Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Marichesse.com

Marichesse.com

Conseils, science, sante et bien-être


Ces banques prêtes à payer pour se défaire de leurs clients

Publié par MaRichesse.Com sur 21 Septembre 2016, 04:36am

Catégories : #ECONOMIE, #SUISSE

Ces banques prêtes à payer pour se défaire de leurs clients

Dans les banques privées, certains clients sont devenus si toxiques que les établissements sont prêts à payer les éventuels repreneurs. Après la fin du secret bancaire et l’offensive américaine contre la fraude fiscale, certaines clientèles ne valent plus rien sur le marché de la gestion de fortune – des Européens non déclarés ou des Américains par exemple. Une banque «vendeuse» sera contente de les céder gratuitement à un repreneur. Il arrive même que la clientèle vaille moins que rien sur le marché, l’établissement qui veut s’en débarrasser devra alors payer un acquéreur.

Après avoir vendu certaines clientèles à l’Union bancaire privée (UBP) l’an dernier, Coutts cherche actuellement à se défaire de portefeuilles de clients, selon plusieurs personnes ayant consulté le dossier. La banque Leumi se trouvait dans une situation similaire l’an dernier, après avoir été reprise par Julius Baer en 2014.

Généralement, les vendeurs sont des établissements qui souhaitent arrêter leur activité en Suisse, explique Jean-François Lagassé, associé de Deloitte en Suisse, qui ne s’exprime pas sur un cas particulier: «Certaines banques disposent de portefeuilles résiduels, qu’elles ne sont pas parvenues à vendre, et qui ralentissent le processus de liquidation.»

Les clients «difficiles, considérés comme invendables, voient leurs comptes fermés, avec une lettre et un chèque», observe également un autre spécialiste des fusions-acquisitions, Christian Fischer, associé chez CFM Partners à Zurich. Mais cette solution n’est pas toujours possible. 

 

Des comptes bloqués et des irréductibles de la fraude

Car une banque ne peut pas simplement mettre la clé sous la porte et fermer les comptes de ses clients, pour deux raisons. D’une part, elle pourrait être accusée de complicité de blanchiment si elle permettait à ses clients non déclarés de retirer leurs avoirs en liquide. D’autre part, tant qu’il accueille des comptes, un établissement doit rester opérationnel, avec du personnel, des fonds propres, une licence bancaire. Bref, des coûts qui se chiffrent en millions de francs.

Ces clients dits «difficiles» peuvent être détenteurs de comptes bloqués, parce qu’ils sont pris dans une procédure judiciaire en cours (liée au scandale Madoff par exemple). Des comptes investis dans des titres non liquides, impossibles à vendre, présentent la même difficulté. Les clients considérés comme extrêmement risqués (Américains ou fraudeurs irréductibles par exemple), voire provenant de zones qu’un établissement ne souhaite plus couvrir, peuvent également devenir non grata.

Pour eux, «les banques cherchent à conclure des «asset deals» (vente de clients, pas de la banque elle-même, ndlr) et les repreneurs demandent souvent à être payés pour accueillir ces clients», reprend Jean-François Lagassé, de Deloitte. 

 

Le «vendeur» peut devoir payer plusieurs millions

Contrairement à une acquisition classique, ce genre d’opération ne se conclut pas à un multiple des actifs, mais à une somme fixe. «J’ai pensé proposer au vendeur qu’il paie les salaires des spécialistes du contrôle qui auraient été chargés d’effectuer le transfert des clients», explique le responsable d’une banque qui a finalement décidé de ne pas reprendre une clientèle qu’un concurrent ne voulait plus. La banque qui cède sa clientèle doit généralement débourser quelques milliers de francs, voire un montant en millions, selon un spécialiste.

Mais qui voudrait de ces clients toxiques? Plusieurs types d’acteurs. En premier lieu ceux qui se sont spécialisés sur une niche, comme celle des résidents américains. Devenus pestiférés dans les banques suisses après l’offensive du gouvernement américain contre l’évasion fiscale, les «US persons» peuvent être accueillis et gérés par des structures disposant d’une autorisation ad hoc du gendarme américain des marchés, la SEC. Une petite dizaine de ces structures a ainsi été créée ces dernières années en Suisse, parfois par des banques, afin de gérer l’argent de contribuables américains déclarés. 

 

Un bon business pour les repreneurs

Les petites banques constituent un deuxième profil d’acquéreur potentiel. Elles peuvent juger attractifs des clients considérés comme trop petits par de plus grands établissements. Il se peut aussi que le repreneur soit déjà actif sur les marchés dont la banque vendeuse veut se retirer, ce qui facilite l’accueil de nouveaux clients.

Enfin, d’autres établissements peuvent faire le pari que la situation des comptes bloqués va finir par s’arranger. La stratégie consiste alors à facturer des honoraires minimes jusqu’au moment où une gestion normale, plus rémunératrice, pourra à nouveau être effectuée. Un peu comme les gérants de hedge funds qui investissent dans des titres de dette d’entreprises en phase de restructuration, avec l’espoir qu’elles en sortiront renforcées (et solvables).

Se faire payer pour reprendre des clients dont personne ne veut est «même plutôt un bon business pour le repreneur, qui s’assure une croissance immédiate de ses avoirs et à un coût attractif», conclut Jean-François Lagassé. Une demi-douzaine de dossiers de ce genre ont récemment tourné sur la place financière genevoise. Ils ont tous trouvé un «acquéreur». 

 Source

Commenter cet article

Archives