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Conseils, science, sante et bien-être


Agitation nocturne : pourquoi il faut consulter

Publié par MaRichesse.Com sur 4 Septembre 2016, 08:11am

Catégories : #SOMMEIL, #SANTE-BIEN-ETRE, #INFOGRAPHIE, #CERVEAU

Agitation nocturne : pourquoi il faut consulter
INFOGRAPHIE - Les spécialistes ont aujourd'hui les moyens de bloquer les plus graves d'entre elles.

 

Êtes-vous «parasomniaque» sans le savoir? Oui, si vous présentez des comportements psychomoteurs anormaux pendant votre phase d'endormissement, durant votre sommeil ou lors d'éveils partiels. Les parasomnies du sommeil lent profond - surtout présentes en première partie de la nuit et chez les jeunes - regroupent le somnambulisme, les terreurs nocturnes et les éveils confusionnels. Être parasomniaque n'a pourtant rien d'extraordinaire dans l'enfance:«Jusqu'à 25 % des moins de 10 ans ont fait au moins un épisode dans leur vie. C'est donc surtout lorsque les troubles parasomniaques persistent après 10-12 ans qu'il y a lieu de consulter: jusqu'à 4 % des adultes seraient somnambules, avec une grande variabilité de la fréquence, de la durée et de l'intensité des épisodes. Ainsi, seulement 1 % consulte du fait de la gêne occasionnée», explique le Pr Yves Dauvilliers, chef de l'unité des troubles du sommeil de l'hôpital Gui-de-Chauliac à Montpellier.

Or, si l'étude du somnambulisme intéresse au plus haut point les spécialistes, c'est parce qu'elle prouve que l'ensemble du cerveau ne dort pas d'un bloc comme on le pensait autrefois, mais que le sommeil est régional, variable selon les différentes zones cérébrales. «Dans le somnambulisme, le cortex moteur est très activé, alors que les aires dédiées à la conscience restent endormies: c'est pourquoi un comportement moteur est possible, mais sans que le somnambule ne s'en rende compte», insiste le Pr Dauvilliers. De quoi expliquer comment un somnambule peut déambuler, parfois se blesser si son environnement s'y prête (accès à un escalier, une fenêtre en étage, etc.), éventuellement se faire une fracture, voire commettre un acte délictueux (vol, viol, etc.) et aller jusqu'à tuer sans se réveiller et sans en avoir le moindre souvenir le lendemain.

Confirmer le diagnostic

Même si cela reste très exceptionnel et demande une enquête minutieuse pour le prouver, une soixantaine de meurtres dans le monde a été attribuée à un épisode de parasomnie. En outre, il existe des formes «spécialisées» de parasomnies: certains somnambules sont atteints de sexsomnie (trois fois plus souvent des hommes que des femmes). «Ils ont une activité sexuelle (masturbation ou pénétration), pendant leur sommeil lent profond dont ils ne gardent aucun souvenir. C'est donc un tiers qui rapporte ce qu'il s'est passé. Certains sexsomniaques vont ainsi passer pour obsédés sexuels et ressentir une grande culpabilité bien qu'ils ne soient pas responsables. Enfin, dans les cas dramatiques où la personne qui a subi les assauts n'était pas consentante, l'épisode de sexsomnie est assimilé à un viol, et d'ailleurs, avant 2014 où l'American Academy of Sleep Medicine a officiellement reconnu la sexsomnie comme étant une parasomnie, certains ont fait de la prison pour ce motif», remarque le Dr Catherine Solano, sexologue et auteur des Trois Cerveaux sexuels(Robert Laffont).

Certains autres parasomniaques, enfin, présentent des troubles du comportement alimentaire nocturne: moins fréquents, ces derniers se traduisent par la consommation d'aliments non cuisinés (conserves froides), ou inappropriés (beurre), voire non alimentaires (produits ménagers), avec le risque de lésion en cas d'ingestion d'un produit toxique…

«La consultation, de préférence dans un centre de référence, vise à confirmer le diagnostic. C'est plus facile si un témoin de la scène peut venir raconter ce qu'il a vu», explique le Dr Régis Lopez, médecin à l'unité des troubles du sommeil de l'hôpital Gui-de-Chauliac à Montpellier. «L'enregistrement du sommeil chez l'adulte est nécessaire car il permet de faire la différence avec d'autres troubles, par exemple une crise d'épilepsie frontale qui peut mimer un épisode parasomniaque. Cependant, en cas d'épilepsie frontale, les crises sont souvent identiques et l'électroencéphalogramme (EEG) retrouve aussi des anomalies typiques.»

Réticence à consulter

Bien que le diagnostic pose rarement problème, beaucoup de somnambules adolescents ou adultes ne prennent pas la peine de consulter, soit parce qu'ils pensent que ce n'est pas bien grave, soit parce qu'ils estiment qu'il n'y a rien à faire. C'est faux! «Les personnes qui ont fait des parasomnies violentes récidivent souvent: or des traitements existent afin de diminuer fortement leur sommeil lent profond et donc les risques de parasomnie», note le Pr Dauvilliers. Même si la piste génétique est probable - un antécédent familial est retrouvé dans plus de la moitié des cas -, l'hygiène de vie reste aussi primordiale: l'alcool et la dette de sommeil sont à éviter. «Idem pour les sexsomniaques: ils ne doivent pas boire d'alcool le soir et éviter de se coucher plus tard que d'habitude (deux facteurs de risque de survenue d'un nouvel épisode). De plus, ils ne doivent jamais dormir avec un enfant ou un adolescent: question de sécurité. Le conjoint, quant à lui, peut apprendre à gérer la situation car dans la grande majorité des cas, le sexsomniaque se montre docile et se rendort normalement quand il est repoussé. Sinon, il reste toujours la solution de dormir dans un lit séparé ou de faire chambre à part», insiste le Dr Solano.

Enfin, s'il est important d'éviter de faire du mal à autrui, il est aussi essentiel de se préserver soi-même. Cela passe par des mesures de bon sens: pas de lit en mezzanine, des volets et une porte de chambre verrouillée, pas d'objet contondant à portée de main. 

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