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En Afrique du Sud, la guerre des écolières aux coupes « afro »

Publié par MaRichesse.Com sur 2 Septembre 2016, 08:25am

Catégories : #AFRIQUE, #RACISME, #CHEVEUX, #ECOLE

 En Afrique du Sud, la guerre des écolières aux coupes « afro »
 

La guerre des cheveux est déclarée au Pretoria High School for Girls. Le corps enseignant du prestigieux lycée de filles de Pretoria est accusé de racisme par certaines élèves. Selon elles, même s’il n’est pas inscrit dans le règlement que les cheveux crépus doivent être lissés, en pratique, les professeurs se permettent remarques et sanctions. Les coupes de cheveux dites « afro » sont jugées peu soignées par les professeurs.

Une pétition en ligne a recueilli plus de 28 000 signatures depuis sa création, vendredi dernier. Le lundi 29 août, une manifestation, largement relayée sur les réseaux sociaux, a eu lieu devant le lycée Pretoria High, rassemblant une centaine d’étudiantes.

Des témoignages recueillis par les correspondants locaux de la BBC et du Guardian évoquent un racisme permanent, les étudiantes n’étant pas autorisées à se parler entre elles dans leur langue, alors que les étudiantes blanches de l’école ont le droit de s’exprimer en Afrikaan (la langue d’enseignement étant l’anglais). Deux jeunes filles de 17 ans interrogées par le Guardian racontent des scènes particulièrement édifiantes. L’une d’entre elles s’est entendue dire que sa coupe de cheveux « empêchait les autres d’apprendre ». Les deux se souviennent d’une autre élève, forcée de quitter la classe pour aller se « lisser les cheveux ».

Le ministre de l’éducation pour la province de Gauteng, Panyaza Lesufi, a visité l’école publique lundi et a ordonné une enquête indépendante. Sur la page Facebook officielle du département de l’éducation de la province, un communiqué résume des entrevues entre le ministre et les étudiantes. Le communiqué parle de « harcèlement », évoquant des moqueries permanentes de la part des élèves et des professeurs blancs, ainsi que d’une appréciation « arbitraire » du code de conduite de l’école, qui ne mentionne aucune coupe de cheveux spécifique mais simplement de « s’attacher les cheveux en arrière » dès qu’ils sont suffisamment longs.

En pratique, seules les coupes dites « africaines » (cheveux crépus, dreadlocks, tresses) sont critiquées par les professeurs. « Le code de conduite de l’école doit être revu et la clause concernant les coupes de cheveux doit être suspendue dans l’intervalle », a réclamé le ministère dans son communiqué. 

 

« Pourquoi devrait-on s’excuser d’être africaines ? »

Le lycée Pretoria Girls High, fondé en 1902, est à l’origine une école multiraciale, mais l’institution était réservée aux jeunes filles blanches pendant la période de l’apartheid, jusqu’en 1994, selon la BBC. D’anciennes élèves ont témoigné avoir subi des formes de racisme. L’une d’entre elle, dont le témoignage a été mis en ligne sur Twitterdemande : « Pourquoi devrait-on s’excuser d’être africaines ? »

La révolte des écolières de Pretoria Girls High a résonné jusque dans la classe politique. Le ministre des arts et de la culture, Nathi Mthethwa, a tweeté « L’école ne devrait pas être un lieu qui décourage les étudiants d’assumer leur identité Africaine ».

Le leader de l’Alliance démocratique (DA), principal parti d’opposition récemment victorieux dans plusieurs élections locales, a demandé dans un tweet : « Ma fille a des cheveux afro. Est-ce que cela signifie qu’elle ne serait pas admise au lycée de filles de Pretoria ? »

De son côté, la ligue des femmes de l’ANC, le parti de Nelson Mandela au pouvoir depuis 1994, a publié un communiqué condamnant le règlement de l’école, l’interdiction faite aux jeunes filles d’échanger dans leur langue, mais également la gestion « musclée » de la manifestation de lundi par le service de sécurité de l’école. « Les Sud-Africains ne devraient tolérer aucune forme de racisme et travailler à faire disparaître le racisme structurel des écoles autrefois réservées aux blancs. »


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