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Harcèlement: Emilie a raconté son calvaire dans un journal, après son suicide ses parents l'ont publié

Publié par MaRichesse.Com sur 30 Septembre 2016, 11:46am

Catégories : #FAITSDIVERS, #FRANCE

Harcèlement: Emilie a raconté son calvaire dans un journal, après son suicide ses parents l'ont publié

La jeune fille, cible des railleries de ses camarades pendant plus de deux ans, a mis fin à ses jours le 19 décembre 2015. Ses parents mettent en cause l'établissement et ont porté plainte.

Elle s'appelait Emilie, elle avait 17 ans et était scolarisée dans un collège privé de Lille. Elle est morte le 22 janvier, un mois après s'être jetée à travers une fenêtre du domicile de son père. La raison invoquée par ses parents: Emilie était devenue la tête de turc de ses camarades, entre la 5e et la 3e. Les brimades, les coups, les insultes, cette jeune fille studieuse et timide les a consignés dans un journal intime. Son père et sa mère ont décidé de publier ce texte très personnel, découvert après la mort de leur fille, dans La Voix du Nord.

"Les toilettes étaient le seul endroit dans ce foutu collège où j'étais sûre d'être tranquille. Ne serait-ce qu'épargner 15 minutes de supplice à ma journée ferait qu'elle serait moins insupportable. Malheureusement, ce moment de paix ne durait qu'un trop court moment."

Sur dix pages, Emilie raconte ses longues journées d'humiliation pendant les cours. Emilie raconte la violence physique comme la violance morale pendant les récréations. Dans son collège, elle ne rentre pas dans le moule, ne s'habille pas comme les autres filles, les petits "moutons surmaquillés", écrit-elle, avec leurs "sacs de luxe" et leurs "talons hauts". A un âge où l'apparence vestimentaire apparaît comme un marqueur social, son désintérêt profond pour la mode, "ses vieilles baskets", son "jean effilé" et son sac à dos lui valent insultes, coups, crachats et croche-pieds. 

Le dire à ses parents, prévenir la direction de d'établissement? Il n'en est pas question. "Déjà, je ne voulais pas que mes parents sachent à quel point j’étais pitoyable. Ensuite, je ne voulais pas qu’ils s’inquiètent", écrit-elle. "Enfin, je savais qu’ils iraient voir le principal pour lui dire et je savais très bien que ça ne ferait qu’empirer la situation." Alors Emilie cache les coups et se tait, même lorsque ses camarades découpent les sangles de son sac à dos, jettent ses livres dans les escaliers, collent des chewing-gums dans ses cheveux, lui lancent des équerres au visage.

La jeune fille, en profonde dépression, ne pèse plus que 42 kilos

Un jour, la carapace craque, la collégienne fait une crise d'angoisse avant de rendre à l'école. Ses parents la retirent de l'établissement sur-le-champ et demandent des comptes au directeur, qui leur indique qu'il ne pouvait "rien faire" et que le harcèlement est "un fléau trop complexe pour y faire face".  "Je voulais porter plainte mais elle m’a dit que si je le faisais, elle ne dirait rien et se suiciderait", a expliqué Virgine, la mère de la jeune fille, dans un entretien accordé à Libération

Emilie poursuit une scolarité en dents de scie, entre cours à distance, scolarité inachevée dans deux lycées lillois, traitement médical et rêves professionnels avortés. Hospitalisée, profondément dépressive et phobique scolaire, elle ne pèse plus que 42 kilos. Emilie est morte des suites de ses blessures quelques jours après son suicide. Les parents d'Emilie ont porté plainte en février contre Notre-Dame-de-La-Paix, l'établissement privé où elle a effectué sa scolarité. "Certains professeurs savaient qu’Émilie était harcelée et ont été témoins de ce qui se passait, assure ses parents dansLa Voix du Nord. Comment pouvait-elle faire confiance à des adultes qui ne la protégeaient pas et ne sanctionnaient pas les harceleurs? Ils n’ont pas pris leurs responsabilités."

 Le journal d'Emilie, 17 ans, victime de harcèlement scolaire et décédée le 22 janvier http://vdn.lv/pcs3eW 

 
 

Le harcèlement scolaire, un fléau bien réel

Les professeurs, qui trouvent leur élève brillante et bosseuse, n'ont rien dit, rien vu des humiliations quotidiennes lors de leurs séances de cours. Le directeur de l'époque, qui a été remplacé cette année, n'a pas donné suite aux demandes de sanction formulées par les parents et n'a pas répondu à leur faire-part de décès. Vincent Fleter, le nouveau directeur, ne souhaite pas commenté cette affaire.

Ce mardi soir, France 3 consacrait sa soirée à la question du cyberharcèlement en milieu scolaire. La chaîne publique a diffusé le long-métrage Marion, 13 ans pour toujours qui raconte l'histoire vraie de Marion Fraisse, jeune fille retrouvée pendue après des mois de souffrances morales dans son collège. Sa mère, Nora Fraisse, a publié deux livres à ce sujet et a fondé l'association Marion Fraisse, la main tendue. Ce tragique fait-divers fait écho aux très nombreux cas de harcèlements scolaires (insultes, violences, menaces sur les réseaux sociaux...) dont sont victimes les collégiens et lycéens.

D'après diverses études relayées par le site officiel du gouvernement, 12% des écoliers, 10% des collégiens et 3,4% des lycéens seraient la cible de brimades dans l'enceinte de leur établissement et en dehors, soit 700.000 élèves. Un chiffre difficilement vérifiable tant le sujet est tabou, que ce soit du point de vue du corps enseignant que des élèves eux-même. Pour contrer ce fléau, la ministre de l'Education, Najat Vallaud-Belkacem, a annoncé la création d'un numéro gratuit (le 3020), ainsi qu'un site internet, une page Facebook et une journée nationale, le premier jeudi de novembre, pour dire "non" au harcèlement.

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