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Voile musulman sur les plages : une « pantalonnade » selon la presse française

Publié par MaRichesse.Com sur 25 Août 2016, 08:45am

Catégories : #RELIGION, #FRANCE

Voile musulman sur les plages : une « pantalonnade » selon la presse française

Au matin du 25 août, jour où le conseil d’Etat doit se prononcer au sujet des arrêtés interdisant les tenues religieuses à la plage, la gauche se déchire sur la question. En persistant à parler de « burkini » là où les verbalisations les plus médiatisées ont concerné des femmes voilées, et non les femmes habillées de la fameuse tenue de bainManuel Valls a répondu sur RMC que les arrêtés municipaux ne sont « pas une dérive », alors que la ministre de l’éducation Najat Vallaud-Belkacem venait de déclarer, sur Europe 1, que la prolifération des arrêtés municipaux « n’est pas la bienvenue ».

A la différence du gouvernement, la presse, elle, est quasiment unanime pour dénoncer une « pantalonnade », un emportement, un faux débat. « Ne sommes-nous pas devenus fous ? », demande Le Parisien dans son édito du 25 août.

Lire aussi :   Arrêté « anti-burkini » : le Conseil d’Etat doit se prononcer sur le pouvoir des maires

« Arrêtez ! »

Libération ordonne : « Chasse au burkini : arrêtez ! ». Le directeur de la rédaction, Laurent Joffrin, a « le mal de mer » devant le glissement qui n’a pas manqué de s’opérer entre interdiction du burkini et interdiction du voile : « Ainsi dans un pays de liberté, des policiers venus en nombre ont chassé d’une plage une jeune femme qui n’avait commis d’autre crime que de marcher sur le sable avec un foulard et un pantalon. »

« Les forces de l’ordre seront-elles désormais mobilisées pour interdire les plages à des mères de famille en tenue traditionnelle qui ne demandent rien et ne menacent personne ? » demande-t-il, en écho au malaise perceptible des policiers dans les récentes vidéos de verbalisations, montrant leurs argumentations maladroites pour obliger des femmes voilées à retirer leur foulard ou à quitter la plage.

Lire :   Cazeneuve demande que les arrêtés anti-burkini ne conduisent pas à « des stigmatisations »

Des situations souvent ubuesques, également vécues par les estivantes qui auraient voulu se baigner habillées : dans Libération, une famille dit avoir choisi d’aller se baigner en Italie pour éviter les problèmes. « On espère que le Conseil d’Etat, qui examine ce jeudi les arrêtés « anti-burkini », dans sa sagesse juridique, mettra fin à cette pantalonnade discriminatoire qui choque les démocrates et embarrasse la police », conclut l’éditorial du quotidien.

« La raison a disparu »

Dans Le Figaro, la pantalonnade est dénoncée sous les traits du fictif gendarme de Saint-Tropez incarné par Louis De Funès, qui faisait en son temps la chasse aux nudistes, sifflet et képi de rigueur. « Où est passé l’adjudant Cruchot ? », se demande Guillaume Tabard. Et de rapprocher le débat sur les tenues religieuses à la plage de la polémique sur les menus de substitution dans les cantines, qui avait divisé la droite : « Les deux fois, ce sont des cas particuliers qui recèlent de manière confuse et parfois implicite toutes les questions sur l’islam, la laïcité, l’identité nationale, la sécurité, la république… Avec cette même propension à s’emporter verbalement sur les effets d’une situation plutôt qu’analyser lucidement les causes ».

Dans Les Echos, Cécile Cornudet déplore, elle aussi, une énième polémique insoluble. « On nage en pleine subjectivité, mais peut-il en être autrement ? La France a une nouvelle fois foncé tête baissée dans l’un de ces débats impossibles dont elle a le secret. » La gauche est écartelée, entre stricte laïcité et tolérance multiculturaliste. « Les positions se radicalisent. Le combat est émaillé de mots durs et d’anathèmes ; la raison a disparu. »

Mettre en avant les partisans de la mesure

Libération publie également un entretien avec le maire Les Républicains d’Antibes, Jean Leonetti, qui fait figure de résistant, sa commune étant l’une des seules de la Côte d’Azur où les tenues « respectueuses de la laïcité » ne sont pas exigées. Cet élu n’a pas jugé utile de prendre un arrêté, après avoir consulté les polices municipale et nationale sur ce sujet. « Rien ne me permet de déceler à ce jour un risque de trouble à l’ordre public ». Et de faire la différence entre une « femme voilée » qui accompagne quelqu’un sur la plage et un hypothétique « groupe de quinze femmes en burkini [qui] débarquerait demain sur mes plages dans un but provocateur ». Mais rien de tel à Antibes, où, il serait donc curieux selon lui d’interdire « sur le sable » ce qui est toléré « sur le bitume ».

Le meilleur moyen de replacer le débat dans ses justes proportions semble alors de donner la parole à ceux qui voient – de près – la fameuse tenue de bain. En l’occurrence, ils en voient peu, témoigne un maître-nageur de la Somme dans Le Parisien « Il y a plus de femmes qu’avant qui en portent mais cela reste marginal. »


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