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Belfort : le faux-pas calculé d'Alstom en matière de communication

Publié par MaRichesse.Com sur 13 Septembre 2016, 07:19am

Catégories : #ENTREPRISE, #FRANCE, #TRAVAIL

Belfort : le faux-pas calculé d'Alstom en matière de communication

Le faux-pas d'Alstom, qui a annoncé le transfert des activités de production de Belfort vers le site de Reichshoffen à quelques mois de l'élection présidentielle, apparaît surprenant. A moins qu’il ne s’agisse d’une manière délibérée de mettre les pieds dans le plat pour forcer l’Etat à agir.

Mais quelle mouche a donc piqué les dirigeants d'Alstom ? Ils sont allés à rebours d'un axiome de base dans la vie des affaires : un plan de suppression de postes, cela s'annonce quelque semaines après les élections, et non quelques mois avant. A fortiori quand il s'agit d'une entreprise industrielle de renom, qui compte l'Etat parmi ses actionnaires.

 

PDG convoqué à Bercy, levée de boucliers des élus droite et gauche confondus , implication du président de la République dans le dossier ... Le tollé qu'a suscité Alstom en annonçant la semaine dernière le transfert des activités de production de Belfort vers le site de Reichshoffen était finalement prévisible. Même si l'entreprise y avait mis les formes en maintenant une petite activité à Belfort et en promettant une offre de reclassement aux 400 salariés concernés.

 

Mobiliser les pouvoirs publics

Le faux-pas apparaît donc surprenant. A moins qu'il ne s'agisse d'une manière délibérée de mettre les pieds dans le plat pour forcer l'Etat à agir. L'exécutif déplore depuis plusieurs jours « le caractère soudain et non concerté » de l'annonce d'Alstom. Cela fait pourtant des années que les syndicats, les élus locaux ou encore la FIF, la fédération patronale du secteur, multiplient les courriers et les interpellations alarmistes. Sans résultat jusque là. L'annonce de mercredi dernier , dans un climat de pré-campagne électorale, se sera révélée finalement plus efficace pour mobiliser les pouvoirs publics.

En sonnant le tocsin sur Belfort, Alstom (qui s'en tient à sa communication de la semaine dernière), avance également ses pions sur deux autres sujets. Le groupe fait depuis des mois le siège du gouvernement pour obtenir une commande de 30 trains Intercités, par le biais d'un précédent contrat-cadre. Mais le gouvernement a préféré lancé un nouvel appel d'offres, ce qui rallonge les délais, et fragilise dangereusement les plans de charge. Le pataquès actuel permet à Alstom de revenir à la charge.

Dossier crucial

Par ailleurs, un dossier crucial doit se jouer dans les semaines à venir : le dénouement de l'appel d'offres piloté par la SNCF pour la construction de rames RER NG (Nouvelle Génération) destinées au ligne D et E du réseau francilien. La commande, dont le montant pourrait grimper jusqu'à 3 milliards d'euros, représentera à elle seule la moitié de l'activité ferroviaire industrielle en France entre 2021 et 2025.

Un enjeu énorme, sur lequel Alstom, pour maximiser ses chances, s'est allié avec son principal concurrent, Bombardier. Mais CAF, le constructeur ferroviaire espagnol, est également dans la course. Et des rumeurs insistantes dans le secteur assurent que ce dernier pourrait remporter la mise. Ce qui serait une catastrophe pour les usines de Bombardier et d'Alstom dans le Nord de la France, avec une onde de choc bien supérieur à celle de Belfort. A bon entendeur...


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