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Conseils, science, sante et bien-être


Cancer localisé de la prostate : surveiller peut suffire

Publié par MaRichesse.Com sur 17 Septembre 2016, 08:16am

Catégories : #CANCER, #SANTE-BIEN-ETRE

Cancer localisé de la prostate : surveiller peut suffire
Une étude anglaise compare les options offertes, de la chirurgie à la radiothérapie en passant par la surveillance active.

 

Il n'existe pas de dépistage organisé, mais chaque année, en France, 2 millions d'hommes âgés de 50 à 69 ans -soit un tiers de cette tranche d'âge- font un dosage de PSA (antigène prostatique urinaire) à la recherche d'un éventuel cancer. Parmi eux, 36.000 (2 %) reçoivent un résultat qui nécessite de faire une biopsie prostatique, laquelle confirme un cancer pour 14.500 (0,7 %). Ces chiffres de 2012, issus des bases de données du régime général de l'assurance-maladie, montre l'angoisse des médecins et de leurs patients. Mais lorsque le diagnostic de cancer est bien confirmé, une autre partie s'engage, avec des choix délicats à faire.

Une vaste étude anglaise, baptisée «Protect» (Prostate Testing for Cancer and Treatment), vient opportunément éclairer le choix des malades. Elle est publiée dans le réputé New England Journal of Medicinedu 14 septembre sous la forme de deux articles, l'un centré sur les résultats en termes de guérison du cancer, l'autre sur les effets secondaires les plus fréquents (troubles de l'érection et incontinence urinaire). «C'est une bonne étude avec seulement 1 % de perdus de vue, remarque le Pr Jean-Luc Descotes, président de l'Association française d'urologie (AFU). Les résultats étaient très attendus et nul doute qu'ils feront date.» 

 

Chirurgie robotique

De fait, comme le rappelle le Pr Anthony D'Amico, professeur à Harvard et chef du service de radiothérapie à l'Institut du cancer Dana Farber de Boston (États-Unis), dans l'éditorial qui accompagne la publication de «Protect», «la meilleure approche initiale des cancers de la prostate au stade précoce demeure inconnue». À en croire le travail conduit par sept universités anglaises, notamment celles d'Oxford et de Bristol, toutes les approches se valent. Du moins lorsque l'on regarde les survivants à dix ans du diagnostic initial, car, pour le reste, il y a des différences.

Les médecins anglais ont donc proposé à 2664 hommes âgés de 50 à 69 ans pour qui le diagnostic de cancer localisé de la prostate venait d'être posé, par dosage du PSA puis biopsie prostatique, de participer à leur étude. Les 1643 qui ont accepté se sont vu attribuer au hasard (mais de façon à ce que les trois groupes soient médicalement comparables) l'une des trois stratégies supposées équivalentes: chirurgie, radiothérapie avec hormonothérapie, surveillance active.

La surveillance active consistait à surveiller tous les 3 mois la première année, puis tous les 6 à 12 mois ensuite, le niveau de PSA. S'il se modifie d'au moins 50 %, le basculement vers l'un des deux autres groupes (chirurgie ou radiothérapie) était envisagé. Résultat, après dix ans, les chercheurs ont remarqué que le taux de mortalité était le même pour les trois groupes, «autour de 1 %», même si «la chirurgie et la radiothérapie sont associées à moins de progression de la maladie et de métastases que la surveillance active». En revanche, la surveillance active est la stratégie qui induit le moins de troubles de l'érection et d'incontinence, même si les résultats tendent à se rapprocher au fil des années.

Pas vraiment une surprise pour le Pr Descotes: «Cela conforte la place de la surveillance active lorsqu'elle est possible dans les options que nous proposons déjà aux patients. Tous les patients ne doivent pas être traités, mais ils doivent tous être correctement informés des options. Soulignons tout de même que dans “Protect”, la moitié des patients sous surveillance active finissent tout de même par avoir un traitement et que le recul n'est que de dix ans.»

«En outre, les possibilités de diagnostic et les traitements ont considérablement évolué depuis le début de l'étude en 1999», ajoute le Dr Marc Galiano, chirurgien urologue, andrologue et cancérologue à l'Institut mutualiste Montsouris à Paris. Ainsi, sur environ 400 opérations chirurgicales de la prostate, seulement 25 ont été faites avec l'assistance d'un robot chirurgical. «Avec la chirurgie robotique, on obtient désormais d'excellents résultats sur la continence urinaire, bien meilleurs qu'il n'y a dix ans», remarque ainsi le Dr Galiano. «Clairement, la chirurgie reste le gold-standard (référence de pratique, NDLR) dans le cancer de la prostate et les techniques progressent encore, juge-t-il. De plus, de nouveaux traitements sont en cours de validation.» 

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