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Conseils, science, sante et bien-être


Épidémie de manque de sommeil

Publié par MaRichesse.Com sur 5 Septembre 2016, 13:01pm

Catégories : #SOMMEIL, #SANTE-BIEN-ETRE, #ENFANT, #ECOLE

Épidémie de manque de sommeil

Pour contrer «l’épidémie» que représente le manque de sommeil chez les enfants, le réseau scolaire doit faire sa part, affirme une spécialiste de l’Université McGill qui a piloté un projet-pilote qui donne des résultats étonnants dans des écoles de la Montérégie.

Reut Gruber est chercheuse à l’Institut Douglas et professeure de psychiatrie à l’Université McGill. Elle n’est pas la seule à affirmer que le manque de sommeil chez les enfants est une véritable «épidémie»: «Nous savons que les impacts physiques et psychologiques sont très importants, il s’agit d’un véritable problème de santé publique», affirme-t-elle au cours d’un entretien avec Le Journal.

Reut Gruber - Chercheuse, Institut Douglas
Reut Gruber - Chercheuse, Institut Douglas

En début d’année, l’organisme Participaction en arrivait aux mêmes conclusions, en s’appuyant sur plusieurs études scientifiques. D’après une récente étude canadienne, environ un enfant sur trois ne dort pas suffisamment, si l’on se fie au nombre d’heures de sommeil recommandé.

 

AGGRAVER LE PROBLÈME

Rien d’étonnant puisque les parents sont aussi nombreux à réduire leurs heures de sommeil afin de boucler leur journée, souligne Mme Gruber. Les pratiques de gymnastique ou de hockey «à des heures pas possibles» en soirée et l’omniprésence des tablettes et autres télépho­nes intelligents jusque dans la chambre à coucher n’ont fait qu’aggraver le problème au cours des dernières années, ajoute-t-elle.

Or, le sommeil est «essentiel au bien-être», ajoute la chercheuse, et les enfants qui ne dorment pas assez s’exposent à plusieurs impacts négatifs (voir encadré).

PRENDRE DE BONNES HABITUDES

Alors que les écoles font depuis des années la promotion d’une bonne alimentation et de l’activité physique, la politique sur les saines habitudes de vie du ministère de l’Éducation ne contient aucune référence au sommeil. «C’est le néant», déplore Mme Gruber.

Pourtant, il est facile de miser sur le sommeil pour maximiser le potentiel des enfants et même améliorer leurs résultats scolaires, affirme la chercheuse qui a réalisé un projet-pilote concluant dans trois écoles primaires de la Montérégie (voir autre article).

En sensibilisant les élèves à l’importance d’avoir de bonnes habitudes de sommeil, ils sont parvenus à dormir plus longtemps et à mieux réussir à l’école.

«L’idée, c’est d’en faire une priorité. En termes de santé publique, c’est probablement une des interventions les moins coûteuses à faire», affirme Mme Gruber. Le contenu pour la classe est déjà prêt, il ne resterait qu’à former les enseignants.

UN PROBLÈME GRAVE

  • De 20 % à 40 % des jeunes enfants ont des problèmes de sommeil
  • Près de 50 % des jeunes de 14 à 18 ans souffrent d’un grave manque de sommeil
  • 24 % des élèves ont déclaré que leurs notes avaient chuté en raison d’un manque de sommeil
Source: Institut Douglas

IMPACT DU MANQUE DE SOMMEIL

  • affecte le système immunitaire
  • dérègle le système hormonal
  • peut mener à un gain de poids
  • risque plus élevé de diabète et de maladies cardiovasculaires
  • augmente le risque d’accidents
  • affecte la capacité de concentration
  • diminue la mémoire
  • augmente l’irritabilité et les sautes d’humeur
  • augmente les risques de développer des troubles mentaux

 

Apprendre aux élèves pour mieux réussir 

 

Pour améliorer les résultats scolaires, il suffit d’apprendre aux élèves... à bien dormir.
 
C’est la conclusion étonnante d’un projet-pilote mené par l’équipe de la chercheuse Reut Gruber dans trois écoles primaires anglophones de la Montérégie.
 
Pendant une période d’un mois et demi, à raison de deux heures par semaine, les élèves de la première à la sixième année ont été sensibilisés aux bonnes habitudes de sommeil par un programme éducatif qui mise, entre autres, sur les super­héros pour faire passer le message. Les parents ont aussi été mis dans le coup grâce à des rencontres et outils de sensibilisation.
 
Résultat: les élèves ciblés ont réussi à augmenter d’une vingtaine de minutes la durée de leur nuit et leurs résultats en mathématiques et en anglais se sont significativement améliorés.
 
« Accessible »
 
«Ce qui est étonnant, c’est à quel point c’est accessible. Vous n’avez qu’à prioriser le sommeil et le cerveau fait reste naturellement», affirme Mme Gruber.
 
Pour Gail Somerville, qui était jusqu’à tout récemment directrice des services complémentaires à la commission scolaire Riverside, il ne fait «aucun doute» qu’un tel programme peut faire toute la différence dans la vie des enfants.
 
Depuis des années, cette ex-enseignante est préoccupée par le manque de sommeil chez les élèves. «J’ai vu quels impacts cela peut avoir en classe», dit-elle.
 
Pour Mme Somerville, il est primordial de sensibiliser les enfants dès le primaire à l’importance du sommeil afin que les bonnes habitudes se prennent le plus tôt possible.
 
Des discussions se poursuivront cet automne à la commission scolaire Riverside afin d’étendre ce projet-pilote à d’autres écoles. 

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