Mais il peut remplir les carnets de commandes

Mieux vaut ne pas s'attendre à des miracles venant d'un marché remporté à l'international. Car même si Alstom s'en adjuge régulièrement, ce n'est pas le groupe qui est à la peine, mais l'usine de Belfort. "Dans le ferroviaire, trains et métros sont généralement produits à proximité des marchés", explique Le Monde (article payant). Les trains vendus aux Etats-Unis sont construits aux Etats-Unis, ceux vendus à l'Italie dans des usines italiennes d'Alstom, etc.

La clé pour la survie de l'usine de Belfort se situe donc vraisemblablement en France. Or, en la matière, c'est bien l'Etat qui tire les ficelles, notamment via la SNCF dont il est actionnaire à 100%, mais aussi en son propre nom, par exemple en commandant des trains Intercités.

Le ministre de l'Economie et des Finances Michel Sapin a d'ailleurs déclaré que l'idée était de "travailler avec ceux qui, en capacité de passer un certain nombre de commandes en France, peuvent assurer le plan de charge qui permettra de sauver les activités ferroviaires d'Alstom à Belfort"

Nous devons apporter des commandes et c’est le rôle des acteurs publics : régions, entreprises de transport, SNCF, RATP dans le cadre des marchés qui existent et qui doivent être respectés.

François Hollande

cité par "Le Monde"

Mais la marge de manœuvre de l'exécutif est faible, dans un contexte de rigueur budgétaire. Concrètement, que peut attendre Alstom ? Le marché du mégacontrat du RER "nouvelle génération" doit être attribué avant la fin de l'année par la SNCF et le Syndicat des transports d'Ile-de-France (Stif), mais il pourrait davantage concerner l'usine Alstom de Valenciennes (la plus grande en France avec 1 250 salariés) que celle de Belfort.

Alstom espère aussi décrocher de nouvelles commandes pour la 5e génération de TGV, développée avec la SNCF d'ici fin 2017. En attendant, à seulement sept mois de l'élection présidentielle, le gouvernement va devoir rivaliser d'imagination pour empêcher cette fermeture. D'autant que les concurrents d'Alstom ont, eux aussi, des usines sur le sol français... 

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