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Clinton : nous, présidents...

Publié par MaRichesse.Com sur 24 Septembre 2016, 17:21pm

Catégories : #PEOPLE, #POLITIQUE

Quand ils se sont connus, ils se sont aussitôt reconnus. C’est une ambition politique démesurée qui cimente le couple Clinton et lui a permis de résister aux échecs et aux scandales. Aujourd’hui aux portes de la Maison-Blanche, Hillary Rodham Clinton peut compter sur ce partenariat inoxydable.
 

Clinton : nous, présidents...

Quand les Clinton sont arrivés à la Maison-Blanche, en 1993, il fallut rapidement éclaircir un point délicat : comment désigner l'épouse du président ? Mme Clinton ? Mme Rodham Clinton ? Aucune formule ne convenant tout à fait, le choix se porta plus simplement sur « Hillary ». Mais la question protocolaire ne fut jamais vraiment tranchée. Vingt-cinq ans plus tard, la voilà qui ressurgit, presque à l'identique. À supposer qu'Hillary Clinton, après avoir surmonté ses problèmes de santé des dernières semaines, soit élue présidente, Bill sera-t-il « First gentleman » ? « M. Clinton » ? Ou, comme le veut la tradition avec les anciens chefs de l'État aux États-Unis... « M. le président » ? Auquel cas, en janvier prochain, après la prestation de serment, il y aurait deux « présidents » à la Maison-Blanche.

La situation serait inédite. Mais pas surprenante, s'agissant des Clinton. Ce sont eux qui ont inventé, voilà un quart de siècle, le concept de coprésidence. « Ils ne ressemblent pas vraiment à une famille. On dirait plutôt une coentreprise », avait déjà pointé un congressman républicain en 1992. Bill et Hillary se sont toujours pensés comme un « partnership », concevant ce qu'ils appellent eux-mêmes leur « voyage » dans la vie comme une entreprise dont ils partageraient la stratégie, la direction et les profits. Le couple et la politique ont toujours été pour eux une seule et même affaire. Au point que malgré quarante ans de vie commune, le doute subsiste : amour ou ambition ?

« Ce sera Hillary ou personne »

 

©RON FREHM/AP/SIPA

Aucun des deux ne serait devenu ce qu'il est sans l'autre, c'est une évidence. Une plaisanterie qui circulait dans les années 1990 a récemment refait surface. En voiture, Bill et Hillary Clinton s'arrêtent à une station-service. Hillary reconnaît le pompiste - elle sortait avec lui au lycée. « Tu vois, lui dit Bill, si tu étais restée avec lui, tu travaillerais dans une station-service. » « Non, répond-elle. C'est lui qui serait devenu président. » En réalité, la blague fonctionne dans les deux sens. L'apport de Bill dans ce qu'est devenue Hillary est tout aussi essentiel. Et il va bien au-delà de sa seule notoriété. C'est au pire de l'affaire Lewinsky qu'Hillary Clinton a pris la décision de se lancer en politique, à la fois dans l'espoir de racheter ce qu'elle voyait comme « leur » présidence, et parce qu'après avoir été la femme la plus haïe du pays, elle jouissait d'avoir conquis une popularité aussi subite qu'historique.

Les très nombreux biographes des Clinton aiment lire dans le récit de leur jeunesse l'annonce d'une réussite stupéfiante. Étudiante, Hillary répétait à qui voulait l'entendre que Bill deviendrait un jour président. On sait moins qu'il disait la même chose d'elle. Comme Bill l'a longuement raconté sur la scène de la convention démocrate à Philadelphie, sous un tonnerre d'applaudissements, c'est elle qui fit le premier pas, un soir à la bibliothèque de droit de l'université de Yale. Elle s'est simplement présentée au colosse barbu qui la suivait depuis plusieurs jours sans oser l'aborder. Elle fut si directe qu'il en perdit ses mots, malgré son allure de Viking, ses 110 kg pour 1,88 m. Bill était sociable, jouait du saxophone, idolâtrait JFK et voulait faire de la politique dans son pays de l'Arkansas où, aimait-il répéter, « les pastèques sont les plus grosses du monde ». Fraîchement diplômée de l'université privée pour jeunes filles très select de Wellesley, Hillary était déjà la vedette du campus. Son discours militant, lors de la remise des diplômes, lui avait valu un portrait dans un grand magazine national, Life. Issue d'une famille de la classe moyenne républicaine du Midwest, elle portait de grosses lunettes, les cheveux longs et des pantalons rayés, et jurait ses grands dieux que jamais elle ne pratiquerait le droit des entreprises...

 

©Chris Ocken/AP/SIPA

Génération oblige, tous deux veulent changer le monde. Mais pas de la même façon. « Il était à Yale pour se faire des relations, raconte Robert Reich, camarade de l'époque devenu par la suite ministre du Travail. Hillary était plus disciplinée, plus intellectuelle. » Choisie pour travailler sur la destitution de Nixon, Hillary semble alors promise à un brillant avenir - elle est déjà une icône féministe. Trois fois, elle refuse la demande en mariage de Bill, il est vrai contrarié à l'idée qu'elle sacrifie sa carrière future pour le suivre dans un Etat arriéré où les femmes restent à la maison. « Si tu voulais faire de la politique, tu serais très certainement élue, admet-il un jour. Mais je dois rentrer chez moi, c'est ce que je suis. » Pour ne rien arranger, Bill est déjà infidèle. Alors qu'il sillonne l'État pour les législatives de 1974, il collectionne les maîtresses. « Les filles lui tombaient dans les bras comme s'il avait été une rock star... et toute sa vie ce serait la même chose », se souvient Betsey Wright, qui dirigea plusieurs de ses campagnes. Il n'a aucune intention de changer, mais n'entend pas non plus renoncer à celle dont il a besoin. « Ce sera Hillary ou personne, explique-t-il à sa mère. Je n'ai pas besoin que ma femme soit une reine de beauté ou une bombe sexuelle. Je vais consacrer ma vie à la politique et au service public et j'ai besoin de quelqu'un qui soit vraiment prêt à retrousser ses manches et m'aider. » En 1975, au grand dam de ses amies et collègues désespérées de la voir s'enterrer en Arkansas, Hillary cède. « Elle savait que Bill avait moins de chance de se convertir à la monogamie que de devenir un jour président », résume le journaliste star Carl Bernstein, l'un des biographes d'Hillary.

« Je me demande si on a élu le bon Clinton »

 

©J. Scott Applewhite/AP/SIPA

La mécanique du couple Clinton, à l'oeuvre pendant les quarante années suivantes, se met en place dès cette époque. Ayant fait une croix sur sa propre carrière, Hillary se jette à corps perdu dans la construction de leur rêve commun. À Little Rock, elle devient la tête pensante de Bill, son directeur de campagne, son conseiller technique. Elle donne son avis sur tout, depuis ses discours jusqu'aux endroits où il doit prendre la parole, échafaude des plans pour faire tomber l'ennemi. Elle élabore la stratégie de la « campagne permanente ». « Elle était l'ancre et lui la voile, dira plus tard un de leurs conseillers, David Gergen. Elle était le stratège, lui le tacticien. » Les équipes de son mari la jugent intrusive et intransigeante, mais lui, le plus souvent, prend son parti. Bien avant le fameux slogan « Deux pour le prix d'un » qui fit fureur en 1992, l'année de son élection, il voit l'impressionnant pedigree de sa femme comme un atout. C'est d'ailleurs à elle qu'il confie sa première grande réforme de l'éducation - ce qui lui valut la remarque restée célèbre du représentant au Parlement d'Arkansas Lloyd George, en 1983 : « Ma foi, je me demande si on a élu le bon Clinton ! » Mais leur façon de fonctionner fait déjà grincer des dents. Lorsque Bill perd son siège de gouverneur, c'est sa femme qui est pointée du doigt. « Elle n'était pas conventionnelle, se souvient John Brummett, qui suivait alors Clinton pour l'"Arkansas Gazette". Elle utilisait son nom de jeune fille, ne faisait pas attention à son apparence et avait de grosses lunettes. Et puis elle lisait des livres pendant les matches de foot. » Sous la pression des conseillers de Bill, elle finit par adopter un style plus traditionnel, prend le nom de son mari, opte pour les lentilles de contact et joue les maîtresses de maison dans la presse locale - elle travaille son accent de l'Arkansas.

Consciente de la précarité de leur situation matérielle, c'est encore elle qui veille à assurer leurs arrières. Passant outre les risques de conflits d'intérêts, elle quitte son modeste poste d'enseignante à l'université d'Arkansas pour intégrer un prestigieux cabinet d'avocats d'affaires de Little Rock alors que Bill vient d'être élu procureur. Puis elle se met en tête de faire fructifier leur petit pécule en s'associant avec un banquier local dans le projet immobilier Whitewater, sans se douter que ce business, où le couple perdit de l'argent, leur causerait tant de soucis, sa faillite se transformant en scandale. Elle dira toujours à ce sujet avoir voulu préparer l'avenir, et s'assurer qu'elle pourrait payer les études de sa fille Chelsea, née en 1980 - un sujet qui ne préoccupe nullement son mari à ce moment-là. « Elle est celle qui se lève le matin avec un nuage noir au-dessus de la tête et lui commence sa journée avec un soleil radieux, raconte un reporter photo qui les a suivis à cette époque. À mesure que la journée avance, c'est lui qui déprime et elle qui lui remonte le moral. »

 

©Seth A. McConnell/AP/SIPA

Les femmes, talon d'achille de Bill

Mais le véritable danger pour leur projet commun, ils le connaissent tous les deux : ce sont les femmes. Les aventures de Bill ne sont un secret pour personne en Arkansas, où les noms de Gennifer Flowers et de Paula Jones circulent déjà. C'est la crainte de révélations nationales qui oblige Bill à renoncer aux primaires de 1988, et ce n'est qu'après avoir constitué une « section de défense », prête à désamorcer toute révélation gênante, que le couple se lance, quatre ans plus tard. Pour mener leur rêve à son terme, Hillary devient le meilleur alibi de son mari, prête à décrédibiliser toutes celles qui pourraient le menacer. « Je suis là parce que je l'aime et que je le respecte », martèle-t-elle en lui tenant la main devant les caméras, alors qu'à quelques mois du scrutin de 1992, l'affaire Gennifer Flowers est sur le point de tout gâcher.

S'il avait évité de parler trop explicitement de « coprésidence » pendant la campagne, Bill Clinton la met en application dès son arrivée à la Maison-Blanche. Hillary fait passer les entretiens pour les postes de ministre, il l'impose aux réunions de cabinets. « Elle en sait davantage sur beaucoup de ces dossiers que la plupart d'entre nous », explique-t-il à ses conseillers médusés. Alors qu'elle convoite carrément le bureau du vice-Président, il l'installe dans l'aile ouest, celle du pouvoir. Une première historique : d'ordinaire, les Premières dames évoluent dans l'aile est, l'aile mondaine. Puis, contre l'avis de son administration, il lui confie la réforme la plus importante de son mandat : celle de l'assurance-santé. Hillary n'a pas de fonction officielle, pas de titre, pas même un salaire, mais déjà beaucoup d'ennemis. Persuadée que leur couple a été choisi pour réinventer la pratique politique, elle multiplie les erreurs. Pour un projet aussi ambitieux que la création d'une assurance-santé universelle, elle estime devoir passer en force, court-circuiter les élus qui risqueraient de vouloir altérer leur grand dessein - y compris les démocrates. Erreur. Très vite, elle se heurte aussi aux tenants de l'orthodoxie budgétaire qui entourent son mari et jugent sa réforme trop coûteuse - c'est l'époque où Hillary est vue comme une gauchiste ! Ses opposants surnomment son équipe « les bolcheviks » ; elle les voit comme une excroissance de Wall Street.

À ces difficultés s'ajoutent des impairs commis par le couple à son arrivée à Washington. Malgré les mises en garde, les Clinton n'ont intégré dans leur staff qu'un petit nombre de vieux routiers de la capitale et privilégié leurs proches. Attachés à leur esprit d'équipe de campagne, ils reçoivent peu, omettent de cultiver les cercles politiques, sociaux et médiatiques qui auraient pu appuyer leur réforme. Ils se sont maladroitement mis à dos la presse en condamnant l'accès qui permettait depuis vingt-cinq ans aux journalistes de se rendre dans l'aile ouest de la Maison-Blanche - une initiative d'Hillary, obsédée par la protection de leur vie privée et de leurs secrets de couple. Pour les mêmes raisons, elle refusera catégoriquement de fournir des renseignements sur l'affaire somme toute assez bénigne de Whitewater et son obstination mènera tout droit à la nomination du procureur spécial Kenneth Starr. Pour Hillary, la transparence signifie les scandales. Et avec eux l'effondrement de leur édifice si patiemment construit.

Le retour en grâce de l'épouse bafouée

 

©MediaPunch/Shutterstock/SIPA

Le fiasco de l'« Hillarycare », qui coûte aux démocrates la majorité au Congrès, mit fin à la coprésidence. Pestiférée, Hillary fut condamnée à une sorte d'exil, dont elle ne sortit véritablement qu'avec l'affaire Lewinsky. Paradoxalement, c'est l'acharnement du procureur Kenneth Starr, qui avait juré d'avoir la peau des Clinton, du dossier Whitewater jusqu'à l'accusation de parjure dans l'affaire Lewinsky, qui la remet en selle. Sa détermination à défendre son mari dans les moments les plus sordides la rend subitement sympathique aux yeux du public. En 1998, sa cote de popularité atteint ainsi 70%, le double de ce qu'elle était au moment du projet de réforme de la santé. Au moment où la procédure de destitution de son mari est rejetée au Congrès, Hillary songe déjà à devenir sénatrice de New York. Moins par vengeance que par désir de sauver ce qu'aurait dû être à ses yeux la présidence Clinton. « Les deux décisions les plus difficiles de ma vie ont été de rester mariée à Bill Clinton et de me présenter au Sénat pour l'État de New York », affirme-t-elle dans son autobiographie.

Alors qu'il est encore président, Bill se dit prêt à devenir pour elle le même auxiliaire dévoué qu'elle a été pour lui. Les rôles s'inversent naturellement. Il fait campagne pour elle, lève des fonds, lui apporte l'émotion qui fait tant défaut à ses interventions cérébrales. Élue haut la main en 2000, elle travaille de son côté à sa propre transformation. Soucieuse de faire profil bas, elle accepte le modeste bureau qu'on lui propose dans le sous-sol de la chambre haute, approche en priorité les anciens ennemis des Clinton, et se plie aux us et coutumes de l'institution. En quelques années, elle passe du statut d'épouse bafouée à celui de leader du parti. En 2008, elle pense son heure enfin venue. Mais, comme l'histoire l'a montré, les Clinton sont parfois d'encombrants partenaires l'un pour l'autre. Bill, qui cherche la rédemption, tend à rejouer sa propre campagne à travers celle de sa femme - au point que Barack Obama se demande publiquement lequel des deux est son adversaire. Imprévisible, Bill multiplie les gaffes et traite Obama de « gamin », ce qui lui vaut d'être accusé de racisme. La défaite d'Hillary aux primaires, au printemps 2008, est lue comme l'échec du couple.

 

©SIPA

Une « marque » qui rapporte

En voulant faire bouillir la marmite - comme Hillary l'avait fait vingt ans plus tôt - Bill va créer une nouvelle source de problèmes. À partir de 2001, il développe une lucrative petite activité autour de sa personne : il monnaie ses apparitions, vend ses mémoires à prix d'or et enchaîne les contrats de consulting. Il lui arrive de toucher 200 000 dollars pour un discours, soit un an de traitement de président... « Je n'ai jamais eu un sou à moi jusqu'à mon départ de la Maison-Blanche, et maintenant je suis millionnaire », plaisante-t-il en 2006. Les Clinton ont toujours affirmé avoir quitté la Maison-Blanche « fauchés », pour cause d'accumulation des procès. Si Bill laisse 80% de ses émoluments à la fondation qui porte son nom, son nouveau job à plein temps alimente les critiques, surtout lorsqu'Hillary devient secrétaire d'État, en 2008. Très vite, la fondation est accusée d'accepter les fonds de grandes entreprises ou d'États étrangers à la réputation discutable - peut-être en échange de faveurs ? Leur rapport à l'argent surprend. « Cela se comprendrait s'ils étaient dans le besoin, mais cela ne semble pas être le cas, déclarait récemment Robert Reich. Alors pourquoi prendre de tels risques ? C'est un mystère. » Selon une évaluation faite par CNN en début d'année, les discours de Bill, puis d'Hillary après 2012, leur ont rapporté plus de 153 millions de dollars en quinze ans. En ajoutant leurs droits d'auteur et divers contrats, on approcherait des 250 millions de dollars.

Pour les Américains qui suivent le feuilleton Clinton depuis trente-cinq ans, la saison 2016 ressemble parfois à une rediffusion. Les mêmes ingrédients : le couple, le pouvoir, les conflits d'intérêts, le goût du secret, le tabou de l'argent... Un nouveau personnage est toutefois entré dans la danse : Chelsea, leur brillante fille de 36 ans, présentée comme l'incarnation de leur réussite. Elle a fait d'eux de très médiatiques grands-parents. Relégué au second plan, Bill s'est vu assigner une mission bien précise - la campagne « invisiBill ». Son agenda est souvent plus chargé que celui de la candidate, mais ses apparitions ne figurent dans aucun des programmes nationaux : il visite des endroits reculés, où il n'attire souvent que quelques centaines de personnes mais où il est certain de créer l'événement. Il débarque à l'improviste dans des usines ou des « diners » sans prétention, fait des moissons entières de selfies et quelques blagues. Puis appelle le QG de sa femme pour raconter ce qu'il a entendu. Elle l'envoie dans les terres hostiles, comme dans le Kentucky, où les mineurs ont mis sa tête à prix. Avec son sourire Ultra Brite et sa voix douce d'homme affaibli, il apprivoise les plus retors, ces hommes blancs de la classe moyenne qu'elle a tant de mal à convaincre.

Et après ? Bill sera-t-il l'Hillary des années 1990 ? « Elle sait mieux que personne ce sur quoi il faut m'écouter et ce sur quoi il ne vaut mieux pas », a déclaré Bill. Son nom étant associé à une période d'euphorie économique, c'est dans ce domaine qu'elle compte le faire plancher. « J'ai demandé à mon mari d'interrompre sa retraite pour s'occuper des créations d'emplois parce que, comme vous savez, il a mille idées à la minute », a-t-elle résumé au printemps, avant d'écarter l'hypothèse d'un poste de ministre pour lui. Ses conseillers ont promis qu'il ne participerait pas aux réunions du cabinet, et n'aurait peut-être même pas de bureau dans l'aile ouest - un comble ! Quant au rôle de First lady, il pourrait échoir à Chelsea, a murmuré un conseiller un peu vieux jeu. À moins que celle-ci, qui n'écarte pas l'idée de faire de la politique un jour, ne préfère emprunter un chemin plus direct pour revenir à la Maison-Blanche. Sans passer, elle, par l'aile des Premières dames.

 

 

 

Kenneth Starr, ennemi hier, fan aujourd'hui

 

En 1996, le procureur Kenneth Starr, qui avait juré de faire tomber les Clinton, alla jusqu'à faire fouiller la chambre de leur fille Chelsea, alors âgée de 16 ans. Vingt ans plus tard, le juriste teigneux, qui fit éclater l'affaire Lewinsky, ne cesse de tresser des louanges à l'ancien président. Lors d'une conférence fin mai, il a dit tout le bien qu'il pensait de son ancien accusé, à qui il envisage de présenter ses excuses s'il en a l'occasion. « Le président Clinton était et reste peut-être l'homme politique le plus doué de sa génération, a déclaré celui dont le rapport contenait 581 fois le mot "sexe". Il a une vraie empathie pour les gens, c'est incontestable. » Ken Starr dit voir dans l'oeuvre philanthropique de Bill Clinton un « travail de rédemption. » 

 

 

 

 

 

Un bon filon de librairie

 

Si Trump fait vendre des journaux, les Clinton eux, font vendre des livres, et depuis longtemps. Plusieurs centaines d'ouvrages leur ont été consacrés aux États-Unis, au point que la liste (incomplète) fait l'objet d'une page Wikipedia. Et le flot n'est pas près de se tarir. Plusieurs titres ont encore été publiés cette année, dont trois, particulièrement assassins, se sont rapidement hissés au palmarès des ventes du New York Times. Si les Clinton ont le plus souvent refusé de rencontrer leurs biographes, ils ont en revanche signé, à eux deux, une douzaine de livres. Un business aussi lucratif que les discours : pour ses mémoires, parus en 2004, Bill toucha une avance de 15 millions de dollars - la plus importante jamais versée à l'époque -, tandis qu'Hillary empocha 10 millions de dollars pour « Mon histoire », en 2003.


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