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Ex-Dia: Le «cauchemar» continue pour 48 employés, sans salaire depuis plus de deux mois

Publié par MaRichesse.Com sur 15 Septembre 2016, 08:45am

Catégories : #FAITSDIVERS, #FRANCE

Ex-Dia: Le «cauchemar» continue pour 48 employés, sans salaire depuis plus de deux mois

Les employés de huit magasins vendus par Carrefour espéraient voir leur repreneur placé en liquidation judiciaire ce jeudi…

Ils espéraient en finir avec « ce cauchemar ». Sans salaire depuis plus de deux mois, les 48 employés de huit magasins Dia, rachetés par la société Gastt au groupe Carrefour fin mai, s’attendaient à ce que leur repreneur soit mis en liquidation. Mais le tribunal de commerce de Paris en a décidé autrement : il a placé ce jeudi la société Gastt Expansion en redressement judiciaire.

 

« J’ai envie de vomir », lâche Sandra à la sortie de l’audience, interdite au public et à la presse. La jeune femme, employée dans le magasin Dia de Belley (Ain), ne parvient pas à comprendre « comment les juges ont pu croire les mensonges d’Adam Kuzmicz », le patron de Gastt.

L’avocate des salariés, Me Florence Rebut-Delanoë, rassemble les quelques employés présents - la plupart n'ont pas pu venir, faute d'argent : « Bon, vous l’avez compris, Kuzmicz a expliqué avoir perdu des investisseurs et le tribunal veut lui laisser sa chance. Il considère qu’il peut s’agir là d’un accident ».

« Epuisés » de demander « de l’aide »

Patrice, également salarié dans le magasin de Belley, s’agace : « Mais il n’a même pas été honnête avec nous ! Il nous a fait croire tout l’été qu’il allait nous payer et ils lui font quand même confiance ? ».

« La principale préoccupation des juges est de préserver l’emploi. Ils préfèrent avoir 48 personnes en sauvegarde plutôt qu’au chômage », explique l’avocate, qui se veut rassurante : « Mais l’affaire sera désormais suivie par un administrateur judiciaire. Il va s’assurer que la société Gastt fait face à toutes ses obligations, notamment celle de verser vos salaires ».

L’employeur s’est engagé à payer les rémunérations pour la période du 15 au 30 septembre. Les deux mois et demi de salaires précédents seront quant à eux pris en charge par l’AGS, un organisme patronal. Les employés devraient recevoir la somme correspondant à ces créances d’ici à trois semaines.

Tous l’attendent bien sûr avec impatience. Ils sont « épuisés » d’aller frapper chaque jour à « toutes les portes ». Celles de la famille et des amis, « pour demander quelques euros ». Celle des banques, « pour négocier des dépassements de découvert ». Celles des divers services sociaux, « pour obtenir de l’aide ».

« Nous sommes à bout et nos enfants le ressentent »

Employée dans le Nord, Caroline survit depuis plusieurs semaines grâce aux bons d’achat délivrés par le Centre d’action sociale de sa commune. « J’ai obtenu 60 euros, ce qui est une aide précieuse dans ces circonstances, mais les démarches sont longues, il y a beaucoup de dossiers à remplir ».

Un des bons délivrés par le Centre communal d'action sociale à Caroline.
Un des bons délivrés par le Centre communal d'action sociale à Caroline. - C.B.

Le plus difficile pour cette maman est d’avoir dû leurrer sa fille de cinq ans tout l’été : « Lorsqu’elle me demandait une glace ou un tour de manège, je prétextais avoir oublié mon porte-monnaie ou manqué de temps… ». « Il faut que les choses se débloquent, nous sommes à bout et nos enfants le ressentent », renchérit Vanessa, la compagne de Patrice.

Si certains employés ont reçu le soutien d’élus locaux, tous regrettent l’absence d’aide de l’Etat. Caroline a même écrit une lettre au président François Hollande : « L’Elysée m’a répondu en me disant qu’il faisait suivre mon dossier au ministre de l’Economie [Emmanuel Macron à l’époque] et à la ministre du Travail [Myriam El Khomri] ». Caroline n’a eu aucune nouvelle depuis. Contacté par 20 Minutes, le ministère du Travail assure « suivre le dossier de près » et attendre que la justice suive son cours.

« Nous voulons reprendre une vie normale »

Une nouvelle audience a été fixée par le tribunal de commerce au 6 octobre. Si Gastt ne respecte pas ses engagements jusqu’à cette date, la société sera placée enliquidation. Ce dont rêvent les salariés, car aucun ne croit à la réouverture des magasins, fermés depuis fin mai.

« Nous voulons reprendre une vie normale et recommencer à travailler », explique Sandra. « Et pour l’instant, nous n’avons même pas le droit de chercher un travail ailleurs… », se désole Ammar, employé à Paris. 

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