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Qui est Emmanuel Besnier, le milliardaire secret derrière Lactalis ?

Publié par MaRichesse.Com sur 22 Août 2016, 12:17pm

Catégories : #ENTREPRISE, #ECONOMIE, #PEOPLE, #RICHESSE

Qui est Emmanuel Besnier, le milliardaire secret derrière Lactalis ?

Confronté à une fronde des éleveurs, le PDG du numéro un mondial des produits laitiers fuit les medias et la scène publique. Treizième fortune de France, il reste un inconnu même pour ses propres employés.

Avant même le début de leur mobilisation contre Lactalis, qui doit démarrer lundi, les éleveurs ont déjà atteint l'un de leurs objectifs : braquer les feux médiatiques sur le géant laitier et son très discret patron Emmanuel Besnier. Ce qui est déjà en soi une performance tant l'homme, à l'image de l'entreprise qu'il dirige depuis seize ans, fuit la lumière à tout prix.

Comme Lactalis, numéro un mondial des produits laitiers mais dont le nom n'apparaît sur quasiment aucun produit de ses marques à succès (Président, Bridel, Roquefort, Lactel...), Emmanuel Besnier, quarante-six ans, est aussi peu connu du grand public que puissant. Un milliardaire invisible, 13e fortune de France selon « Challenges » (avec 6,8 milliards d'euros), qui n'accorde pas d'interviews et dont les photos disponibles dans les agences de presse se comptent sur les doigts d'une seule main.

Patron à trente ans

Cette discrétion est poussée jusqu'à l'intérieur de sa société, où la plupart des employés du siège de Laval, dans la Mayenne, ne l'ont jamais vu. Les plus anciens se rappellent peut-être sa nomination, à vingt-quatre ans, diplôme de l'Institut supérieur de gestion de Paris en poche, comme directeur du développement du groupe fondé en 1933 par son grand-père André et qui portait alors encore son nom.

Il a de fortes convictions mais reste plus posé, plus à l'écoute que son père.

Six ans plus tard, le décès brutal d'une crise cardiaque de son père Michel, surnommé « l'émir blanc » pour avoir fait de la petite entreprise familiale un champion national des fromages, le pousse dans le fauteuil du président pour perpétuer la dynastie. Mais avec sa propre patte et en construisant sa propre garde rapprochée, qui ne compte pas les fidèles du paternel. « Son père était une figure autoritaire, pleine de tempérament », explique Claire Moyrand, auteur du livre « Lactalis, une histoire du lait ». « Emmanuel Besnier a de fortes convictions mais reste plus posé, plus à l'écoute que son père. »

Peu de chances, donc, face à la mobilisation des agriculteurs ce lundi, de le voir envoyer un commando d'une centaine d'hommes armés, comme son père l'avait fait lors d'une grève sur un site de production en 1982. Ce qui ne l'empêche pas de montrer ses muscles à l'occasion, comme lors de ce bras de fer de plusieurs mois avec le tout-puissant Michel-Edouard Leclerc sur le prix de ses produits il y a quelques années.

Un clan familial

En quelques années, cet adepte du TGV Paris-Laval, ( il vit avec femme et enfants dans la capitale), va faire le tour du monde : Pologne, Inde, Egypte, Italie, Singapour... Il multiplie les acquisitions pour faire de Lactalis le numéro un mondial des produits laitiers, devant Nestlé. Mais en prenant bien soin de toujours rester dans l'ombre.

Les comptes de l'entreprise n'ont été publiés qu'une seule fois, par obligation légale au moment du rachat de Parmalat, en 2011. Un holding en Belgique regroupe les différentes filiales. Au sommet, il échange avec les deux autres propriétaires du groupe, son frère aîné et sa soeur (tout aussi invisibles que lui), fonctionne en circuit court avec son directeur général et son directeur financier, et laisse au directeur de la communication, Michel Nalet, le rôle de visage public de Lactalis.

Pas un homme de réseaux

Même dans le fief familial de Laval, où Lactalis est le plus gros employeur local, la dynastie n'a pas l'influence publique des Michelin à Clermont-Ferrand ou des Peugeot à Sochaux. L'entreprise est bien un sponsor historique du club de football local, qui évolue en Ligue 2, mais si Emmanuel Besnier assiste régulièrement aux matchs, c'est toujours dans sa loge privée aux vitres teintées.

Je veux pouvoir prendre le train comme Monsieur Tout-le-monde.

Côté politique, Emmanuel Besnier n'est pas réputé entretenir un réseau particulièrement fourni, malgré son poids dans le monde agricole français. « Il ne perd pas de temps à courir les cocktails. Il travaille », dit de lui Jean Arthuis, ex-président du conseil général de Mayenne et député européen, l'une de ses rares amitiés politiques connues.

« J'ai toujours préféré mettre en avant l'entreprise plutôt que ma personne, même si j'ai bien conscience d'incarner le groupe », a-t-il un jour confié à un journaliste venu l'interroger à l'improviste dans une rame de TGV - avant d'être éconduit poliment mais fermement. « Je veux pouvoir prendre le train comme Monsieur Tout-le-monde. » Pointé du doigt par les syndicats agricoles, qui l'accusent de ne pas suffisamment soutenir une filière en crise depuis deux ans, le patron de Lactalis risque bien de devoir sortir de sa réserve.


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