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50.000 chômeurs en plus, un candidat en moins?

Publié par MaRichesse.Com sur 30 Septembre 2016, 04:40am

Catégories : #POLITIQUE, #EMPLOI, #FRANCE

50.000 chômeurs en plus, un candidat en moins?

Dialogue imaginaire autour de la forte hausse du chômage au mois d'août, une très mauvaise nouvelle pour l’Elysée.

«Merde, merde, merde.»

François Hollande, dont ce n’est pas l’habitude, jure comme un Chirac. Il vient d’apprendre le chiffre du chômage du mois d’août: +50.200. Une surprise, une catastrophe.

«Merde, merde, merde.»

Jean-Pierre Jouyet tente de baragouiner des arguments explicatifs. «Ce sont les attentats. Le tourisme et la restauration ont plus souffert qu’attendu.»

Le président écoute à peine.

«Il y a aussi des facteurs techniques, continue le secrétaire général de l'Élysée. Une régularisation des demandeurs d’emplois inhabituelle parce qu’il y a eu deux jours ouvrés de plus en août.»

Hollande cache sa rage. Des jours ouvrés! Deux jours ouvrés de plus et je perds toute chance de me représenter. Merde, merde merde.

«J’ai pas de bol, vraiment pas de bol.
–Non, appuie immédiatement Jouyet. Mais il reste deux mois, les résultats de septembre et ceux d’octobre, avant de devoir te déclarer.
Ça fera pas une tendance, j’avais dit qu’il fallait une tendance.
–Tout dépend. Si les chiffres sont bons, et ils devraient être bons, on fera une moyenne sur trois mois, sur six mois. Tu sais bien que l'Unedic table sur une baisse de 124.000 du nombre de demandeurs d'emplois de catégorie A cette année. Ça va aller.
–Tu crois?
–Oui, la courbe fait des yoyos mais la pente est bonne.
–Tu crois?»

 

 

 

Hollande écrit les éléments de langage pour El Khomri. Allons-y pour les causes«techniques»… Mais dans sa tête, il creuse déjà la suite: comment annoncer qu’il se représente malgré la courbe? Il va falloir travailler l’argumentaire.

«J’ai pas de bol, quand même.» Le président se convainc lui même. «Le CICE, j’ai fait le CICE pour redresser les marges des entreprises. Sarkozy et Fillon ont fait le contraire, ils ont mis des taxes qui ont abîmé encore ces marges. Ma gauche me lâche pour avoir fait une politique de droite, ça devrait marcher, ça marche d’ailleurs. Mais trop lentement. Et les attentats viennent glacer la confiance. J’ai pas de chance. C’est le timing qui coince, sous un septennat j’aurais eu le temps. Merci Chirac.»

«On pourra vanter ton bilan international, s’aventure Jouyet, qui a deviné le cours des pensées de son copain. Tu viens de recevoir le prix d’“homme d’État de l’année” à New York.
–Tu sais bien que c’est nul ce prix. Sarkozy l’a eu.»

Jouyet savait qu’il serait séché. Il cherche de quoi plaider, mais il sait que ce chiffre d’août est une vraie catastrophe. La politique de l’offre, ça met du temps à convaincre les employeurs.

«Ils sont de droite, poursuit Hollande, qui devine comme en miroir les pensées de Jouyet. Les chefs d’entreprise sont de droite. À huit mois de l’élection, ils s’asseyent sur leurs marges.
–Et ils distribuent des augmentations de salaire, ce qui est contraire à l’objectif de regain de compétitivité. Avec ce que tu leur donnes, ils se paient la paix sociale mais ils n'embauchent pas, ils n'investissent pas et ils n’exportent pas. Tu parles d’une gratitude.
–Tu vas voter Montebourg?, lance Hollande qui ne peut s’empêcher de blaguer.
–Tiens, c’est une idée. Ça vaudra mieux que ce traître d’Emmanuel.
–Ah, me parle pas de lui, c’est pas le jour. Lui, il doit se réjouir de ces chiffres du chômage. Je le vois d’ici venir me voir tout couronné par les sondages: “François, tu vois bien que tu n’as aucune chance. Moi, si je suis le candidat, la mienne est faible, c’est vrai. Mais moi seul peux battre Sarko et même Juppé, puisque Sarko va faire du Tout sauf Juppé, comme Chirac contre Giscard en 1981. Je suis la seule chance de la gauche.”
–Je le vois d’ici, 
poursuit Jouyet. Bon allez, je vais remonter le moral de Myriam. La pauvre, la ministre de la courbe.
–Oui, et dis à Sapin de m’appeler. Je dois changer de courbe, il m’en faut d’autres qui s'inversent vraiment. Je veux des courbes d’un vrai “ça va mieux”. Il doit bien y en avoir! Le CAC 40 par exemple, il n’est pas si mal le CAC 40? Hein Jean-Pierre, toi qui t’y connais?
–Hollande président de la Bourse? Son ennemi, c’est pas l’actionnaire,
 re-plaisante Jouyet.
–Super! Au moins, j’ai pas tout raté.»

Et les deux se mettent à rigoler.

«Bon, allez, sérieux. Toi aussi, trouve moi d’autres courbes. Vite. J’ai besoin d’autres courbes inversées.»

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