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Clinton-Trump : le face-à-face de deux Amérique

Publié par MaRichesse.Com sur 27 Septembre 2016, 10:30am

Catégories : #POLITIQUE, #ETATS-UNIS

Clinton-Trump : le face-à-face de deux Amérique

Le débat télévisé, ce lundi soir, entre les deux rivaux, n'est que l'ombre portée d'un clivage profond dans la société américaine.

Correspondant à Washington

Barack Obama ne perdra pas une miette du premier face-à-face télévisé, lundi soir, entre sa favorite démocrate et un républicain «qui a cessé de le faire rire», comme l'écrit Politico. Devant la montée en puissance de Donald Trump, désormais au coude-à-coude avec Hillary Clinton dans les sondages, le président sortant constate que «l'espoir» nourri par son élection en 2008, censée faire entrer les États-Unis dans une ère «postraciale», ne s'est jamais matérialisé. Bien au contraire, les divisions se révèlent plus à vif aujourd'hui. Obama reconnaît qu'il existe une Amérique avec laquelle il n'a jamais établi le contact et que le retour de bâton pourrait le forcer à remettre les clefs du Bureau ovale à un milliardaire populiste incarnant son antithèse absolue.

Il est bien tard pour se demander si Hillary Clinton est la candidate capable de relever ce défi. Ses rassemblements électoraux respectent tous les critères de la politique à l'ancienne, devant des audiences limitées, curieuses de ses propositions, mais souvent plus motivées par la peur de Trump que par l'enthousiasme à son endroit. Inversement, ce que le promoteur immobilier appelle son «mouvement» bénéficie d'une base militante très motivée, qui emplit de vastes auditoriums et hurle son rejet du «politiquement correct».

 

Les sentiments qui se manifestent dans ses rassemblements électoraux sont résumés dans ce que les analystes appellent «la colère de l'homme blanc». Le terme est entré dans l'Oxford English Dictionary en 2006 et a donné lieu à divers ouvrages. Le sociologue Michael Kimmel (1) le définit comme «le sentiment d'être lésé (…) de ceux qui travaillent dur et respectent la loi mais voient la rétribution qu'ils escomptaient leur être volée» par d'autres.

Wayne Allyn Root, ancien candidat libertarien à la vice-présidence, chroniqueur «évangélique et capitaliste» qui accompagne régulièrement Trump sur les podiums, dénonce dans un livre paru en août (2) «les politiques injustes, le politiquement correct et le racisme inversé - ressentis au niveau des élections, du logement, des armes, des impôts, des réglementations et de l'emploi - qui oppressent et font disparaître la classe moyenne». Il n'est pas rare d'entendre des commentateurs républicains, comme Michele Bachmann, ancienne élue du Minnesota au Congrès, mettre en garde sur le fait que cette élection «est la dernière», une référence implicite au déclin de la population blanche dans le pays.

De fait, la base électorale de Trump est plus blanche, plus masculine, plus rurale, moins éduquée et plus âgée que celle de Clinton, qui compte sur les femmes, les minorités, les citadins, les jeunes et les diplômés. D'aucuns la comparent à la «révolution jacksonienne», qui avait porté Andrew Jackson, un planteur populiste du Tennessee, à la Maison-Blanche en 1829. Il s'agissait déjà de «reprendre aux élites le contrôle du pays», pour le rendre à une plèbe «déplorable», comme l'a qualifiée Hillary Clinton. Lors de l'investiture de Jackson, des milliers de citoyens venus de l'Ouest avaient investi la résidence du président, brisant un peu de vaisselle et essuyant la boue de leurs chaussures sur les tapis et les fauteuils.

L'élection du 8 novembre montrera si le «mouvement» de Trump est assez large pour donner corps à sa propre révolution. Mais «son impact préjudiciable à notre processus politique promet de durer», note Tommy Vietor, un ancien conseiller d'Obama. En cas de défaite du républicain - une hypothèse qu'il a dénoncée d'avance comme impliquant le «truquage» des urnes -, il paraît improbable que la colère s'éteigne avec les projecteurs de la campagne. Toute la question est de savoir comment Trump et ses alliés l'exploiteraient. 

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