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Gabon : Cette présidente qui parle trop….

Publié par MaRichesse.Com sur 19 Septembre 2016, 07:05am

Catégories : #AFRIQUE, #POLITIQUE

Gabon : Cette présidente qui parle trop….

« La loi actuelle prévoit toutes ces possibilités. En l’état actuel du dossier, je ne puis me déterminer. Cependant, je dois dire qu’il est rare que la voie de l’inversion soit utilisée… ». Marie- Madeleine Mborantsuo, Présidente du Cour constitutionnelle du Gabon, in Jeune Afrique du 15 septembre 2016.

 

La démocratie s’effondre, le Gabon s’engouffre. Les autocrates avancent leurs pions, l’urgence est là. Mais ne laissons pas libre cours au réflexe de la guerre des mots, au signe précurseur de la chienlit. L’unanimisme des juges, la logorrhée apparente d’une magistrate, va au-delà de la neutralité et de la réserve en période aussi sensible. Des arguments à l’emporte pièce tels que : "ce sont des règlements de compte personnels…" m’inquiètent. Car, le peuple gabonais est libre et a voté en fonction des programmes des uns et des autres. C’est une insulte que de résumer son choix, au seul règlement de compte. Même si la Présidente dit qu’elle « a des convictions qu’elle garde pour elle » ; son discours sentencieux s’apparente, toutes proportions gardées, aux avanies proférées par le parti au pouvoir, à l’endroit de l’opposition. On dirait que les acteurs publics ne tirent pas les leçons, des désordres électoraux, qui essaiment partout en Afrique.

 Sauver la démocratie

Il va sans dire que, ces procédés d’accaparement du pouvoir, par une Cour aux ordres, n’ont jamais bâti un Etat solide et démocratique. Au contraire, ils favorisent les séparatismes, les Etats dans l’Etat, la loi du talion des milices armées.

Aucunement, ces arbitraires contre le peuple, aucunement, ces violations du droit des citoyens, n’ont permis de venir à bout de la violence pavoisant partout ailleurs. Au contraire, elles légitiment les plus radicaux.

Par ailleurs, ces attitudes scélérates d’une justice partiale, n’ont pas permis la paix, au Zimbabwe, au Burundi, en Côte-d’Ivoire. Au contraire, c’est suite à ces manquements, que les crises sociales et humanitaires naissent. L’intervention occidentale, plus que nécessaire en période de crise, devient le défouloir où chacun se défausse de ses responsabilités.

Pire encore, ces dévoiements deviennent un engrenage. Chacun d’eux crée les conditions de la suivante. Elles sont les batailles d’une seule et même ambition qui fait tache d’huile, le pouvoir. Tous ces échafauds construits en amont créent les terreaux de la violence. Des bandes armées et les contrebandiers peuvent, au vu de la situation dresser leurs chapiteaux. Il faut en finir avec cette Afrique anti démocratique. Cette Afrique malade de ses dirigeants.

  La communauté internationale doit intervenir

Au Gabon, à l’allure où l’impartialité des juges n’est pas garantie, aucune condition de paix et de réussite n’est réunie. Le peuple se bat à l’aveuglette, faute de signe fort, de respect de son vote. Arrêter la progression des autocrates, reconquérir le droit citoyen, éradiquer les bases de la fraude électorale, sont autant d’angles où la communauté internationale doit s’engager sans faille, ni état d’âme.

Le peuple a l’impression de se battre seul, faute de partenariat international solide. Intimidation du pouvoir sur les juges, mainmise d’un ministère de l’administration territoriale sur les procès verbaux ; effondrement d’une armée divisée, défaillance générale de l’Etat de droit.

La Communauté des Etats de l’Afrique Centrale (CEMAC), est reléguée à jouer les sapeurs pompiers, car la plupart de chefs d’Etats voient d’un mauvais œil cette immixtion, ils sont : des gérontocrates, oligarques, ploutocrates, hélas !

 Retour à la politique

Un processus politique est seul capable d’amener la paix au Gabon. Il faut une dynamique nationale pour reconstruire l’Etat gabonais. Misons sur l’union nationale, les pressions sur le parti au pouvoir afin qu’un processus électoral démocratique, puisse aboutir à sa phase d’achèvement. L’aide internationale doit redonner aux institutions une certaine crédibilité. Comment le virus néoconservateur a-t-il pu gagner ainsi tous les esprits ? Non, la confiscation du pouvoir, ce n’est pas la démocratie. Il est temps d’en finir avec ces violences post électorales à répétition. La communauté internationale doit concourir, pour la résolution politique des crises et éradiquer le cercle vicieux de la force. Il faut ouvrir la voie de la fermeté pour sortir de l’impasse guerrière. Il faut un nouvel engagement, fondé sur les réalités du moment, ancré sur les aspirations des peuples et le respect des identités. Telle est la responsabilité de la communauté internationale devant l’histoire.

Aimé mathurin Moussy 

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