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Conseils, science, sante et bien-être


Comment s'alimenter pendant la grossesse ?

Publié par MaRichesse.Com sur 3 Septembre 2016, 10:18am

Catégories : #GROSSESSE, #NUTRITION, #ALIMENT, #SANTE-BIEN-ETRE

Comment s'alimenter pendant la grossesse ?
Selon le docteur Christine Van Egroo-Didier*, il faut manger de tout, avoir des repas structurés mais quelques spécificités de la grossesse rendent certains aliments nécessaires voire indispensables.

 

La grossesse correspond à une période où la «future maman» s'interroge sur le meilleur à apporter à son enfant. Parmi toutes les recommandations et conseils qui lui sont prodigués, il est souvent difficile de faire la part des choses.

Doit-on manger pour deux? La réponse est ambiguë: oui et non! Oui, car tout ce que la future maman ingère sera transmis à son bébé et donc la qualité de son alimentation sera primordiale. De la même façon, l'éveil et l'acceptation des goûts du futur nourrisson commencent par là.

Non, car les quantités doivent être modérément augmentées et surtout au premier trimestre, où l'augmentation des besoins liés à la grossesse est très faible. Correspondant à l'équivalent d'un yaourt supplémentaire, cela ne devrait pas entraîner une prise de poids supérieure à 2 ou 3 kilos en trois mois.

En effet, contrairement à ce que l'on peut croire, il faut éviter de prendre trop de poids pendant la grossesse pour deux raisons majeures, la première étant qu'une prise de poids importante constitue un des facteurs qui influencent le bon développement du fœtus avec des risques notamment pendant la grossesse (diabète gestationnel…) mais également sur le long terme avec un risque accru pour l'enfant de surpoids dès l'âge de 7 ans voire de diabète à l'adolescence (Wrotniak, 2008). 

 

Des besoins en fer augmentés

La deuxième raison concerne la maman: le surplus de poids (au-delà de 10 kg) est beaucoup plus difficile à perdre après la grossesse et la maman peut garder les quelques kilos supplémentaires jusqu'à la grossesse suivante, majorant ainsi son poids de départ et donc les risques liés au surpoids avant la grossesse.

La prise de poids durant les neuf mois ne répond donc pas à une règle unique, elle dépend avant tout du poids avant la grossesse et peut aller d'une prise de moins de 5 kilos à 15 kilos voire plus en cas de grossesse gémellaire! Globalement, la femme enceinte n'a pas à modifier ses habitudes alimentaires si celles-ci sont déjà bien équilibrées. En revanche, c'est une occasion idéale de le vérifier et de faire les corrections nécessaires car elles auront un double effet positif: pour soi et pour le bébé.

Il faut donc manger de tout, avoir des repas structurés: un petit déjeuner, un déjeuner, un dîner, une ou deux collations. Manger de tout, certes, mais quelques spécificités de la grossesse rendent certains aliments nécessaires voire indispensables.

Les besoins en fer sont augmentés, et ceci est d'autant plus important que la femme est souvent carencée en fer en début de grossesse. Le fœtus, lui, «se servira» et c'est la future maman qui verra ses stocks encore diminuer. Or, nous le savons, cette carence aggrave la fatigue déjà fréquente après l'accouchement. Ce déficit préexistant est majoré quand la femme n'est pas immunisée contre le toxoplasme. En effet, un des modes de contamination se fait par l'ingestion de viande pas assez cuite et la future maman aura tendance à supprimer ses apports en viande et donc en fer assimilable rapidement. Or les kystes comme le toxoplasme disparaissent à une surgélation à - 21 °C. Utiliser de la viande surgelée (à décongeler au frigidaire) et y associer des légumineuses avec un jus de citron permet de maintenir des apports en fer adéquats. 

 

Du poisson gras deux ou trois fois par semaine

Les besoins en calcium aussi sont nettement augmentés: les laitages à chaque repas et lors des collations restent le moyen le plus simple d'apporter les quantités nécessaires tout au long de la grossesse. Petit rappel sur la prévention de la listériose: éviter les laitages au lait cru et les fromages à croûte fleurie mais également les produits mal réfrigérés.

Les lipides oméga 3 sont nécessaires au bon développement du cerveau de notre futur bébé. On en trouve dans les huiles végétales mais également dans les poissons gras, que la future maman devrait manger deux ou trois fois par semaine en variant le type de poisson ; l'objectif étant de diminuer l'apport des acides gras saturés que l'on retrouve dans les plats industriels, les viandes grasses, les charcuteries, les viennoiseries…

Les fruits et légumes consommés quotidiennement, après avoir été soigneusement lavés, apportent les vitamines indispensables (comme la vitamine B9, la vitamine C) et des fibres qui préviennent la constipation, plus fréquente durant la grossesse. Des apports hydriques de 2,5 à 3 litres au quotidien comme en dehors de la grossesse constituent un objectif dont 1 litre est contenu dans nos aliments et 1,5 à 2 litres d'eau. Un apport hydrique suffisant peut aussi éviter l'infection urinaire, plus fréquente également durant la grossesse. En revanche, les boissons alcoolisées sont interdites.

Une bonne alimentation s'intègre dans un bon équilibre hygiéno-diététique global avec une activité physique quotidienne, marche en particulier. Si un sport est habituellement pratiqué, il faudra l'adapter en fonction du terme de la grossesse.

La grossesse n'est pas une maladie, l'alimentation doit pouvoir rester un plaisir. C'est pourquoi quelques règles simples permettent d'éviter les pièges liés aux carences ou à l'excès de poids qui feront basculer ce moment si merveilleux de la conception du futur enfant en un stress inutile et délétère pour la mère comme pour l'enfant.

* Service de gynécologie-maternité, Centre hospitalier des Quatre Villes, site de Saint-Cloud. Membre du comité scientifique du congrès In Utero et du premier colloque «Grossesse mode d'emploi» le 30 septembre 2016, à Paris, ouvert aux couples en désir d'enfant 

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