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3 questions sur l’aide française au développement

Publié par MaRichesse.Com sur 19 Septembre 2016, 07:59am

Catégories : #FRANCE, #AFRIQUE, #MONDE

Un rapport annuel de l’ONG « One » décrypte la pertinence et l’ampleur de l’aide publique au développement des principaux pays donateurs. Le document publié lundi 19 septembre conclut que la France affiche des objectifs pertinents sur le papier mais n’alloue pas les moyens nécessaires.

3 questions sur l’aide française au développement

1/Quels sont les principaux constats du rapport pour la France ?

Le bilan dressé par le rapport annuel de l’ONG « One » consacré à l’aide au développement est en demi-teinte pour ce qui concerne la France. Certes, notent les auteurs, « l’aide de la France vers les pays les moins avancés (PMA) a connu une augmentation importante (+ 11,6 %) en 2015, et représente 26,5 % de son aide publique au développement (APD) ». Toutefois, cette aide « reste en dessous de la moyenne des donateurs (29,5 %) ». La France a ainsi perdu en 2015 sa position de quatrième donateur en termes absolus qu’elle a occupée pendant plus de dix ans, au profit du Japon.

Certes, poursuit le rapport « les priorités définies par la France sont cohérentes sur le papier : les pays prioritaires de l’aide française comptent parmi les plus pauvres et les plus fragiles dans le monde. »Mais « cette politique d’aide au développement restera inefficace si elle n’est pas accompagnée d’engagements financiers adéquats»,insiste Friederike Röder, directrice France de ONE.

Autre critique, corollaire : cette aide de la France reste« insuffisante face aux réalités d’un monde qui change ». Ainsi, « les programmes humanitaires menés dans les pays en développement ont bénéficié de moins de financements que les coûts d’accueil des réfugiés en France. De plus, bien que la France investisse beaucoup dans l’éducation (plus de 15% de son APD), plus de 70 % de ces montants n’ont pas été dépensés dans des pays en développement mais en France, pour les bourses et le financement de l’accueil des étudiants provenant de pays en développement. »

Le rapport s’inquiète ainsi d’une forme de concurrence entre les enveloppes destinées à soutenir le développement des pays en difficultés, et les sommes consacrées à l’accueil des réfugiés sur le territoire national. Une réalité qui concerne aussi d’autres États membres de l’UE. « Malheureusement, nous constatons de plus en plus que les nouvelles crises sont en compétition avec les besoins de développement de long terme, obligeant à faire des compromis complexes aux conséquences parfois fatales. Ces compromis ne sont pas une solution. » 

 

2/ Quel est le contexte ?

L’ONG rappelle l’objectif mondial d’éradiquer l’extrême pauvreté d’ici à 2030 et plus largement, les 17 Objectifs de développement durable adoptés voilà un an par les dirigeants internationaux.

Autre engagement, français celui-là, pris par François Hollande : augmenter l’APD française de quatre milliards de dollars ( soit environ 3,6 milliards d’euros ) d’ici à 2020. « On est en droit de se demander comment le président de la République va tenir ses promesses à ce rythme-là. »

« Le niveau d’APD de la France stagne à 0,37% du revenu national brut, encore bien loin de l’objectif international des 0,7% et en deçà des 0,46% en 2011, que la France enregistrait avant que François Hollande ne soit élu », pointe sans ambages le rapport de « One ». 

 

3/ Quelles sont les préconisations ?

« Au vu des défis actuels, il est primordial que la France augmente non seulement les ressources qu’elle consacre au développement à long terme, mais aussi qu’elle offre davantage
de financements pour répondre aux besoins humanitaires urgents dans les pays en développement, sous la forme de financements pluriannuels et avec une flexibilité budgétaire
permettant de faire face aux événements imprévus»,
 presse le rapport.

De fait, alors que de nombreux donateurs européens ont augmenté leur part d’aide au développement allouée à l’accueil des réfugiés dans leur propre pays, les coûts d’accueil des réfugiés en France ont diminué de 9 %, soit de 43 millions de dollars (prix constants 2014) entre 2014 et 2015.

L’année 2017 sera une année charnière pour la France avec les élections présidentielle et législatives. « Le contexte politique actuel à l’échelle internationale appelle une vision globale dont le but est de trouver des solutions durables et de répondre aux besoins humanitaires. La France devrait réaffirmer son soutien à une telle vision et user de tout son poids pour influer sur les questions internationales, notamment sur le développement»,conclut le rapport. 

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