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Une rentrée sous le signe de l'inquiétude pour les enseignants

Publié par MaRichesse.Com sur 31 Août 2016, 07:03am

Catégories : #ECOLE, #FRANCE

Une rentrée sous le signe de l'inquiétude pour les enseignants

Pour cette dernière rentrée du quinquennat, les changements sont très nombreux pour les enseignants qui oscillent entre colère et incompréhension.

Les enseignants retrouvent le chemin de l'école ce mercredi, un jour avant leurs élèves. Un retour en classe dans un contexte particulier dû, notamment, à la réforme du collège, mal accueillie par le corps enseignant. «On ne la comprend pas, on ne comprend pas pourquoi tout change d'un coup et surtout on a l'impression qu'avec celle-ci, on tire le niveau vers le bas», confie Thierry Charles, professeur de mathématiques dans un collège de Toulon.

Pour la première fois, une réforme va s'appliquer de la sixième à la troisième dans la même année et non progressivement comme il est d'usage. Cette réforme, défendue bec et ongles par la ministre de l'Éducation Najat Vallaud-Belkacem, va provoquer des changements en profondeur dans les programmes scolaires. Deuxième langue vivante dès la cinquième, suppression des classes européennes, restructuration du brevet des collèges, les nouveautés sont nombreuses et loin d'être claires. «On ne sait pas vraiment où l'on va, et ce n'est pas les rares formations qu'on a pu suivre l'année dernière qui vont nous aider. Le programme s'en retrouve plutôt allégé, mais est-ce vraiment bon pour les élèves?», reprend le professeur de mathématiques.

Face à cette réforme le Snes-FSU, Syndicat national des enseignants du second degré, a lancé un appel à la grève dès le 8 septembre et invite les enseignants à la «résistance pédagogique». Selon le secrétaire général du syndicat, Frédéric Rollet, l'état d'esprit des enseignants est marqué par «beaucoup de lassitude devant l'empilement des réformes» et «un sentiment de gâchis».

Mais cette grève, qui interviendra seulement une semaine après la rentrée scolaire, sera-t-elle suivie? «L'année dernière, les mouvements de grèves n'ont pas été très importants. On se rend compte que ça ne sert pas à grand-chose. Nous n'avons pas les moyens de pression qu'ont les routiers par exemple», explique Thierry. Le syndicat de la SNALC n'a d'ailleurs pas voulu rejoindre le mouvement. «Je pense que ce préavis-là, à cette date-là, ne servira à rien», a justifié François Portzer, président national de la SNALC.

D'une manière générale, le corps enseignant ne se reconnaît plus dans le gouvernement actuel en cette dernière rentrée du quinquennat. Les syndicats parlent «d'exaspération» tandis que certains professeurs osent des mots plus forts. «On se méfie parce qu'on se sent trahi. Depuis quatre ans, il n'y a aucune discussion», dénonce Stéphanie Tarpéa, professeur de SVT. Un avis partagé par Valérie Sipahimalani, secrétaire générale adjointe du Snes-FSU. «Il y a une grande désillusion vis-à-vis du gouvernement de gauche dont on attendait beaucoup. Mais depuis plusieurs années maintenant, on a l'impression de crier dans le vide». 

 

Une rentrée sous haute sécurité

Si la rentrée 2016 semble particulièrement tendue, c'est également à cause de la menace terroriste très présente depuis de nombreux mois. Une tension alimentée par l'annonce, la semaine dernière du ministère de l'Intérieur et celui de l'Éducation, d'une série de mesures visant à renforcer la sécurité devant les établissements scolaires. Un exercice «attentat-intrusion» sera notamment obligatoire chaque année dans tous les établissements. Mercredi après-midi dans un lycée de Meaux, en Seine-et-Marne, les sapeurs-pompiers vont former les professeurs à ce genre de situation. Mais, pour Véronique Poveda, professeur d'espagnol dans ce lycée public, c'est surtout «un effet d'annonce». «Sur Meaux, les trois lycées donnent directement sur la rue sans qu'aucun sas de protection ne soit mis en place. On ne se sent pas vraiment à l'abri», explique l'enseignante.

Du côté des syndicats, les mesures ont été bien accueillies. «On se félicite des mesures qui ont été annoncées et qui vont dans le bon sens», déclare François Portzer. Mais, avec ce risque élevé, les enseignants craignent aussi d'avoir du mal à enseigner comme avant. «On nous incite à mettre en place des projets, des sorties scolaires mais ensuite ils sont annulés faute de sécurité. C'est une situation très particulière», confie Véronique, qui aimerait simplement pourvoir continuer à exercer son métier normalement. 

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