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Fermeture des voies sur berges à Paris : quels avantages et inconvénients ?

Publié par MaRichesse.Com sur 13 Septembre 2016, 07:03am

Catégories : #FAITSDIVERS, #POLITIQUE, #FRANCE

Fermeture des voies sur berges à Paris : quels avantages et inconvénients ?

Les voitures chassées des berges rive droite de la Seine. Sous l'impulsion de sa maire socialiste Anne Hidalgo, Paris est bien décidée à piétonniser sur 3,3 kilomètres la voie Georges-Pompidou qui se trouve au cœur de la ville. Voté en Conseil de Paris le 1er décembre 2015, le projet ferme la circulation à partir de l'entrée du tunnel des Tuileries (Ier arrondissement) jusqu'à la sortie du tunnel Henri-IV (IVe arrondissement).

Applaudie par la gauche et les écologistes, très critiqué par la droite, cette idée doit être définitivement votée au Conseil de Paris le 26 septembre. Une fois le feu vert donné, ce sera alors parti pour une expérimentation de six mois, le délai accordé par le préfet de police Michel Cadot qui souhaite utiliser ce laps de temps pour étudier les impacts réels de cette décision. Sur le papier, quels sont les principaux avantages et inconvénients de ce projet ? Explications et projections. 

 

Avantage : une ville moins encombrée par les voitures

Depuis son élection, Anne Hidalgo s'emploie à rendre la capitale aux piétons. Un souhait partagé par 67% des Parisiens qui, d'après un sondage Ifop daté d'avril 2016, espèrent une diminution du nombre de voitures dans leur ville. Selon toute vraisemblance, le projet de piétonnisation devrait aller dans leur sens. Actuellement, les voies sur berge sont empruntées quotidiennement par43.000 conducteurs.

D'un point de vue purement logique, les opposants au projet s'inquiètent du report de trafic engendré par la fermeture de ce grand axe et s'inquiètent pour les rues et avenues voisines qui vont devoir supporter ces milliers de véhicules supplémentaires. D'après une étude commandée par la préfecture de police et la mairie de Paris, les quais hauts rive droite, les quais rive gauche, le boulevard des Italiens, le boulevard Saint-Martin et l'avenue Foch vont, dans l'immédiat, devoir faire face à une hausse importante du trafic.

Des expériences menées dans d'autres villes françaises et à l'étranger montrent cependant à long terme que le report du trafic devrait s'estomper. Le phénomène, mis en évidence en 1968 par Dietrich Braess qui doit son nom au "paradoxe de Braess", prouve que la réduction d'un réseau routier peut effectivement entraîner une baisse globale du volume de circulation et non pas une surcharge sur les autres axes. Un post de blog du Monde relate plusieurs exemples, notamment à Rouen ou Varsovie, où la coupure d'une axe important a provoqué une "évaporation" des voitures. Cela s'explique notamment par un changement de comportement des citadins, car certains décident tout simplement d'abandonner la voiture et de privilégier d'autres moyens de transport.

La mairie de Paris souligne d'ailleurs dans son argumentaire que la piétonnisation de la rive gauche de la Seine a déjoué les projections concernant les embouteillages. "La réalité est plus favorable que les simulations théoriques", se réjouit-elle en constatant par ailleurs que "la circulation s'adapte aux aménagements réalisés" et que "les allongements de temps de parcours réels aujourd'hui sont bien moindres que ce qui avait été estimé par les prévisions". 

 

Avantage : moins de pollution de l'air

Si le nombre de voitures diminue, la pollution baissera également. À l'heure actuelle, le trafic routier constitue la principale cause de pollution de l'air à l'extérieur. Selon des pneumologues auteurs d'une tribune dans le JDD, les véhicules représentent deux tiers des émissions de dioxyde d'azote et 55% des émissions de particules. Or, avec 48.000 décès, la pollution de l'air est responsable de 9% de la mortalité en France, selon une étude de Santé publique France publiée en juin 2016.

La ville de Paris espère ainsi faire tomber de 15% en moyenne la pollution au dioxyde d'azote, non seulement avec la baisse de trafic mais aussi avec l'étalement dans l'espace des 43.000 véhicules. Un avis soutenu par Gilles Dixsaut, médecin hospitalier et président du Comité de Paris contre les maladies respiratoires. "Fermer un axe qui a une circulation importante, c'est une bonne chose. Si on déplace la pollution sur une zone plus vaste, c'est vrai qu'on va diluer la pollution. C'est pour cela que beaucoup de villes au niveau européen ont réduit de façon drastique leur circulation en centre-ville", affirme-t-il au micro de RTL. 

 

Inconvénient : les automobilistes de banlieue en difficulté

Si ce projet semble être soutenu par une majorité de Parisiens, ce popularité est sans doute beaucoup plus incertaine chez les habitants de banlieue qui se retrouvent privés du seul grand axe permettant une traversée rapide de Paris d'ouest en est. Anne Hidalgo en est d'ailleurs bien consciente. "Paris n'est pas une autoroute. Il faut avoir l'idée que l'on ne traverse pas Paris comme une autoroute et qu'il y a d'autres modes de déplacement", déclarait-elle au micro de RTL en avril 2016.

Chez les maires de banlieue, la grogne monte. Éric Berdoati, maire LR de Saint-Cloud, déplore ainsi sur RTL une augmentation du temps de trajet pour les Franciliens : "Au minimum, vous allez augmenter votre trajet de plus de 20 minutes au moins. C'est colossal". Même son de cloche chez Ludovic Toro, édile de Coubron (Seine-Saint-Denis), qui ne manque pas de rappeler dans les colonnes du Parisien que la crue de la Seine et l'impraticabilité des voies sur berge avaient presque triplé le temps de trajet entre Paris et sa commune. Autant d'élus qui ont reçu de Valérie Pécresse, la présidente de la région, qui considère que "Paris ne peut prendre des décisions brutales, sans une vraie concertation et sans tenir compte de l'impact sur la banlieue". 

 

Inconvénient : des transports en commun ultra sollicités ?

Invités à changer leurs modes de déplacement, les Parisiens peuvent-ils se contenter du réseau actuel de transports en commun ? Alors que la Ville évoque des aménagements pour ses lignes de bus, notamment le 72 qui doit être prolongé jusqu'à Gare de Lyon, ainsi que la mise en service d'une ligne de "bus-tram" à l'horizon 2018, la commission d'enquête sur ce projet d'aménagement, qui a rendu un avis défavorable, considère que la question n'a pas été suffisamment traitée : "Il est également déploré que le projet de fermeture à la circulation automobile de la voie Georges Pompidou ne soit pas accompagné, voire précédé, par une amélioration significative en qualité, en fréquence et en accessibilité de l'offre de transport en commun".

Dans une interview au Monde, Jacques J. P. Martin, maire LR de Nogent-sur-Marne, se dit ainsi prêt à soutenir la piétonnisation seulement si Paris accepte de mettre en place "un comité de pilotage Paris-Banlieue" qui permettrait d'étudier les "solutions alternatives (parking relais, bus propres, Autolib', etc)". Brice Rabaste, maire de Chelles (Seine-et-Marne), acquiesce et demande un élargissement de la zone de couverture du service d'autopartage des voitures électriques. "Rendre les berges piétonnes, pourquoi pas ? Mais c'est incompréhensible d'empêcher d'un côté les Chellois de rentrer dans Paris et, de l'autre, de leur refuser l'installation d'Autolib'". Quant à Bruno Beschizza, élu LR à la tête d'Aulnay-Sous-Bois, il souligne dans le Figaro les dysfonctionnements du RER. "Faute de transports en commun suffisants, mon territoire est enclavé. Il y a bien le RER B mais, on le sait, il fonctionne mal". 

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