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Un homme de 77 ans pour réformer l'islam de France et calmer les sauvageons fanatiques

Publié par MaRichesse.Com sur 3 Août 2016, 09:04am

Catégories : #POLITIQUE, #RELIGION, #FRANCE

Un homme de 77 ans pour réformer l'islam de France et calmer les sauvageons fanatiques

L’islam, comment le réformer, comment l’acculturer, comment l’intégrer dans un paysage où la diversité religieuse est la règle: c’est la question que se posent aujourd’hui toutes les démocraties européennes, selon un timing qui dépend, hélas, beaucoup aussi du rythme des attentats islamistes sur leurs sols.

Aussi n’est-on pas étonné de voir se multiplier ces jours, après les nécessaires moments de recueillement et de deuil, tribunes libres, appel solennel, interview programmatique et hier soir petite phrase présidentielle pour inciter la société civile française à réfléchir à l’affaire.

Quand Manuel Valls sort du bois

La tribune programmatique, c’est le premier ministre Manuel Valls qui s’y est collé, dans le dernier Journal du Dimanche, développant dans un texte très charpenté, sa vision d’un islam de France inclusif et responsable.

Il y trace notamment ses préconisations pour la formation des imams et le financement des mosquées. Ce qui donne dans le texte ceci pour les imams: «Il faut, d’abord, repenser complètement la formation des imams et des aumôniers. La France doit devenir un pôle d’excellence ­européen dans l’enseignement de la théologie musulmane. L’islam a ses humanités. Il a brillé à travers les siècles. Il a fait progresser l’Homme. L’État n’a pas à s’occuper de théologie, mais il peut aider à la création d’institutions de formation solides en s’appuyant sur les diplômes universitaires ouverts notamment à Paris, Strasbourg ou Aix. Les imams et les aumôniers de France devront être désormais uniquement formés en France.»

Et ceci pour le financement des lieux de culte: «J’ai récemment évoqué la question des financements. Elle est centrale. Et mérite un débat approfondi et renouvelé. Nous ne parvenons pas à sortir d’une forme de contradiction: la laïcité nous enjoint de ne pas subventionner la construction de mosquées, mais nous laissons ainsi à d’autres le soin de financer les lieux de culte. Nous laissons aussi les maires sans un cadre clair. Il y a plus de dix ans, une fondation a été créée pour réunir en toute transparence les fonds nécessaires. Son échec est total. Il ne doit pas nous décourager. Il faut reconstruire une capacité de financement française.»

Un premier ministre qui remettait la compresse mardi dans Libération, en se faisant plus précis encore: «Nous devons avancer résolument. J’ai conscience des difficultés, mais nous devons sortir de la contradiction permanente qui conteste les financements étrangers pour construire des mosquées et interdit tout financement public. Il faut admettre que l’Etat et la puissance publique ont un rôle essentiel à jouer. Trouver un biais, législatif ou réglementaire, pour interdire pendant un délai défini, une dizaine d’années peut-être, le financement des mosquées par des pays étrangers. Et faire que nos imams soient formés en France. Toucher à la loi de 1905 ouvrirait un débat très périlleux mais nous devons passer en revue toutes les solutions, sans nous interdire une forme de financement public, et assurer à travers la Fondation [pour l’islam de France] une transparence totale des dons et financements privés.»

Quand François Hollande fait immédiatement marche arrière

Tut, tut, tut semble lui répondre aujourd’hui, dans un aparté assassin dont il a le secret, proféré devant un petit comité de journalistes français triés sur le volet, son président de patron, François Hollande, qui le tacle carrément: «On s’interdit tout financement public, tant pour la construction des mosquées que pour la formation des imams.» Un désaveu? Le journal Le Monde commente: «En petit comité, le chef de l’Etat a […] précisé – voire corrigé – les propos de Manuel Valls dans le Journal du dimanche.

Quand Chevènement surgit en embuscade

Il a même été plus loin le président – c’est le Monde que l’on cite – «Il a confirmé la volonté du gouvernement de suspendre pour un temps défini les financements venus de l’étranger. Selon lui, le futur mécanisme basé sur des fonds privés français doit passer par la fondation pour les œuvres de l’Islam de France. Pour la diriger, François Hollande plébiscite la candidature de Jean-Pierre Chevènement, l’ancien ministre de l’intérieur.»

Jean-Pierre Chevènement pour mener la manœuvre? Les lecteurs du Figaro s’étranglent littéralement d’indignation: «Il n’a pas trouvé plus jeune? Mais qui, à part les écolos a encore envie d’être nommé par Hollande?», s’exclame l’un d’eux, tandis qu’un autre met le doigt aussi sur le problème générationnel: «Même avec respect pour Chevènement ne pas pouvoir proposer un nom d’une personne de moins de 60 ans démontre le blocage de la société actuelle. Des discours mais aucune mise en pratique.»

A ceux qui jetteraient la pierre à ces lecteurs en les accusant de racisme anti-âge (Monsieur Chevènement a 77 ans bien frappés), on se permettra de citer la tribune qu’une quarantaine d’intellectuels et de représentants du culte musulmans ont signée ce week-end également dans le Journal du dimanche et qui déclarait noir sur blanc: «Il faut changer de générations».

«Changer de générations avec un projet d’organisation clair: donner des sources de financement pérennes et transparentes aux mosquées, former et salarier des imams, faire le travail historique, anthropologique et théologique qui permet et permettra encore plus demain d’être français et musulman dans une République laïque. Et mener enfin la bataille culturelle contre l’islamisme radical, auprès des jeunes et des moins jeunes, avec les moyens de production les plus modernes et les techniques de diffusion des idées et des informations les plus efficaces.»

Le nécessaire débat sur la définition de la laïcité

Bref, comme le titre Challenges, «La question du financement du culte musulman continue à agiter la classe politique.»

Un débat que l’on suivra, évidemment, avec un intérêt très vif: car la Suisse n’est pas beaucoup plus avancée que la France dans ce débat, contrairement à l’Autriche, par exemple. Mais cela, c’est un autre débat. 

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