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Joseph Stiglitz prône la fin de l'euro

Publié par MaRichesse.Com sur 19 Septembre 2016, 18:27pm

Catégories : #ECONOMIE, #EUROPE

Le Prix Nobel d'économie américain critique l'incapacité des Européens à sortir de la crise économique et leur assène une série de recommandations. L'ironie de l'histoire est que celles-ci sont toutefois largement inspirées de ce que Bruxelles tente de mettre en place depuis 2008. L'auteur exploite un créneau d'eurosceptiques qui gagne du terrain

Joseph Stiglitz prône la fin de l'euro

Mais de quoi se mêle Joseph Stiglitz? Dans son dernier pamphlet L’Euro: comment la monnaie unique menace l’avenir de l’Europe*, l’économiste américain affirme que la zone euro a été mal conçue et, qu’in fine, elle est vouée à l’échec. Pessimiste sur le courage des dirigeants européens d’assumer la tâche herculéenne d’y apporter des réformes, il plaide pour remettre le compteur à zéro. Sa conclusion est implacable: la fin de la monnaie unique ne signifierait pas la fin du projet européen, qui est «trop important pour qu’on laisse l’euro le détruire».

Comme un grand nombre d’économistes d’outre-Atlantique, Joseph Stiglitz est un des critiques de longue date de la zone euro. Ces derniers semblent avoir été traumatisés par la longue et difficile histoire de l’unification monétaire des Etats-Unis. Comme l’explique l’institut Bruegel, un laboratoire d’idées à Bruxelles, il a fallu 137 ans après l’indépendance et une guerre civile pour que les Américains se dotent d’une banque centrale. Le Prix Nobel d’économie est sentencieux. Selon lui, l’Europe n’a pas réussi son union politique; dès lors, elle ne peut qu’échouer dans son ambition d’union monétaire et économique. D’où sa recommandation de jeter le bébé avec l’eau du bain. 

 

Mauvaise foi

Joseph Stiglitz aurait pourtant dû savoir que de bons économistes ne font pas nécessairement de bons décideurs politiques. Son livre s’inspire de la pensée économique dite progressiste, qui aime rêvasser d’une société parfaite tombant toute cuite du ciel. La réalité est autre. L’Europe est une construction lente, d’autant plus qu’il faut le consentement des Vingt-Huit pour faire le moindre pas. L’Américain fait preuve soit de mauvaise foi, soit d’une ahurissante méconnaissance du fonctionnement de la démocratie européenne.

En fin de compte, Joseph Stiglitz, qui avait rendu son tablier d’économiste en chef de la Banque mondiale en 1997, en plein milieu de la crise asiatique, nous inflige sept recommandations pour sauver l’Europe. L’ironie de l’histoire est qu’il s’est largement inspiré des initiatives déjà en place. Il demande d’assouplir les critères de convergences qui limitent le déficit public à 3% du produit intérieur brut (PIB). Il n’est pas question de passer outre la discipline, mais une flexibilité existe déjà. De surcroît, elle a été utilisée dans de nombreux cas. Dans le même registre, Joseph Stiglitz ne reconnaît pas que la Commission a abandonné sa politique d’austérité et mobilise des milliards d’euros (500 milliards entre 2010 et 2015) dans une stratégie keynésienne. Il ne s’est pas encore rendu compte que la Banque centrale européenne (BCE), à travers sa politique d’assouplissement monétaire, tente de donner une impulsion à la zone euro. 

 

Créneau d'eurosceptiques

Joseph Stiglitz prescrit aussi un système de solidarité pour venir en aide aux pays surendettés. Comment peut-il ignorer la création de l’Union bancaire qui est dotée d’un Mécanisme européen de stabilité qui a aidé la Grèce, l’Irlande et l’Espagne. L’économiste américain a raison d’exiger la solidarité des pays comme l’Allemagne, qui jouit d’un compte courant excédentaire. Mais la réalité est que l’Allemagne lâche graduellement du lest. Berlin exprime aussi sa solidarité par sa contribution, la plus importante, au budget européen.

L’Euro: comment la monnaie unique menace l’avenir de l’Europe sera peut-être un succès de librairie. Joseph Stiglitz exploite là un créneau eurosceptique qui gagne du terrain. Mais il ne met pas de l’huile dans les rouages de la situation économique complexe de l’Europe qui, elle-même, fait partie d’un environnement instable et imprévisible.  

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