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Rocambolesque histoire de la mafia montréalaise

Publié par MaRichesse.Com sur 27 Août 2016, 17:38pm

Catégories : #CANADA

Rocambolesque histoire de la mafia montréalaise

Le caïd Ducarme Joseph a connu une mort rapide il y a deux ans, criblé de balles en pleine rue. Mais le parrain de la mafia avait d’autres plans pour lui, incluant la torture, pour avoir supposément participé au meurtre de son fils.

Vito Rizzuto voulait le chef de gang de rue «vivant pour le faire souffrir», révèlent des documents judiciaires liés aux opérations policières Magot et Mastiff qui ont permis l’arrestation de plusieurs leaders du crime organisé, en novembre dernier.

Vito Rizzuto, ex-parrain
PHOTO COURTOISIE
Vito Rizzuto, ex-parrain

Hier, le juge Thierry Nadon a autorisé la publication de certaines informations contenues dans ces documents, à la demande du Journalet d’autres médias.

 

« Dix équipes » à ses trousses

Ces renseignements, tirés de sources du milieu criminel par l’Escouade régionale mixte (ERM) de lutte contre le crime organisé de Montréal, tendent à appuyer la thèse envisagée par la police voulant que Ducarme Joseph ait trempé dans le meurtre de Nick Rizzuto Jr.

Pour se venger, la mafia et ses partenaires du crime organisé auraient même mis pas moins de «dix équipes» d’hommes de main aux trousses du caïd qu’on surnommait «Kenny», selon des affidavits signés par des enquêteurs de l’ERM.

Nick Rizzuto Jr., fils aîné du parrain, avait été abattu à côté de sa Mercedes, tout près des bureaux de l’entrepreneur en construction Tony Magi, sur le chemin Upper Lachine, le 28 décembre 2009, dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce.

Au moment de ce meurtre toujours non élucidé, son père Vito était incarcéré aux États-Unis pour son rôle dans trois meurtres. Moins d’un an plus tard, son grand-père Nicolo est mort dans la cuisine de sa résidence de la rue Antoine-Berthelet quand un tireur embusqué dans un boisé l’a atteint d’une balle qui a traversé une fenêtre.

« Contrat de la mafia »

Libéré de prison et revenu au pays en octobre 2012 pour reprendre les rênes de la mafia, Vito Rizzuto est toutefois décédé alors que Joseph semblait toujours introuvable.

Le 23 décembre 2013, le parrain de 67 ans a succombé à une pneumonie, lui qui combattait également un cancer.

Ducarme Joseph, qui a déjà fait la loi au centre-ville de Montréal après avoir fondé le gang de rue 67, a rendu son dernier souffle sept mois plus tard.

Le soir du 1er août 2014, le caïd de 46 ans s’est fait mitrailler en pleine rue dans le quartier Saint-Michel, non loin de la résidence de sa mère. Le tueur a abandonné sur place son arme semi-automatique et n’a jamais été retrouvé.

Les informations des sources de l’ERM viennent aussi appuyer la thèse que l’assassinat de Joseph serait «un contrat» du crime organisé italien.

Le SPVM l’avait avisé à plus d’une reprise que sa tête était mise à prix.

En disgrâce

Ducarme Joseph avait, semble-t-il, perdu tout respect dans le monde interlope, parce qu’il ne payait pas ses dettes et qu’il «volait les jeunes» impliqués dans le milieu criminel, selon les documents de l’ERM.

Le 18 mars 2010, Ducarme Joseph avait échappé à une fusillade qui a fait deux morts – dont son garde du corps – à l’intérieur de sa boutique de vêtements, le Flawnego, dans le Vieux-Montréal.

♦ Revenu Québec lui avait aussi réclamé 300 000 $, en 2010, après que le caïd eut empoché des revenus de 730 000 $ en 10 ans sans déclarer un sou au fisc.

«MOM» BOUCHER REÇOIT ENCORE SA PAYE

Ducarme Joseph a été abattu dans le quartier Saint-Michel, le soir du 1er août 2014, dans ce qui a toutes les apparences d’une vendetta de la mafia.
PHOTO COURTOISIE

Derrière les barreaux, l’ex-chef des Hells Angels, Maurice «Mom» Boucher, continue d’empocher ses redevances sur des activités criminelles, comme la vente de drogue.

C’est ce qu’ont découvert les policiers de l’Escouade régionale mixte (ERM) durant le projet d’enquête Mastiff, qui a notamment mené à l’arrestation de l’ancien motard de 62 ans, en novembre.

Le 19 février 2015, un individu qui se disait «l’enquêteur privé» de Boucher a été arrêté, en possession de plus de 60 000 $. Il a affirmé aux policiers que chaque mois, l’argent lui était livré par des trafiquants et était destiné à la famille de l’ancien numéro 1 des Hells, selon des documents judiciaires dont la publication a été autorisée par le tribunal, hier.

Celui qui fut le motard le plus craint au pays aurait ainsi droit à des «taxes» sur le trafic de stupéfiants dans le secteur d’Anjou.

Boucher ne fait officiellement plus partie des Hells Angels depuis le printemps 2014. Il purge une peine d’incarcération à perpétuité pour avoir commandé le meurtre de deux gardiens de prison en 1997.

Il est aussi en attente de procès pour avoir orchestré un complot visant à faire tuer le caïd mafieux Raynald Desjardins.

 

Ce que disent les documents

 

ÉTONNANT VISITEUR POUR LE CAÏD DESJARDINS

Ducarme Joseph a été abattu dans le quartier Saint-Michel, le soir du 1er août 2014, dans ce qui a toutes les apparences d’une vendetta de la mafia.
PHOTO CHANTAL POIRIER

Incarcéré depuis décembre 2011 pour avoir comploté le meurtre d’un adversaire, le caïd mafieux Raynald Desjardins pourrait néanmoins continuer à tirer des ficelles dans le crime organisé. L’ancien lieutenant du parrain Vito Rizzuto a reçu, à trois reprises, la visite de l’avocat et médiateur présumé du clan Rizzuto,

Me Loris Cavaliere, à la prison de Bordeaux, en 2013. Des rencontres plutôt étonnantes puisque Loris Cavaliere «n’est pas son avocat», prennent soin de noter les policiers de l’ERM dans les documents judiciaires dont Le Journal a obtenu copie. Ces visites sont également surprenantes dans la mesure où les forces de l’ordre croient que Desjardins a tourné le dos au clan Rizzuto depuis une dizaine d’années, ayant même tenté de former une alliance avec d’autres chefs pour prendre le contrôle de la mafia montréalaise durant l’incarcération de Vito Rizzuto aux États-Unis. Cela démontre à tout le moins «l’importance de Loris Cavaliere dans l’organisation», selon l’ERM. Cavaliere fait face à des accusations de complot et de gangstérisme depuis son arrestation par l’ERM, en même temps qu’un autre avocat, Leonardo Rizzuto — fils de Vito Rizzuto — et Stefano Sollecito, les deux principaux dirigeants présumés de la mafia au moment de cette rafle menée en 2015.

SUR UNE LISTE NOIRE

Ducarme Joseph a été abattu dans le quartier Saint-Michel, le soir du 1er août 2014, dans ce qui a toutes les apparences d’une vendetta de la mafia.
PHOTO AGENCE QMI, MAXIME DELAND

Le nom du mafioso Marco Pizzi, qui a échappé à une tentative de meurtre au début du mois, apparaît sur une liste noire que les policiers ont saisie chez un proche des Hells Angels, il y a un an. Les policiers croient que la dizaine de personnes mentionnées sur cette liste pourraient être visées par un contrat de meurtre. Le 1er août dernier, en fin de matinée, deux hommes encagoulés ont intentionnellement percuté l’arrière de la Mercedes de Pizzi, à Montréal-Est. Le mafioso de 46 ans a pris la fuite à pied, pourchassé par les hommes armés qui n’ont toutefois pas tiré de coup de feu. Il a semé ses poursuivants dans un parc où s’amusaient des enfants. Pizzi avait été appréhendé parmi 15 présumés trafiquants lors d’une opération antidrogue de la GRC, en mai dernier, avant d’être libéré sous caution. Il est soupçonné d’avoir financé des importa­tions de cocaïne avec son défunt partenaire, Tonino Callocchia. Ce dernier a été tué d’une balle dans la tête à l’intérieur d’un restaurant de l’est de Montréal, le 2 décembre 2014, alors que Pizzi, qui l’accompa­gnait, était parti aux toilettes, selon des sources policières.

BARRIÈRE RACIALE BRISÉE

Ducarme Joseph a été abattu dans le quartier Saint-Michel, le soir du 1er août 2014, dans ce qui a toutes les apparences d’une vendetta de la mafia.
PHOTO BENOÎT CHEVALIER

Le fondateur du gang de rue Syndicate, Gregory Woolley, a brisé la barrière raciale chez les Hells Angels en devenant le premier Noir à obtenir un statut officiel au sein du gang quand «Mom» Boucher l’a promu membre de son club-école les Rockers, en pleine guerre des motards. De son côté, Martin Girard était devenu le seul homme de race blanche parmi les membres de ce puissant gang de rue. Le 25 septembre 2015, il a été arrêté en possession de 104 750 $ après avoir conclu une transaction de trois kilos de cocaïne avec un trafiquant lié aux Hells.

PÉNURIE DE COCAÏNE

Ducarme Joseph a été abattu dans le quartier Saint-Michel, le soir du 1er août 2014, dans ce qui a toutes les apparences d’une vendetta de la mafia.
PHOTO COURTOISIE

Les rafles policières ont un effet sur le lucratif marché montréalais de la cocaïne, d’après la preuve amassée par l’ERM durant le projet Mastiff. À preuve, le prix du kilo de cocaïne négocié par les trafiquants de haut niveau du crime organisé a grimpé de presque 50 % en l’espace de quelques mois, en 2014, passant de 48 000 $, au printemps, à 70 000 $, à l’automne. L’année avait mal débuté pour les trafiquants lorsque l’Agence des services frontaliers du Canada avait saisi une impressionnante quantité de 244 kilos au port de Montréal, dans un conteneur en provenance du Paraguay, à la fin janvier. Puis, en mai, le SPVM et la GRC ont démantelé un réseau d’importateurs québécois qui écoulait au moins 20 kilos de «coke» par semaine dans les rues de Montréal. Cette inflation sur le prix de la poudre blanche n’aurait toutefois été que de courte durée. 

 Source

 

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