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Hillary Clinton : pourquoi son look est-il si ennuyeux ?

Publié par MaRichesse.Com sur 28 Septembre 2016, 11:46am

Catégories : #PEOPLE, #BEAUTÉ

Elle porte le même tailleur pantalon depuis 2002. Un jour bleu violacé, jaune mimosa le lendemain. Pour sa défense, ce look ringard à souhait cache une vraie stratégie de communication politique. Décryptage équipé d'experts.

Hillary Clinton : pourquoi son look est-il si ennuyeux ?

Ses discours parlent d'inégalités salariales, de création d'emplois et de réaménagement des retraites. Ses looks parlent d'un tailleur pantalon qui a traversé les présidences sans fléchir, d'un brushing impeccable qui ne s'est jamais dégonflé devant les coups durs. Oui, Hillary Clinton a un look assommant (et encore, on est en septembre et elle ne sort plus ses ensembles en tweed). Mais Hillary Clinton a un look. Et nous dirons même plus : un look puissamment travaillé. La preuve, peut-être, avec le succès du compte Instagram baptisé HillaryLooks, qui répertorie les faits d'armes mode les plus probants de la candidate démocrate.

« On est peut être dans le no fashion, mais on est surtout dans le full control », résume Pascal Monfort, consultant en mode et co-créateur d'un cours sur la mode et la politique à Sciences Po. « Le tailleur pantalon, systématiquement ton sur ton, systématiquement coupé de la même façon, est devenu l'uniforme d'Hillary Clinton », analyse le spécialiste de la mode. « Un uniforme parle de quelqu'un de clean, de rigoureux, qui ne s'éparpille pas. Un look répétitif propre aux individus qui veulent faire passer un message fort : "j'ai autre chose à faire que de m'intéresser à mon dressing le matin". »

Des couleurs "comme un surligneur"

Parce qu'elle veut accéder aux plus haute fonctions de l'administration américaine, Hillary Clinton et son armée de stylistes ont décidé de jouer la carte de l'efficacité et du sérieux. Trop de coquetterie - pis, de fantaisie - la renverrait à une certaine forme de frivolité, rédhibitoire pour une candidate à la présidence des États-Unis.

 « Elle doit faire oublier qu'elle a été première dame, renchérit le sociologue des médias Jamil Dakhlia, par ailleurs auteur de Politique People (éd. Bréal, 2015). Elle n'est plus là pour être une ambassadrice mode de son pays. L'enjeu, c'est à la fois de justifier de son sérieux, et d'imposer une signature visuelle. » D'où ce choix énigmatique de couleurs dont on pensait l'utilisation depuis longtemps prohibée. « Que l'on aime ou pas, ce sont des couleurs qui se remarquent. Qui tranchent avec les vêtements de ses collaborateurs masculins. Comme un surligneur. Il faut qu'on sache qu'elle est là. »

Parce qu'Hillary Clinton doit se montrer, et se montrer crédible. « C'est ce qu'elle nous raconte qui est important, pas ce qu'elle porte. Elle est dans la séduction par le discours, pas par le vêtement », explique Pascal Monfort. « Dans ses tenues : pas de parasite, pas de col, pas de décolleté, pas de fantaisie. Il n'y a aucune place au sexisme, aucune place à la séduction. » Grosso modo, on peut lui reprocher son style de grand-mère, mais pas de faire les boutiques.

"La fonction prime sur la fantaisie"

À travers son look, Hillary Clinton représente « l'Américaine moyenne, l'Américaine qui travaille, qui n'a pas le temps de faire attention à ses tenues mais qui respecte une étiquette a minima, synthétise Jamil Dakhlia. Elle est dans une forme de courtoisie vis-à-vis de son public, elle ne se donne pas l'apparence de quelqu'un qui évolue dans un autre monde, celui de l'élite. » 

Si on a parfois l'impression qu'elle se sert directement dans le dressing de la reine d'Angleterre, on lui trouve surtout la même sensibilité shopping qu'Angela Merkel. Coïncidence ou pas, elles sont toutes deux les femmes les plus puissantes de la planète, selon le dernier classement de Forbes. Pour Clinton et Merkel, « c'est la fonction qui prime sur la fantaisie ou sur le point de vue personnel ». Un tailleur masculin-féminin pour le sérieux, des couleurs vives pour le repérage. « Ni l'une, ni l'autre ne joue des charmes féminins. On leur demande d'être irréprochables, elles sont irréprochables », éclaire Pascal Monfort.

C'est ici une difficulté de plus d'être une femme en politique. « Pour les hommes, il suffit de mettre un costume sombre bien coupé. Pour une femme, il faut statuer, et statuer vite. » Là-dessus, oui, Hillary Clinton est inattaquable. Pour sa campagne présidentielle, néanmoins, elle a élargi son équipe de conseillers en style. Ses tenues sont moins vivement colorées, souvent parfaitement accessoirisées. Parmi eux, Kristina Schake, l'une des anciennes stylistes de Michelle Obama, et, selon le New York Post, Barbara Lacy, la maquilleuse de la série Veep. Des petits détails qui visent à modernisier, sans jamais surtout métamorphoser « the » look Hillary Clinton. Sa mue fashion a eu lieu il y a longtemps, juste après que son mari Bill Clinton quitte la Maison-Blanche. On ne se souvient d'ailleurs plus du dernier jour où on l'a vue en jupe. 

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