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Que se passe-t-il si un candidat à la Maison Blanche meurt ou se retire?

Publié par MaRichesse.Com sur 11 Août 2016, 15:51pm

Catégories : #POLITIQUE, #ETATS-UNIS

Que se passe-t-il si un candidat à la Maison Blanche meurt ou se retire?

Un scénario catastrophe très compliqué et qui, selon le moment, fait intervenir la Constitution ou les règles de chaque parti.

«Hillary veut abolir le deuxième amendement. Par ailleurs, si elle a la possibilité de choisir ses juges [à la Cour suprême] –vous ne pourrez rien y faire, les gars. Enfin, les gens qui soutiennent le deuxième amendement, peut-être, je ne sais pas.» En livrant un discours plein de sous-entendus sur une mobilisation des porteurs d'armes contre Hillary Clinton, Donald Trump a hissé la campagne présidentielle américaine à un niveau de violence (pour l'instant verbale) inédite. D'autant que l'histoire américaine a déjà été marquée par des actes de violence envers des candidats, comme l'assassinat de Robert Kennedy en 1968, les tentatives d'assassinat des candidats indépendants Theodore Roosevelt en 1912 ou George Wallace en 1972, ainsi que l'intrusion avortée d'une femme dans le bureau de Ted Kennedy, alors candidat à l'investiture démocrate, fin 1979.

Les dernières semaines ont été si désastreuses pour Trump que les médias américains se sont par ailleurs demandés ce qui se produirait s'il se retirait de la course à la Maison Blanche avant le 8 novembre. Ces deux situations –retrait ou assassinat– posent la même question: que se passerait-il en cas de décès subit ou de retrait d'un candidat? Par analogie avec ce qui se passe pour le président, on pourrait croire que, dans un tel cas, le candidat à la vice-présidence (Tim Kaine pour Hillary Clinton, Mike Pence pour Donald Trump) prendrait la place du candidat investi par le parti. Mais la Constitution ne prévoit pas de règles à suivre si un candidat décède avant le jour du scrutin: ce sont les partis qui suivent leur propre protocole.

Ainsi, si Donald Trump décède ou se retire avant le jour J, le Comité national du parti républicain peut, selon sa charte, soit réunir une nouvelle Convention nationale afin de désigner un nouveau candidat, soit faire voter les représentants du Comité au sein de chaque État, avec un nombre de voix égal à celui de ses délégués à la convention. Chez les Démocrates, c’est également le Comité nationalqui a le pouvoir de décider de la marche à suivre, comme défini dans sa charte et son règlement. Cependant, le protocole n’est pas clairement exposé.

 

Peu de précédents

 

Les élections américaines étant indirectes (les électeurs votent pour de grands électeurs en novembre, qui désignent le président en décembre, suivant des règles propres à chaque État), tout se complique encore si le candidat décède dans la période «intermédiaire». Le parti présenterait aux grands électeurs un nouveau candidat, mais rien ne les obligerait à voter pour lui au final: si Donald Trump décédait après le 8 novembre, le Parti républicain pourrait demander à ses grands électeurs de voter pour Jeb Bush, par exemple, mais ceux-ci pourraient décider de voter pour Marco Rubio ou Ted Cruz.

Il n’existe qu’un seul précédent dans l’histoire des États-Unis, le décès de Horace Greeley fin novembre 1872. Mais ce dernier avait perdu l'élection face au président sortant Ulysses Grant, et ses électeurs s'étaient reportés, pour l'honneur, sur d'autres candidats.

Si le candidat mort est néanmoins désigné par les grands électeurs, le Congrès doit se réunir pour décider si oui ou non il valide ces votes. Si oui, le candidat mort devient officiellement le président élu et le XXe amendement, qui prévoit son remplacement par le vice-président, intervient immédiatement. Sinon, la Chambre des représentants élit le président parmi les trois candidats comptabilisant le plus de votes, à raison d'une voix par délégation de chaque état (soit 50 voix au total). Si la vacance concerne la vice-présidence, c'est le Sénat qui se prononce.

En revanche, si le candidat élu décède entre la validation officielle du vote des grands électeurs par le Congrès, début janvier, et son investiture le 20 du même mois, le vice-président prend officiellement sa place en vertu du XXeamendement. Après avoir prêté serment, il désigne à son tour un vice-président.

Camille Malnory

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