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En Syrie, la fin d’une trêve de pacotille

Publié par MaRichesse.Com sur 21 Septembre 2016, 04:23am

Catégories : #SYRIE, #GUERRE, #MONDE

En Syrie, la fin d’une trêve de pacotille

Combien de Syriens, dont les derniers espoirs viennent d’être saccagés, se résoudront à réunir leur baluchon et à tenter, à leur tour, de traverser la Méditerranée? Combien d’enfants, bientôt réduits à manger des racines, verront leur haine grandir encore: à l’égard de ceux qui les bombardent; à l’égard de ceux qui ne les protègent pas; à l’égard de tous ceux qui détournent les yeux? C’est entendu depuis longtemps maintenant, la guerre en Syrie a des répercussions directes sur l’Europe et sur une bonne partie du reste du monde. Lorsque, au terme d’une semaine de trêve de pacotille, les bombes pleuvent sur les camions qui transportent nourriture et médicaments (la seule nourriture disponible, les seuls médicaments…), ce n’est pas seulement une affaire de droit, de morale et de décence. C’est aussi, pour les Occidentaux, l’obligation de se confronter à leurs propres responsabilités.

 

L’Américain John Kerry avait été très clair à ce propos, il y a quelques jours, lors de son dernier passage à Genève: conscient de l’ampleur du rôle qui lui était assigné, il était prêt à le jouer. Il lançait une ultime fois un pari de diplomate. Mais pas question de se faire berner, promettait-il. Si le régime syrien et son protecteur russe en venaient à tenter de le duper, il réagirait sans sourciller, mettant immédiatement fin à l’exercice.

La destruction délibérée d’un convoi humanitaire, lundi, n’est pas une duperie. C’est un affront, une immense gifle infligée au secrétaire d’Etat américain et à, travers lui, à tous ceux qu’il dit représenter. Hier, pourtant, John Kerry a donné l’impression de courber l’échine. Avec lui, à New York, Européens et onusiens ont fait la révérence: beaucoup de grands mots, rien de concret, rien de nouveau.

Une ultime soumission? Un effarant constat d’impuissance? Reste, en réalité, une autre hypothèse qui, si elle se révélait exacte, rendrait tout ce jeu encore bien plus sale qu’il n’en a l’air. Pour rappel: samedi dernier, les Américains ont commis une incroyable bavure, bombardant «par erreur» des positions de l’armée syrienne et tuant des dizaines de soldats. Par erreur, vraiment? Ou s’agissait-il d’un message presque transparent adressé à Bachar el-Assad et à ses soutiens? Perdue dans un fatras d’alliances, ne sachant à quel saint se vouer, la puissance américaine se serait décidée à jouer beaucoup moins franc qu’il n’y paraît. Dans cette guerre sans foi ni loi, Washington en viendrait à s’adapter, pour ainsi dire, aux mœurs locales. Une duplicité partagée à tous les étages? Au risque, dans ce cas-là, que les humanitaires, comme les Syriens, en paient aujourd’hui directement le prix sous forme de représailles. 

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