Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Marichesse.com

Marichesse.com

Conseils, science, sante et bien-être


Un sommet à trois pour relancer l’Union à 27

Publié par MaRichesse.Com sur 22 Août 2016, 06:46am

Catégories : #EUROPE, #POLITIQUE

Un sommet à trois pour relancer l’Union à 27

Les grandes lignes de l’Europe de demain se dessinent aujourd’hui sur une île minuscule située au large de la Campanie et du Latium, en Italie. Ventotene ne compte qu’un peu plus de 600 habitants, mais cette langue de terre de moins de trois kilomètres a vu naître l’idée d’une union européenne. Il y a 75 ans, Altiero Spinelli y a rédigé le «Manifeste pour une Europe libre et unie». Opposant du régime fasciste, il était alors incarcéré dans un centre d’isolement construit sur ce bout de terre par Benito Mussolini. Cette prison est devenue aujourd’hui le symbole de la construction européenne.

Le président du Conseil italien, Matteo Renzi, a tout naturellement choisi cette île pour accueillir en fin de journée la chancelière allemande Angela Merkel et le président français François Hollande. Après une première rencontre à Berlin le 27 juin, ce nouveau sommet à trois doit leur permettre de préparer le sommet à 27 de Bratislava, en Slovaquie, le 16 septembre prochain.

Contre le sentiment antieuropéen

Ces rencontres à trois ont été précipitées par la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, mi-juin. Matteo Renzi appelle l’Union européenne à considérer le Brexit comme «un gigantesque réveil». Les trois leaders veulent en profiter pour renouer avec les habitants d’un continent où le sentiment antieuropéen a progressé. «Il faut établir à nouveau un lien émotif entre l’Union européenne et ses citoyens», confie au «Temps» Sandro Gozi, sous-secrétaire d’Etat à la présidence du Conseil des ministres pour les affaires européennes.

Lire aussi: Angela Merkel accueille un minisommet de crise lundi à Berlin

La sécurité, la croissance économique et la jeunesse, considérées comme au cœur des préoccupations des Européens, sont donc les trois principaux thèmes choisis pour la rencontre. Sur le premier front, Rome propose un «Schengen de la défense». L’idée, présentée mi-août par les ministres italiens de la Défense et des Affaires étrangères, sera défendue par Matteo Renzi devant Angela Merkel et François Hollande. Alors que les attentats terroristes se sont multipliés sur le continent, Roberta Pinotti et Paolo Gentiloni ont proposé une «force multinationale européenne». «Un groupe d’Etat membres pourrait accélérer l’intégration dans le secteur de la défense en mettant en commun un certain nombre de capacités et de ressources», écrivent les deux ministres.

Frontières et immigration

D’autres questions, comme le corps européen des garde-frontières, les contrôles systématiques aux frontières extérieures, l’échange de renseignements dans le prolongement du fichier sur les passagers aériens, le PNR, ou encore la mise en place du dispositif ETIAS d’information et d’autorisation des entrées en Europe, seront également abordées.

Mais la question de la défense des frontières s’étend pour l’Italie jusqu’au large des côtes libyennes, où le pays est en première ligne dans la crise migratoire. Matteo Renzi a voulu incarner symboliquement cette problématique: après une cérémonie de dépôt de gerbe et un moment de recueillement sur la tombe d’Altiero Spinelli au cimetière de Ventotene, il emmènera Angela Merkel et François Hollande à bord du porte-aéronefs «Giuseppe Garibaldi». Le navire accueille l’état-major embarqué de l’opération européenne Sophia, qui lutte contre le trafic de migrants et vient en aide aux naufragés tentant de rejoindre l’Europe. L’Italie compte ainsi rappeler à ses partenaires allemand et français combien la Méditerranée et le thème de l’immigration sont centraux pour le présent et le futur de l’Union européenne.

Investir dans la jeunesse

Et Rome insiste pour investir toujours plus dans cet avenir du continent qu’est la jeunesse. «Il faut leur offrir des opportunités, répond Gozi. Avec l’Europe de l’Erasmus par exemple, dont il faut augmenter les fonds.» Il souhaite aussi la naissance d’un «service civil européen», sur lequel l’Italie travaille déjà avec la France. «Cela peut être une réponse importante de citoyenneté européenne active offrant des opportunités, complète le sous-secrétaire, mais qui rend aussi concrète l’idée de solidarité européenne entre citoyens.»

Il est impossible de redonner de la crédibilité à l’Union si nous ne changeons pas de politique économique

Mais la problématique jeune ne peut pas être séparée de la question économique. «Pour lutter contre le chômage des jeunes, il faut renforcer beaucoup plus les outils déjà à disposition, explique le conseiller européen de Matteo Renzi. Il est impossible de redonner de la crédibilité à l’Union si nous ne changeons pas de politique économique, si nous ne travaillons pas beaucoup plus pour une politique économique expansive et pour renforcer les investissements.» Autrement dit, Rome pousse pour que l’Europe sorte d’une approche technocratique. Elle considère que celle-ci a caractérisé des années d’austérité dont le pays sort à peine.

Le chef du gouvernement italien voit en Ventotene non seulement le symbole de la renaissance européenne, mais sa véritable incarnation. En début d’année, en visite sur l’île, Matteo Renzi a promis que la prison réservée aux antifascistes serait transformée en école pour former «l’élite de la classe dirigeante 

Source

Commenter cet article

Archives