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Kadhafi. quand un intermédiaire prétend avoir rencontré Hollande

Publié par MaRichesse.Com sur 30 Septembre 2016, 11:19am

Catégories : #LIBYE, #FRANCE, #JUSTICE

Kadhafi. quand un intermédiaire prétend avoir rencontré Hollande

 

Dans une écoute, Alexandre Djouhri, intermédiaire des réseaux de la droite, prétend avoir rencontré le Président et évoqué avec lui les affaires sensibles libyennes. L’Elysée dément. 

C’est une curieuse écoute téléphonique qui, si les propos tenus sont avérés, éclairerait d’un jour nouveau l’histoire récente des relations franco-libyennes. Dans cette interception dont nous révélons la teneur, Alexandre Djouhri, l’homme de l’ombre des réseaux de la droite, se targue en février 2013 d’avoir eu un rendez-vous avec François Hollande. Une rencontre au cours de laquelle l’un des épisodes les plus extravagants de cette saga  -l’exfiltration en 2012 de Béchir Saleh, l’ancien bras droit de Mouammar Kadhafi- aurait été évoqué. « Il n’y a jamais eu de rendez-vous. C’est totalement faux », indiquait-on hier soir à l’Elysée.

 


Debut 2013, Alexandre Djouhri est placé sur écoute dans le cadre d’une enquête visant l’intermédaire Ziad Takieddine, interpellé à son retour de Libye en mars 2011 avec 1,5 millions d’euros en liquide non déclarés. Alexandre Djouhri étant très en cours à Tripoli, le juge Van Ruymbeke espère sans doute obtenir des informations en le «  branchant ».
Le 27 février 2013, l’homme d’affaire discute avec un ami professeur de droit. La date est cocasse puisque c’est le jour même où la police effectue une perquisition dans les bureaux de Claude Guéant, l’ancien secrétaire général de l’Elysée, dans le cadre de l’enquête sur le prétendu financement libyen de la campagne de 2007 de Nicolas Sarkozy. « Je me suis marré. J’avais rendez-vous avec Claude, je suis monté dans les burlingues, il y avait l’escouade de poulets », ironise Alexandre Djouhri dans le style fleuri qui lui est cher.

 

 
 

 

 

«Hollande a dit à table que j’étais un mec classe»


La discussion se poursuit -Alexandre Djouhri se vante par exemple d’avoir « mis une torchée » à l’ambassadeur d’un pays du Golfe- et glisse vers le Président de la République. « Ah oui, j’ai rendez-vous avec Hollande (...) Ca y est, c’est fait, oui, c’est fait. Classe en plus (...) classe de chez classe », annonce-t-il fièrement à son interlocuteur. « Par contre, il a dit à table que j’étais un mec classe. Il a dit Il parle pas, il est fiable », enchaîne-t-il, évoquant la présence à cette rencontre de Manuel Valls, alors ministre de l’Intérieur, et de Laurent Fabius, à l’époque au Quai d’Orsay. Alexandre Djouhri fanfaronne-t-il ? Comme l’Elysée, l’entourage de Manuel Valls dément catégoriquement : « aucun déjeuner ni aucun rendez-vous de ce type sur un tel sujet et encore moins avec ce Monsieur ».

 


La suite de l’écoute est encore plus troublante puisqu’il est question de Béchir Saleh, l’ancien directeur de cabinet de Kadhafi. En novembre 2011, après la chute de Tripoli, ce dernier se réfugie en France grâce à l’aide d’Alexandre Djouhri dont il est extrêmement proche. Mais son séjour parisien ne va pas s’éterniser. Les autorités libyennes de transition le réclament. Mais surtout, le 28 avril 2012, une semaine après le premier tour de la présidentielle, Mediapart publie un document faisant état d’un accord de principe du clan Kadhafi pour verser 50 millions d’euros à la campagne du Président sortant. Un document dont Nicolas Sarkozy a toujours contesté l’authenticité mais dont la justice n’a pas permis d’établir s’il était faux. Toujours est-il que l’affaire fait grand bruit et Béchir Saleh se résout à prendre la fuite. Une exfiltration digne d’un roman d’espionnage orchestré par Alexandre Djouhri et Bernard Squarcini, l’ancien patron du renseignement intérieur aujourd’hui en délicatesse avec la justice. Béchir Saleh et ses nombreux secrets s’envolent vers le Niger puis l’Afrique du sud où il s’installe.

 


Or, ce 27 février 2013, lorsqu’il narre sa prétendue rencontre avec François Hollande, Alexandre Djouhri fait cette étonnante confidence : « Il a dit que ce que j’ai fait pour Béchir, je l’ai fait pour le pays. Même si politiquement il était contre, mais lui, il a vraiment apprecié ». Le Président de la République aurait ainsi donné son blanc-seing a posteriori à l’exfiltration de ce témoin crucial. Ce que ne valide évidemment pas l’Elysée, contestant l’existence même du rendez-vous. Sollicité, Alexandre Djouhri n’a pas pu être joint pour s’expliquer sur le contenu de cette conversation privée jusque ici restée secrète.

 

Deux hommes au coeur du pouvoir

L'intrigant M. Djouhri. C'est l'un des personnages les plus intrigants des coulisses du pouvoir. Ami intime de Villepin et de Claude Guéant, Alexandre Djouhri, 47 ans, s'est construit au fil des années un solide réseau dans le monde des affaires et de la politique à droite. D'origine algérienne, né en Seine-Saint-Denis dans un milieu modeste, il est réputé pour être l'homme de tous les arrangements à la confluence de ces deux univers. Un apporteur d'affaires dont les contacts sont fournis au Moyen-Orient et en Afrique. Si son casier judiciaire est vierge, le nom de cet homme qui fuit la lumière apparaît au détour de nombreuses affaires. Et notamment, par sa proximité avec l'ancien régime de Tripoli, celle sur les soupçons de financement libyen de la campagne de Sarkozy en 2007.

 

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Alexandre Djouhri (à g.) et Béchir Saleh(photos ABACA /Szwarc Henri et Rabbo Ammar)

 

Béchir Saleh, dernier fidèle de Kadhafi. Francophone et francophile, Béchir Saleh fut sans doute le plus proche collaborateur de Muammar al-Kadhafi. C'est dire combien le cerveau de cet ancien diplomate de 70 ans regorge de secrets. Un homme de pouvoir et d'argent : en 2006, à sa création, c'est lui qui obtient la présidence d'un fonds souverain étatique abreuvé par les pétrodollars. Après la mort du Guide libyen en 2011, il se réfugie en France puis s'exile en Afrique du Sud. Cité régulièrement dans le cadre de l'enquête ouverte à Paris sur le prétendu financement par la Libye de la campagne présidentielle victorieuse de Sarkozy, son nom est apparu au nombre des donateurs présumés dans un carnet manuscrit révélé par Mediapart et qui vient d'être transmis à la justice française.

 

 

  leparisien.fr

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