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Conseils, science, sante et bien-être


Au Canada, les autochtones tuent et violent impunément

Publié par MaRichesse.Com sur 30 Septembre 2016, 15:04pm

Catégories : #CANADA, #JUSTICE

Au Canada, les autochtones tuent et violent impunément

Ils ont violé et certains ont même tué, mais des détenus purgent leur peine loin des barbelés dans un centre où ils renouent avec la culture autochtone.

L’endroit est discret et paisible. Pas de barrière ni de gardien à l’entrée du site. Une simple clôture de bois ferme l’enceinte située en plein centre de Saint-Alphonse-Rodriguez, dans Lanaudière.

À part le regard sévère de l’agent de sécurité derrière sa vitre à la réception du bâtiment principal, il y a peu d’indices qu’il s’agit d’une prison, et pourtant, c’est bien le cas.

 

Pour les Autochtones

Le Centre de guérison Waseskun est l’un des huit pavillons de ressourcement pour détenus autochtones affiliés à Service correctionnel Canada. À la fois maison de transition et prison à sécurité minimale, l’institution accueille une trentaine de détenus en fin de sentence, pour des séjours minimums de six mois.

Il n’y a pas d’agents correctionnels sur place, mais plutôt des agents de gestion de cas.

Ces hommes sont là pour renouer avec leur culture autochtone, mais surtout pour guérir leur âme, car telle est la mission de Waseskun.

Libre circulation

Sur le terrain boisé, les résidents circulent librement entre les différents bâtiments.

Il leur est cependant interdit de quitter le site, à l’exception de ceux qui bénéficient de permissions spéciales.

Selon Brian Sarwer-Foner, agent de liaison communautaire, il y a peu de danger d’évasion.

«Ces hommes sont dans une démarche de guérison volontaire. Ils ont choisi d’être ici», a-t-il dit.

Il y a tout de même des règlements stricts concernant notamment la drogue. Si un résident devait être pris avec des stupéfiants, il serait immédiatement renvoyé au pénitencier.

40 heures de thérapie

Avant de pouvoir y être admis, les détenus, dont la vaste majorité est autochtone, doivent s’engager à renouer avec leur culture quarante heures par semaine.

Leur journée commence par une purification aux herbes sacrées et le rituel de la plume de l’aigle.

Ils vont même parfois dans la forêt pour jeûner.

Ils sculptent le bois ou jouent du tambour. Le soir, ils doivent respecter un couvre-feu et demeurer à l’intérieur du bâtiment, même s’ils peuvent quitter leur chambre et aller dans la salle commune.

 

Sur la voie de la guérison

Gerry, Myles et Robert ont choisi de terminer leur peine de prison à Waseskun.
PHOTO GENEVIÈVE QUESSY
Gerry, Myles et Robert ont choisi de terminer leur peine de prison à Waseskun.

La plupart des détenus autochtones qui aboutissent au Centre de guérison Waseskun ont eu une enfance difficile avant de devenir des criminels.

Les criminels ont souvent été des victimes avant de faire souffrir à leur tour. Et pour comprendre leurs comportements, ils doivent l’accepter.

Gerry, un résident, confie que plusieurs ont été agressés sexuellement pendant leur enfance. En prison, impossible d’en parler.

«On ne peut jamais baisser la garde, au pen. Il ne faut pas avoir l’air vulnérable.»

À Waseskun c’est différent. Enfin, il comprend mieux les racines de son problème.

Myles a passé 26 ans au pénitencier avant d’être transféré à Saint-Alphonse-Rodriguez. À Waseskun, grâce aux cercles de paroles, il arrive à exprimer ses émotions.

«J’étais insécure à mon arrivée, toujours en quête d’approbation. Maintenant, j’ai confiance en moi.»

Écrire pour se libérer

Robert a passé 30 ans dans le système carcéral. Il parle de la cérémonie du Feu sacré comme d’un moment charnière, qui l’a soulagé d’un grand poids.

«On écrit ce qu’on n’a jamais dit à personne, en s’adressant à ceux qui nous ont abusés, et on laisse partir avec le feu en demandant aux esprits de nous aider.»

Michael a trouvé la paix dans la spiritualité. «J’étais très en colère en revenant en prison pour une deuxième fois. Je ressentais un grand manque sur le plan spirituel. Ici, ils m’ont permis de m’isoler 10 jours pour jeûner et méditer, ce que je n’aurais jamais pu faire dans une prison conventionnelle.»

 

Un projet de maîtrise inspiré de son crime

Michael Mihalicz a obtenu son baccalauréat durant son incarcération et entame maintenant un projet de maîtrise dont l’objet est la «Théorie de la décision».
PHOTO COURTOISIE
Michael Mihalicz a obtenu son baccalauréat durant son incarcération et entame maintenant un projet de maîtrise dont l’objet est la «Théorie de la décision».

Purgeant une peine pour tentative de meurtre, Michael Mihalicz a entamé des recherches universitaires directement inspirées du geste qu’il a commis.

Depuis qu’il est au pénitencier, Michael Mihalicz ne chôme pas. Après avoir obtenu son diplôme du Baccalauréat en Commerce, Economic and Management de l’université Ryerson, il se lance maintenant dans un projet de maîtrise plutôt original.

«C’est en tentant de comprendre comment j’en suis venu à poser ce geste, alors que je m’étais bien juré de ne jamais revenir en prison, que j’ai décidé d’étudier les éléments qui entrent en compte dans le processus décisionnel, au moment du passage à l’acte.»

Comprendre quels sont les éléments qui peuvent influencer une prise de décision, voilà ce qui motive sa réflexion.

Importance des émotions

«Quelqu’un qui souffre de la faim pourrait être poussé à voler de la nourriture en circulant dans les allées d’un magasin. En plus des pensées rationnelles, il y a toutes sortes de choses qui entrent en compte, au moment de passer à l’acte. Les émotions jouent également un grand rôle, et on l’oublie trop souvent.»

L’ambition de M. Mihalicz est de développer un modèle psychologique de prise de décision, destiné à être appliqué en intelligence artificielle.

«Il pourrait être utilisé pour des simulateurs ou des robots, dont les réactions deviendraient ainsi plus proches de celles des humains.»

Parler de son histoire fait partie de sa démarche. «Si je peux faire quelque chose de positif à partir de mes erreurs je serai content. Je veux être utile à la société maintenant», dit-il.

Sans son passage au Centre de guérison Waseskun, ce projet d’études aurait été impossible, selon lui.

«Au pénitencier, je n’ai pas réussi à obtenir le soutien dont j’avais besoin. Ici, on me l’a accordé.»

 

WASESKUN À L’ÉCRAN

Gerry, Myles, Michael et Robert font partie des détenus ayant accepté de partager leur cheminement dans le cadre d’un documentaire, intitulé Waseskun, dont la sortie est imminente.

Le réalisateur Steve Patry n’en est pas à sa première incursion dans le monde carcéral, qu’il a également observé dans son film De prisons en prisons.

Vérité

Avec sa caméra, il a suivi les hommes de Waseskun pendant une année, en tentant de se faire oublier pour capter le plus possible de vérité.

«J’ai vu les gars changer au fil des mois. Certains sont arrivés là traumatisés et je les ai vus s’ouvrir peu à peu.»

À l’affiche

Produit par l’Office national du film, Waseskun brosse un portrait sobre et dénué de folklorisme du processus de guérison emprunté par les résidents du Centre.

Le film sera à l’affiche de la Cinémathèque québécoise, à Montréal, pour une semaine seulement, à partir d’aujourd’hui.

 

23 % DES DÉTENUS

Alors qu’ils comptent pour seulement 4 % de la population totale du Canada, les Autochtones représentent 23 % de la population carcérale. Afin d’augmenter leurs chances de réinsertion, Service correctionnel Canada a implanté dans ses établissements un continuum de services dont l’approche est adaptée à leur culture, les Sentiers autochtones. Rien toutefois n’égalerait ce qu’on trouve à Waseskun, selon les détenus interrogés.


Waseskun est un mot en langue crie, qui signifie le moment juste après la tempête, lorsque les nuages s’écartent pour laisser percer le ciel bleu et le soleil. 

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