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Comment les hausses d’impôts ont plombé le quinquennat Hollande

Publié par MaRichesse.Com sur 5 Septembre 2016, 03:11am

Catégories : #POLITIQUE, #FRANCE

Comment les hausses d’impôts ont plombé le quinquennat Hollande

Selon l’OFCE, les hausses d’impôt sur les ménages se sont élevées à 35 milliards entre 2012 et 2017. Cette augmentation des prélèvements était « incompatible » avec une baisse du chômage.

Si pour Jean-Christophe Cambadélis, le premier secrétaire du PS, le bilan de François Hollande est « globalement positif », paraphrasant Georges Marchais sur le bilan de l'URSS, tout le monde ne partage pas cette opinion. C'est le cas des économistes de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) qui se sont penchés sur les chiffres en début et en fin de quinquennat (voir document ci-dessous).

Ils font un constat : malgré un recul au cours des derniers trimestres, mi-2017, le nombre de chômeurs au sens du Bureau international du travail (BIT) devrait rester supérieur de 100.000 à son niveau du deuxième trimestre 2012, c'est-à-dire quand François Hollande est arrivé au pouvoir. Selon les prévisions de l'OFCE, le nombre d'emplois aura augmenté de 720.000 en cinq ans mais cela ne sera pas suffisant pour réduire le chômage, étant donnée la démographie française.

« Il aurait fallu être plus clair »

« Les choix budgétaires faits pendant ce quinquennat ont eu pour objectif de réduire les déficits publics et la dette mais ils ont aussi été le facteur principal de la hausse du chômage à court terme », déplore Xavier Ragot, président de l'institut. Pour cet économiste, le pêché originel du quinquennat a été l'augmentation massive des prélèvement en début de mandat.

« Les effets récessifs des hausses d'impôts ont été sous-estimés et la volonté de rééquilibrage des finances publiques était incompatible avec un recul du chômage. Il aurait fallu être plus clair. Ainsi, les mesures en faveur de l'emploi n'ont pas permis de compenser la puissante contraction de la demande », estime le patron de ce think tank de gauche pour qui « la stabilisation de la dette publique était nécessaire. C'est le rythme de réduction des déficits qui a posé problème », ajoute l'économiste keynésien.

Une politique en faveur des entreprises

La consolidation budgétaire française et européenne aurait ainsi eu un impact négatif de 0,8 point de PIB par an depuis 2012. Les prélèvements ont augmenté de 27 milliards d'euros quand on compare la dernière année du quinquennat à la première. Mais cette hausse a été extrêmement différenciée entre ménages et entreprises. La hausse des prélèvements obligatoires pour les ménages est estimée à 35 milliards d'euros entre 2012 et 2017 alors que la pression fiscale a reculé de 20,6 milliards pour les entreprises, selon les calculs de l'OFCE.

Le déficit public a reculé de 2 points de PIB au cours du quinquennat et la dette publique a été stabilisée autour de 96 % du PIB mais c'est le pouvoir d'achat des ménages qui en a pâti. Cela a permis au gouvernement de financer une politique en faveur des entreprises. « Le taux de prélèvement obligatoire est désormais historiquement haut pour les ménages et historiquement bas pour les entreprises », affirme Mathieu Plane, économiste à l'OFCE.

Les 41 milliards d'euros de baisses de charges mises en oeuvre avec le Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) et le Pacte de responsabilité, conjugués avec la baisse du prix du pétrole, ont permis aux marges des entreprises de remonter. « Le taux de marge dans l'industrie a atteint un niveau comparable aux records historiques du début des années 2000 », rappellent les économistes de l'OFCE. Le problème, c'est que « les politiques de compétitivité et de soutien aux entreprises ont des effets faibles à court terme et importants à long terme (5 ans), tandis que les politiques de hausse d'impôt ont des effets importants à court terme », jugent-ils. D'où le fait que les résultats sur l'emploi ne se fassent sentir que depuis peu.

POUR EN SAVOIR PLUS :

DOCUMENT L'étude de l'OFCE

 


 

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