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Dalaï-lama : "Le XXIe siècle doit être celui du dialogue"

Publié par MaRichesse.Com sur 13 Septembre 2016, 04:53am

Catégories : #RELIGION, #POLITIQUE, #PEOPLE, #MONDE

Dalaï-lama : "Le XXIe siècle doit être celui du dialogue"

Le dalaï-lama est en visite en France, et c'est un événement. À 81 ans, selon deux sondages récents, le Prix Nobel de la paix 1989 reste, pour les Français, la personnalité qui incarne le mieux la lutte pour la paix et la non-violence dans le monde. Le chef spirituel des Tibétains n'était pas venu en France depuis cinq ans. Il y reste une semaine, et va donner une série de conférences et de rencontres, à Paris et à Strasbourg, sur le droit, l'environnement, les rapports entre corps et sciences et, moment phare, le dialogue interreligieux au Collège des Bernardins, le prestigieux centre de conférences qui dépend du diocèse de Paris. Tenzin Gyatso est très attendu par nombre de personnalités, de tous horizons, mais il ne sera accueilli ni par le président François Hollande ni par le ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault – sans doute pour ne pas froisser la Chine. Sur le plan politique, une simple rencontre avec les parlementaires du groupe d'amitié franco-tibétain est prévue au Sénat. Levé à trois heures du matin, et après ses quatre heures quotidiennes de méditation par lesquelles il commence toute journée, le dalaï-lama a reçu Le Point – en compagnie de La Croix et de l'AFP – pour son unique interview en France, dans le palace où il est hébergé (grâce à la générosité d'un mécène et de l'hôtelier) au cours de son séjour à Paris. 

 

Le Point.fr : Vous arrivez dans un pays soumis à de très fortes pressions tous azimuts. Avez-vous une recette pour apaiser les Français ?

Sa Sainteté le dalaï-lama : Il n'y a pas que la France qui soit un pays sous tensions. Partout dans le monde, les pressions se multiplient. La crainte et l'inconfort sont assez généraux, malheureusement. C'est pourquoi nous devons travailler à élever l'être humain, notamment par l'harmonie des religions. Tout événement tragique peut être réduit si l'on s'attaque durablement aux causes profondes qui le produisent. 

 

Comment parler actuellement du bonheur en France ?

Dans les pays très développés, où la culture matérialiste a une forte influence, les nouvelles technologies peuvent avoir un rôle aidant. En Occident, vous avez plus de facilités. Vous bénéficiez de plus de confort physique, mais pas forcément mental. Si tout le monde accède au développement matériel, tout sera résolu. L'argent doit être un moyen de promouvoir la paix. L'intelligence combinée à la compassion doit servir les valeurs humaines. Mais une compassion uniquement fondée sur la foi a ses limites. Elle doit prendre appui sur des valeurs fondamentales qui concernent tout le monde. Et cela, c'est l'éducation qui le permet. 

 

Que pensez-vous de la Miséricorde dont le pape Francois a fait le cœur de son pontificat ?

Mais évidemment, c'est excellent ! Tout ce qui développe la compassion, l'amour pour rendre le monde meilleur est important. Tous les messages de tolérance, de pardon sont les bienvenus. La miséricorde, voilà un mot formidable ! 

 

Regrettez-vous de ne pas serrer la main de François Hollande ?

Les personnes sont plus importantes à mes yeux que les dirigeants. À Bruxelles, Paris et Strasbourg, ces jours-ci, je rencontre une foule de personnes. Si serrer la main d'un président me permettait d'accéder au paradis, j'aurais été ravi de le faire. Mais ce n'est pas le cas, je pense (rires). 

 

Vous rencontrez très peu de dirigeants politiques pendant cette semaine, sauf Emmanuel Macron qui vous a rendu visite hier. Qu'avez-vous pensé du nouveau phénomène de la politique française ?

Quand je rencontre une personne, je regarde son niveau d'humanité pas sa position sociale ou politique. Je n'ai eu qu'un bref échange avec lui, il avait l'air d'une bonne personne. Mais j'aurais besoin de plus de temps pour évaluer davantage ce qu'il est. 

 

La « voie moyenne » vous semble-t-elle toujours le meilleur moyen de négocier avec la Chine et de préserver les intérêts tibétains ?

Oh oui ! J'ai beaucoup d'amis chinois, qui sont professeurs ou étudiants. Quand nous nous rencontrons, il nous est très facile de devenir amis. Quand on reste dans une voie du milieu en diplomatie, comme dans d'autres domaines, tout le monde est gagnant. Si l'on va vers l'autre avec l'idée de gagner ou de perdre, la rencontre est plus difficile. Les positions extrêmes sont vouées à l'échec. L'avenir passe par le dialogue et la réconciliation. 

 

Êtes-vous le dernier dalaï-lama indépendant ? Craignez-vous pour l'avenir de cette institution ?

Ce n'est pas très important, vous savez. L'institution du dalaï-lama et le bouddhisme tibétain sont très très anciens. J'ai apporté ma contribution. Mais le bouddhisme ne dépend pas d'une seule personne. L'essentiel est que la connaissance, les émotions, aidées maintenant par les neurosciences, fassent leur chemin dans les esprits. Chacun doit se sentir responsable pour apporter sa contribution à un monde meilleur, une humanité plus épanouie. C'est cela la source du bonheur. Les circonstances extérieures participent de notre bonheur et de notre malheur. Mais si à l'intérieur de notre esprit nous avons l'impression que le monde extérieur nous en veut, qu'il est notre ennemi, notre environnement s'en trouvera affecté. La détérioration de notre état intérieur à chacun a une influence sur le monde qui nous entoure. Si chaque individu se sent bien en lui-même, le monde n'en sera que meilleur. Mais, attention, nous avons besoin de nous sentir collectivement responsables de ce qui nous arrive. Nous devons agir en citoyens du monde, nous devons former un seul monde. 

 

Comment percevez-vous la politique européenne sur les migrants ?

Moi-même, j'ai connu une telle situation. J'ai vécu ces souffrances, et le désir aussi qu'ont ces êtres humains de vouloir un jour retourner dans leurs pays. Ce sont là des situations terribles. Il y a trop de morts, parmi lesquels des enfants innocents. Vous, Européens, devez donner à ces réfugiés les moyens de leur éducation. On ne s'en sortira que de cette façon. Après, ils pourront retourner dans leurs pays respectifs et les libérer. C'est l'enjeu fondamental : comment ces hommes et ces femmes pourront-ils apporter la paix dans leurs propres pays ? Quand tout le monde se mélange, c'est mieux pour créer un monde. L'intelligence humaine est la source du bonheur ou de la tristesse. Quand l'intelligence se combine avec la compassion elle devient sagesse, et produit la paix. Le XXIe siècle doit être celui du dialogue. Et le seul moyen d'y parvenir est de promouvoir l'éducation. Quand un enfant naît, il ne sait ni lire ni écrire. Moi-même quand j'étais jeune, je préférais m'amuser plutôt qu'étudier (rires cristallins). Mais grâce à l'éducation, j'ai découvert l'étude et le bonheur d'apprendre. Tout le monde a un rôle à jouer dans cette affaire. Nous devons tous nous servir de notre intelligence, et en particulier vous, médias, pour élever les esprits. 

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