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Inégalités scolaires : les chiffres qui démontrent l'ampleur du problème

Publié par MaRichesse.Com sur 27 Septembre 2016, 23:21pm

Catégories : #ECOLE, #FRANCE

Inégalités scolaires : les chiffres qui démontrent l'ampleur du problème

cablant ! Le dernier rapport publié par le Conseil national d'évaluation du système scolaire (Cnesco), un organisme rattaché au ministère de l'Education nationale, a de quoi inquiéter le gouvernement. Car il décrit en substance un système miné par les inégalités sociales, que ce soit en termes de résultats, d'orientation, d'obtention des diplômes ou d'insertion dans la vie active.

Le pire, c'est que selon ce rapport les injustices ont progressé en France au cours des 15 dernières années, alors qu'elles ont reculé à l'étranger. Et pourtant, les gouvernements successifs ont multiplié les réformes en vue de réduire ces inégalités, via notamment un soutien aux établissements considérés comme "prioritaires" ou encore la mise en place de dispositifs de suivi individualisé des élèves.

Alors pourquoi cet échec ? Selon le Conseil, ni la dégradation du contexte économique, ni le recours à l'enseignement ou à des cours privés n'y sont pour grand chose. En fait, ce sont les politiques scolaires elles-mêmes qui auraient aggravé les inégalités… "Ces politiques se révèlent peu efficaces parce qu’elles travaillent à la marge de l’école et des heures de cours, et qu’elles ne changent pas fondamentalement les pratiques pédagogiques et l’expérience scolaire au quotidien des élèves français", détaillent les auteurs.

La politique d'éducation prioritaire, qui consiste à donner davantage de moyens aux établissements qui rencontrent les plus grandes difficultés sociales afin de réduire les inégalités, en prend tout particulièrement pour son grade. "Les politiques de compensation créent (…) des effets pervers importants dans la durée (fuite des élèves plus favorisés de ces établissements, manque d’attractivité pour les enseignants…)", explique le rapport. Quant aux dispositifs de suivi individualisé, ils "se révèlent eux peu efficaces car ils sont rarement couplés à des outils de diagnostic des besoins réels des élèves et mobilisent des heures d’enseignement trop peu nombreuses pour avoir un impact significatif".

Pour résoudre le problème, le Conseil national d'évaluation du système scolaire prône donc de "rompre avec une logique de réformes à répétition, peu mises en œuvre dans les classes et miser sur l’expertise des acteurs de terrain". Avec un point clé : "Toutes ces politiques et les budgets afférents resteront très peu efficaces si les écoles et les collèges les plus ségrégués ne font pas l’objet d’une politique volontariste de mixité sociale". En attendant de savoir ce qu'en fera le gouvernement, voici les principaux facteurs d'inégalités qui permettent de se rendre compte de l'ampleur du problème. 

 

La France donne moins à ceux qui ont moins

Les établissements d'éducation prioritaire sont durement pointés du doigt, accusés de dispenser un enseignement de moins bonne qualité. Les profs y sont davantage inexpérimentés (17% de moins de 30 ans contre 9% ailleurs au collège et lycée) et passent plus de temps à faire la loi (sur un cours de 4 heures au collège, seules 2h30 d'enseignement effectif en éducation prioritaire, contre 2h45 dans un établissement public classique). Il y règne par ailleurs un climat délétère : un tiers des élèves de collèges d'éducation prioritaire se sentent en insécurité contre 25% ailleurs. 

 

Les compétences des élèves défavorisés se dégradent

Les jeunes des établissements les plus défavorisés ne maîtrisent que 35% des compétences attendues en fin de 3ème, contre 60% en 2007. Ce taux atteint 80% pour ceux qui fréquentent les écoles les plus privilégiées. 

 

Les enfants d'ouvriers moins nombreux à choisir la filière générale ou technologique

Les jeunes issus des milieux sociaux les moins favorisés sont davantage orientés vers les formations les moins prisées. "Alors que 66 % des enfants de cadres, d'enseignants, de chefs d'entreprise et de professions libérales entrés en sixième en 2007 et ayant obtenu une note comprise entre 8 et 10 au contrôle continu du brevet des collèges demandent une seconde générale et technologique, les enfants d’ouvriers (qualifiés ou non qualifiés) sont environ deux fois moins nombreux, avec les mêmes résultats", indique le rapport. 

 

Le bac n'est pas le même pour tout le monde

"L’objectif fixé de 80 % d’une classe d’âge possédant le niveau baccalauréat masque la réalité d’inégalités sociales. (…) Ainsi, 90% d’enfants de cadres et d’enseignants obtenaient un baccalauréat en 2002 contre 40% d’enfants d’ouvriers non-qualifiés", soulignent les auteurs. 

 

Une moins bonne insertion dans la vie active

Ces inégalités se poursuivent aussi après l'école. "Après trois ans de vie active pour les bacheliers professionnels, la différence des taux de chômage entre enfants de cadres et enfants d’ouvriers est de 6 points (17 % contre 23 %)", selon le rapport. 

 

Les Français les plus aisés sont ceux qui croient le moins à l'égalité de l'école

"Paradoxalement, ce sont les gagnants de cette école peu juste - les classes sociales supérieures - qui adhèrent le moins à l’effectivité de l’égalité des chances", note le rapport. Ainsi, 59% des cadres et professions intellectuelles supérieures ne croient pas à cette égalité, contre 47% des ouvriers. 

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