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Au Gabon, Ali Bongo veut se faire rassembleur

Publié par MaRichesse.Com sur 24 Septembre 2016, 10:22am

Catégories : #AFRIQUE, #POLITIQUE

Au Gabon, Ali Bongo veut se faire rassembleur

La capitale gabonaise était quadrillée samedi matin par un imposant dispositif des forces de sécurité après la validation dans la nuit par la Cour constitutionnelle de la réélection du président Ali Bongo Ondimba, dont l'annonce le 31 août avait déclenché des émeutes meurtrières et des pillages massifs dans le pays.

 

Aucun incident n'était signalé en début de matinée à Libreville dont les rues étaient quasi-désertes. Les accès au centre-ville étaient jalonnés de barrages de police, de gendarmerie et de l'armée, alors que les accès au palais présidentiel, sur le front de mer, étaient bloqués par la Garde républicaine (GR). Un hélicoptère de l'armée survolait également la capitale. Les forces de sécurité fouillaient les rares véhicules circulant. 

 

Une victoire validée

La Cour constitutionnelle a validé dans la nuit de vendredi à samedi la réélection du président Bongo, 57 ans, en rejetant l'essentiel du recours de son rival, l'opposant Jean Ping.

La Cour, tout en modifiant partiellement les résultats du scrutin du 27 août, a indiqué qu'Ali Bongo gardait une avance sur son rival, qui s'était proclamé élu après l'élection.

Lors de l'audience à Libreville, dans une salle quasiment déserte, la Cour a indiqué qu'Ali Bongo avait recueilli 50,66% des suffrages contre 47,24% à Jean Ping, avec quelque 11 000 voix d'avance, contre moins de 6000 selon les résultats officiels provisoires. 

 

Appel à un «dialogue politique»

Peu après le verdict de la cour, Ali Bongo, élu une première fois en 2009 à la mort de son père, resté au pouvoir 41 ans, a appelé à un «dialogue politique», dans une allocution télévisée.

Jean Ping n'avait pas réagi samedi matin à la décision de la Cour. Selon son porte-parole, Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, il devait s'exprimer dans la journée.

«J'entends réunir très rapidement les conditions d'un dialogue politique ouvert à tous ceux qui le voudront», a assuré le président Bongo dans son allocution. «J'appelle donc tous les responsables politiques, y compris les candidats malheureux de la présidentielle du 27 août dernier, à travailler avec moi, dans le respect de nos différences certes, mais animés de la volonté de situer l'intérêt supérieur de la Nation au-dessus de nos intérêts particuliers et partisans», a-t-il ajouté. 

 

Emeutes après la proclamation

Le 31 août, la proclamation de la réélection d'Ali Bongo avait provoqué des émeutes meurtrières et des pillages massifs à Libreville et dans plusieurs villes de province, traumatisant un pays plutôt habitué à la paix civile.

 

S'étant lui même proclamé élu, Jean Ping, ancien cacique du régime passé dans l'opposition, avait déposé un recours devant la Cour constitutionnelle le 8 septembre, tout en jugeant que l'institution était inféodée au pouvoir. 

 

La province dont les chiffres fâchent

Jean Ping demandait notamment un nouveau comptage des bulletins de vote dans la province du Haut-Ogooué.

Dans ce fief familial de la famille Bongo, le président sortant avait obtenu, selon les résultats de la commission électorale qui ont mis le feu aux poudres le 31 août, 95% des voix pour 99% de participation, lui garantissant au plan national une avance de quelque 5000 voix sur Jean Ping, sur un peu plus de 325 000 électeurs.

Les observateurs de l'Union européenne (UE) au scrutin avaient fait état d'une «anomalie évidente» dans les résultats. 

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