Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Marichesse.com

Marichesse.com

Conseils, science, sante et bien-être


"Une démocratie qui serait répressive sans pitié, ça ne suffirait pas"

Publié par MaRichesse.Com sur 3 Août 2016, 03:16am

Catégories : #FRANCE

"Une démocratie qui serait répressive sans pitié, ça ne suffirait pas"

La France a connu des particularités liées à la situation d’état d’urgence, régime nécessaire pour lutter contre la menace terroriste. Les discours publics chargés de refléter ce qui se passe dans le pays insistent même sur un état de guerre. Y a-t-il une place pour l’Etat de droit dans ce système?

L'Etat de droit constitue un sujet fondamental pour le climat politique français, même dans les circonstances tragiques que sa population vit actuellement, souligne Philippe Bilger, magistrat honoraire et président de l'Institut de la parole, dans un entretien accordé à Sputnik.

 

"J'ai été surpris par la contradiction permanente entre le discours du président de la République qui affirme que nous sommes dans un état de guerre et qui ajoute en permanence: +mais dans le respect de l'Etat de droit+", indique le juge.

 
Une commission spéciale sur la base pluraliste est nécessaire pour réfléchir sur le noyau de l'Etat de droit en France afin d'assurer l'avenir stable du pays, même dans la situation tragique actuelle, estime l'interlocuteur de Sputnik. Et le problème du terrorisme représente une grave menace pour cet avenir.

 

"Même si les musulmans essaient de faire le ménage chez eux, c'est à l'Etat de supprimer les mosquées salafistes avec leurs discours de haine, avec les financements de l'étranger. Il y a un rôle capital du pouvoir: il ne pourra pas se défausser sur les musulmans pour le mettre en œuvre", explique le spécialiste.

L'expert estime que l'état d'urgence n'est pas capable de résoudre tous ces problèmes auxquels la France est malheureusement confrontée.

 

 
"L'état d'urgence, à un certain moment, n'a plus servi que d'arme contre la délinquance et la criminalité ordinaire. La France a accepté un état d'urgence mais qui permettait des manifestations, des désordres qui n'étaient pas compatibles avec l'état d'urgence. Donc, l'état d'urgence en tant que tel n'a pas eu l'effet décisif que l'Etat en attendait", déclare l'interlocuteur de Sputnik.

 

Lutter contre la menace terroriste en éliminant ses racines, voici la voie qui pourrait garantir la sécurité dans le pays, souligne l'expert.

"Pour moi, c'est ça la grande interrogation: comment ces jeunes-là (auteurs d'attentats, ndlr) peuvent-ils tout à coup accepter de mourir avec joie apparemment en tuant le maximum de gens? Ça c'est un vrai problème et une terrible interrogation", indique le spécialiste.

Finalement, c'est toujours une question de l'avenir de la démocratie. "Un Etat, une démocratie qui serait capable d'être totalement vertébrée, répressive sans pitié, ça ne suffirait pas", souligne l'interlocuteur de Sputnik. Des changements profonds sont désormais nécessaires. 

 Source

Commenter cet article

Archives