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Benjamin : petit youtubeur mais courtisé par cinq éditeurs

Publié par MaRichesse.Com sur 21 Septembre 2016, 05:57am

Catégories : #PEOPLE, #GOOGLE

Benjamin : petit youtubeur mais courtisé par cinq éditeurs

Et voilà, encore un youtubeur qui publie son ouvrage : en cette rentrée littéraire, ils sont plusieurs à avoir passé le cap. « Vu sur YouTube » est le nouvel argument des éditeurs pour qui l’audience des vidéastes constituent un intéressant potentiel économique.

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« Nota Bene, les pires batailles de l’histoire », de Benjamin Brillaud, éd. Robert Laffont

Benjamin Brillaud, autoentrepreneur, a créé sa chaîne YouTube en août 2014.Nota Bene, une chaîne de vulgarisation historique qui compte à ce jour 376 000 abonnés.

Titulaire d’un BTS audiovisuel, il est un passionné d’histoire – il est autodidacte en la matière. Un peu plus de deux ans après avoir commencé sur YouTube, il signe le 13 octobre prochain « Les pires batailles de l’histoire », un ouvrage historique aux éditions Robert Laffont. Rue89 l’a interrogé sur le passage d’Internet au papier.

Rue89 : De quoi parle ton livre ?

Benjamin Brillaud :  Il raconte les batailles qui ont mal tournées. Des batailles plus ou moins connues, toutes époques confondues et qui se sont passées sur tous les continents. A chaque fois, c’est un prétexte pour développer le contexte historique de l’époque. Je contextualise énormément : je peux remonter 300 ans en arrière.

Pourquoi as-tu choisi ce sujet ?

Les faits militaires ont pas mal de succès sur ma chaîne : la vidéo qui a le mieux marché est celle des « Quatre fails militaires », qui a enregistré plus de 600 000 vues. J’avais plusieurs idées de sujet et ce succès a participé à mon choix.

 

Quand j’ai fait des recherches, je me suis rendu compte que la plupart des bouquins sur ce thème étaient plutôt des recueils d’anecdotes avec 100 batailles sur 300 pages. J’ai préféré en retenir quinze pour davantage fouiller.

Et pourquoi en faire un livre ?

Je l’ai fait par opportunité, parce que des éditeurs m’ont contacté. J’en ai vu quatre ou cinq. Je ne me fais pas d’illusions : ils ne m’ont pas contacté parce qu’ils avaient repéré au départ des talents d’auteur. Il y a tout simplement un potentiel économique derrière ce genre de livres, c’est sûr : les vidéastes ont des communautés importantes et les éditeurs savent qu’une partie vont sans doute acheter le livre.

Quatre ou cinq ? C’est beaucoup.

Oui, j’ai de la chance, parce que je sais qu’il y a des gens qui galèrent à se faire éditer alors qu’ils ont des contenus qui sont très bons. J’ai dit oui parce que c’était un rêve de gosse mais aussi parce que je me suis dit qu’un livre était une nouvelle manière d’aborder les choses.

Est-ce que je vais réussir ou pas à intéresser autant dans ce livre qu’en vidéo ? C’est tout le challenge.

J’ai aussi fait ce livre parce que ça peut être un moyen de s’ouvrir à un nouveau public, les gens qui ne regardent pas les vidéos. Mes abonnés ont plutôt 18-35 ans mais j’espère qu’une partie des parents de mon auditoire pourront passer par le livre pour découvrir ma chaîne.

C’est bien toi qui l’as écrit, ce livre ?

Ah oui ! J’ai écrit le livre de A à Z. D’ailleurs, j’ai dû laisser ma chaîne de côté pendant l’écriture du livre. Les deux étaient difficilement compatibles, alors j’ai décidé de me concentrer principalement sur le bouquin et d’embaucher deux copains pour m’aider sur la chaîne pendant ce temps-là, pour le montage et l’écriture.

Je n’avais pas envie de bâcler le bouquin. Je trouve que c’est important que les vidéastes qui ont la chance de publier des ouvrages se donnent les moyens de faire quelque chose de bien et pas juste de faire un livre parce que ça va se vendre... C’est hyper important, parce que dans le milieu de la vulgarisation, on va nous attendre au tournant. C’est comme une porte qu’on nous ouvre : à nous d’en profiter et de montrer qu’on peut faire les choses bien.

Pour la base historique de mon livre, je suis allé chercher des sources primaires. Avec le temps, mon réseau s’étoffe de pas mal d’historiens et de profs d’histoire : je suis allé les voir pour des conseils de lecture et ils ont relu mes chapitres pour s’assurer du fond.

Tu as écrit ce livre en combien de temps ?

C’était assez rapide : huit à neuf mois de travail en tout.

En quoi l’écriture d’un livre est différente de l’écriture de tes vidéos ?

D’abord, sur papier, il n’y a pas tout l’aspect mis en scène, illustration. Parfois, dans les vidéos on peut se permettre d’être un peu évasif et d’avoir juste une image qui donne des informations. A l’écrit, il faut provoquer une certaine imagination, il faut retenir le lecteur... J’ai essayé d’enrichir mes chapitres avec des contenus supplémentaires comme l’ajout d’une carte, d’une illustration, etc.

Selon moi, le langage doit aussi être plus soutenu, sans tomber dans l’excès. Il faut rester relativement simple, mais pas aussi simple que dans les scripts. En soi, mes scripts ne sont pas très agréables à lire car ils sont faits pour être joué, avec un ton, etc.

Un livre permet par ailleurs d’aller plus loin dans la démarche, de raconter davantage. 80-85 % du bouquin est du contenu inédit, qui n’a jamais été fait en vidéo. Les deux batailles que j’ai déjà fait en vidéo représentaient une page dans les épisodes. Là c’est différent : il y a environ vingt pages par bataille.

 

A l’inverse, est-ce que tu penses un jour transformer ce que tu as écrit en vidéos ?

Je ne dis pas non... Mais pas tout de suite. Après, je n’hésiterais pas à reprendre des petits bouts de chapitre dans des vidéos. Dans mes vidéos, il peut m’arriver parfois de faire des petites redites piochées dans les précédents épisodes. Je pars du principe que chaque vidéo doit être compréhensible en tant que telle.

C’était une demande de l’éditeur, de ne pas réutiliser en tant que tel le contenu des chapitres ?

Non.

Parmi les éditeurs qui m’ont contacté, j’ai eu quand même des demandes du style : « On prend vos scripts, on les mets en forme et on balance le tout. » Je n’avais pas vraiment envie de ça, d’une part parce que je ne trouvais pas ça très stimulant d’un point de vue intellectuel, mais surtout parce que je voulais proposer quelque chose d’inédit à mon public.

Le ton de tes vidéos, on le retrouve dans le livre ?

Il y a quelques chapitres où je me permets des blagues... Il y a ma petite patte, mais globalement ce sera un livre plutôt sérieux. C’est aussi ça le tournant : je joue souvent de l’humour dans mes vidéos mais là j’essaie autre chose.

J’ai pas mal de copains vidéastes édités (ou qui veulent être édités) qui me le disent : les éditeurs leur demandent de faire des choses rigolotes. « Ah oui, vous êtes vidéaste, donc ça serait bien d’ajouter des blagues, de mettre des mots djeuns... » Alors que ce n’est pas forcément ce dont on a envie de faire et ce dont a envie le public. Moi j’ai pu faire ce que je voulais mais je constate qu’il existe encore un décalage.

Le livre est-il devenu un passage obligé pour les youtubeurs populaires ?

Non, je ne pense pas. Ce qui est sûr, c’est qu’il y a l’attrait chez certains de l’argent facile mais il faut après que chaque vidéaste sache ce qu’il veut et que le public ne soit pas dupe. C’est compliqué.

Mais le passage obligé, pas sûr. Surtout qu’un livre, c’est énormément de temps... Pour moi, c’était très enrichissant mais très épuisant. J’ai envie aujourd’hui de me recentrer sur la vidéo, mon cœur de métier, et sur l’émission qui est l’essence même de Nota Bene. 

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